Une bonne occasion d’aller chez Gibert

Non, la vente d’occasion n’existe pas seulement depuis la crise. Dès la création de l’enseigne Gibert Joseph en 1886, la boutique a proposé des rachats et reventes à bas prix, mais le marché de l’occasion a évolué ces dernières années comme l’explique Olivier Lévy, directeur de Gibert Dijon depuis 2001.

« Je ne suis pas bouquiniste », précise Olivier Lévy, « mis à part les deux bacs devant les vitrines où se trouvent ce qu’on appelle les petites occasions, c’est à dire des pièces présentes depuis trop longtemps dans le magasin et qu’on vend donc entre 50 centimes et 5 euros, l’état de nos livres d’occasion est très bon, parfois neuf, et à des prix 30 ou 50 % inférieurs au prix de départ. Nous avons une charte de qualité commune à tous les Gibert de France, une charte assez exigeante et qui exclut donc les livres jaunis, cornés ou griffonnés, à tel point qu’on ne fait parfois pas la différence entre un livre neuf et le même d’occasion ».

Aujourd’hui, sur environ 80 000 pièces de stock dans le magasin, l’occasion représente la moitié et l’arrivée d’internet a très nettement amélioré le rendement de ce marché. Une plateforme logistique entre les magasins Gibert de France existait déjà mais depuis une dizaine d’années, les boutiques peuvent mutualiser leurs pièces d’occasion : « Les possibilités des uns complètent les besoins des autres, il n’y a qu’un prix de vente dans tout le pays et le rachat est donc continuel. Les clients peuvent également évaluer le prix de leurs livres puis faire envoyer gratuitement un colis. La conséquence est aussi que tout va plus vite : si une personne attend plus de deux jours pour envoyer son colis ou apporter en magasin ses pièces, on peut ne plus en avoir besoin… Il y a 35 000 pièces d’occasion en stock sur la plateforme et donc un flux permanent ».

Olivier Lévy note également une évolution des mentalités car les clients offre de l’occasion, ce qui n’était pas le cas il y a 15 ans. Ils pensent d’avantage à l’économie, au recyclage, veulent moins posséder et moins s’encombrer. Attentive aux modes de consommation, l’enseigne présente rue des Forges depuis 1962 est une librairie qui se porte très bien et reste la seule à proposer des rachats d’occasions à Dijon.