C’était avant-hier – 2 bis Rue Mariotte : la voix des radios libres…

 

Au cours des années 1970, il devient possible d’écouter dans les bus les stations de radio FM. A la même époque, l’exploitation du réseau de transports publics cherche à développer le nombre de voyageurs et à les mettre en situation de laisser leurs véhicules au garage… Parallèlement, les automobilistes qui persistent à utiliser encore leur véhicule – ils sont nombreux à l’époque – équipent leurs tableaux de bord d’un poste de radio : ils sont, eux aussi, gagnés par cet engouement pour les stations radio qui émettent du monde entier. C’est là toute la magie de la période qui suit Mai 1968, avec l’explosion des radios libres qui s’en est suivie !

La voix de Radio-France est alors l’apanage des passagers de bus. Prenant exemple sur la fameuse radio-pirate qui émettait depuis un bateau mouillant en Mer du nord, des jeunes gens,  - d’abord rue Proudhon - s’installent au 2 Bis rue Mariotte avec studios de diffusion et locaux techniques. Il s’agit de Radio 2000 qui, d’abord, fait un pied de nez à la radio publique, puis rentre dans la légalité après avoir obtenu une autorisation de la haute Autorité de l’Audiovisuelle. Beau succès !

Dès cet instant, les chauffeurs de bus offrent à leurs usagers la possibilité d’écouter la radio de leur choix, y compris les chaînes en provenance des Dom-Tom. Ce qui donne lieux à des altercations entre passagers. Finalement, seul le chauffeur sera maître à bord pour imposer la voix de son choix.

La pluie d’or des recettes publicitaires finira par tarir et de nombreuses radios dépériront… Seules les meilleures surnageront. Hélas ! Radio 2000 fera taire définitivement sa voix.

Roger Loustaud