Nous commentons d’habitude les exploits du DFCO dans nos brèves. Mais, le 14 octobre, la réception au stade Gaston-Gérard du PSG – avec Neymar et Mbappé – ainsi que la ferveur des supporters (dont nous sommes évidemment), méritaient véritablement un zoom particulier. Il faut dire que la dramaturgie fut au rendez-vous…
David contre Goliath… Même les laïcs, dont je suis, citent régulièrement cet épisode de la Bible où le fils du berger Isaï s’impose face au géant des Philistins afin d’illustrer une lutte inégale. Dans le monde footballistique, l’on préfère évoquer plutôt le célèbre conte de Charles Perrault, le Petit Poucet… Va savoir pourquoi ? Peut être parce que les cailloux au sol sont plus proches du ballon que ceux lancés à l’aide d’une fronde !
Enfin quelle que soit la métaphore que vous utilisiez, la réception du PSG par le DFCO s’apparentait à ceci… Une équipe au faible budget face à une armada de stars, dont une attaque constellée d’étoiles où l’on s’envole (très haut) dès que l’on veut calculer son montant en millions d’euros… 220 pour Neymar, 180 pour Mbappé, heureusement que Cavani était absent car sinon, vous imaginez !
Tous les ingrédients étaient là – un record d’affluence – pour cette réception véritablement pas comme les autres. Certes il manquait, dans les rangs parisiens, le petit Hibou (ce n’est pas le héros d’un autre conte mais le surnom de Marco Verratti), Thiago Motta ou encore Thiago Silva… Certes son homologue brésilien, le guerrier Daniel Alves, qui a fait comme Neymar le bonheur du Barça avant de rejoindre le club qatari, jouait milieu de terrain plutôt qu’arrière droit. Certes, beaucoup revenaient de la trêve internationale et avaient des heures de vols… Mais il n’empêche le 1er du championnat affrontait l’un des clubs qui va lutter toute la saison pour son maintien.
Et ce match aurait pu rester dans les évangiles sportives dijonnaises comme l’un des plus grands exploits du DFCO, tellement l’équipe d’Olivier Dall’Oglio a su rivaliser durant 90 mn avec celle d’Unai Emery. Seulement voilà, les arrêts de jeu sont venus porter, comme trop souvent, un coup de poignard dans le dos des supporters rouges et noirs. Enfin plutôt sur l’aile du DFCO, avec un débordement de Mbappé, son seul véritable apport dans ce match puisqu’il avait tout vendangé… la Bourgogne ne lui ayant pas, c’est certain, réussi. Et son centre fut repris par Thomas Meunier, qui, pour la 2e fois de l’après-midi, sauva son équipe. Sans son tir, le match nul aurait ressemblé à une victoire pour le DFCO. Ce fut même un CSC (un but contre son camp) qui a permis à l’équipe parisienne de repartir avec le sourire… Quand l’on vous disait que la dramaturgie était omniprésente.
Dans les rangs des supporters, aucune mauvaise langue n’a qualifié ce revers à la 90e + 2 de (mauvaise) histoire belge, Thomas Meunier évoluant dans l’équipe nationale… de Belgique. Tous auront vibré, encourageant de toutes leurs forces les hommes du président Olivier Delcourt qui n’a vraiment pas eu à rougir de la performance de ses joueurs. Abnégation, dépassement de soi et respect des consignes… ils ont eu ce triptyque au cœur durant (presque) toute la rencontre. Ils furent même capables d’exploits (incroyables) comme ce but venu de l’espace de Benjamin Jeannot (c’est lui qui a tutoyé les étoiles et pas ceux annoncés) et sa reprise de volée à la 87e. Cela valait bien une course folle le maillot à la main… et le carton jaune de rigueur qui suivit.
Cinq minutes plus tard, le couperet tomba et Goliath fit chuter David. Ou le Petit Poucet se fit dévorer par l’ogre… C’est selon !
Xavier Grizot





