Aperitivo avant la Foire…

Après le Vietnam en 2017, la Foire Internationale et Gastronomique de Dijon met doncl’Italie au cœur de ses manifestations, du 1ernovembre au 11 novembre. Il n’en faut pas plus pour que notre petit Suzon se prenne pour le Tibre, le fleuve illustre de Rome, et nous fasse chausser… la botte italienne pour aller baguenauder dans les vignobles Ca'del Bosco ou Barone di Villagrande et les cuisines réputées de la péninsule. L’émotion olfactive que nous procurent les restaurants italiens ou les pizzerias de Dijon ont fait de nous les familiers de cet ailleurs méditerranéen, sans occulter bien évidemment la richesse culturelle et architecturale de ce pays aux accents d’éternité.

Mais avant de courir à la Foire, attardons-nous, le temps d’un prélude, dans Dijon dont une part importante du patrimoine a franchi depuis longtemps le Rubicon pour emprunter à la munificence Italienne. Première approche en franchissant les portes du Musée archéologique qui consacre plusieurs salles à la période gallo-romaine que connut Divio, juste un siècle avant que Jules César ne fasse toucher terre Vercingétorix. Et ce, durant près de quatre siècles. A l’époque, les sources de la Seine abritaient dans leurs eaux des ex-voto, lointaines réminiscences des cultes de la Rome Antique. Enjambons un bon millénaire, et nous voilà plongés dans la contemplation des Primitifs italiens que recèle le Musée des Beaux-Arts – l’une des collections les plus importantes de France (des élèves du Giotto au Gothique International).

A deux tirs d’aile de chouette, le Musée Magnin offrira aux visiteurs de magnifiques tableaux de l’Ecole vénitienne, mais pas que... Au total, 170 peintures qui appartiennent pour l'essentiel à une période allant de la Haute Renaissance au 18ème. Quant au Musée d’artsacré de Dijon, cette ancienne église du Monastère des Bernardines, édifice de la fin du XVIIe siècle, étonne, enchante par son architecture typiquement italienne : la coupole semble se dresse sous le soleil de l’automne bourguignon avec tout l’éclat d’un madrigal de Gesualdo ou d’un oratorio de Monteverdi !

Quant aux quelque cent hôtels particuliers que compte la Capitale des Ducs, amusez-vous à repérer des indices d’inspiration italienne sur les façades de ces belles demeures qui ont beaucoup emprunté aux architectes de la péninsule, tels Le Bernin ou Francesco Borromini. Prenez pour modèle l’Hôtel de Voguë, et vous serez sûr de ne pas vous tromper dans ce décryptage ambulatoire d’une Bourgogne des 16ème, 17èmeet 18ème.

Acte final de cette commedia dell’arte au centre-ville, glissez-vous à l’intérieur du Grand Théâtre de Dijon. Goldoni vous y attend, tant le décor, le plafond, les balcons évoquent l’Italie dans toute sa volupté et son alacrité.

« Bella Ciao » comme le chantait Yves Montand, le plus italien des Français …

Marie-France Poirier