C’était avant-hier : 14 quai Nicolas Rollin, un certain Gustave Bonickhausen

 

Comme l’adresse du lieu l’indique, nous sommes près de l’Ouche qui se déverse dans le canal de Bourgogne. Le quai aboutit d’ailleurs à l’Ecluse de Larrey. Et, c’est le 15 décembre 1832 que naît dans cette maison à un étage Gustave Bonickhausen qui, plus tard, prendra le patronyme d’Eiffel ! Sa mère exploite un commerce de charbon, qui lui est livré par péniche partie d’Epinac.
Il est des endroits prédestinés, puisqu’en 1927, dans le même logement, naîtra Gaston Chevalier, photographe de renom. C’est d’ailleurs, grâce à l’une des prises de vue de ce dernier que l’on prendra pour la première fois connaissance de la maison natale du constructeur de la Tour Eiffel, à l’occasion de la crue de l’Ouche du 1er octobre 1960 : la rivière a dépassé son niveau de 80 centimètres, recouvrant bien entendu berge et trottoir ! Inutile de dire que les riverains s’activaient pour sauver meubles et marchandises.
Comment Eiffel a-t-il été conduit à changer de nom ? En fait, il a pris le surnom de l’un de ses ancêtres venu du village Eiffel en Allemagne, et tapissier de son état, car il jugeait son propre nom difficile à prononcer. D’autant qu’il s’en trouvait bien moins exposé aux réflexions désobligeante des Français après le conflit de 1870… Ce changement d’état civil sera acté par le tribunal de Dijon le 15 décembre 1880.
Le quai Nicolas Rollin est situé à proximité du centre-ville et il s’exerce une forte pression sur les terrains constructibles alentour dès les années 1970. Ainsi est détruite la maison natale d’Eiffel, sans état d’âme aucun. Il faudra attendre plusieurs décennies pour que l’association des amis d’Eiffel puisse apposer une plaque commémorative sur l’immeuble érigé à la place.
On se souviendra d’ailleurs du pont Eiffel qui permettait aux péniches de passer en coupant la circulation de la départementale 108G. Démonté, il est relégué dans le grenier des vieilles mémoires… Aux lecteurs de Dijon l’Hebdo de nous dire, où a pu passer toute la machinerie qui présidait au maniement dudit pont.

Roger Loustaud