Un menu culturel 2017… trois étoiles

Le menu de l’édition 2017 de la Nuit des Musées a séduit 6970 personnes dans la Cité des Ducs. Retour sur une dégustation culturelle qui a débuté par l’exposition à ciel ouvert « Musées en Liberté », placée sous le signe de la gastronomie et du banquet. Bon appétit…

La première des œuvres à déguster, en levant les yeux, rue de la Liberté ne fut autre que la reproduction d’une peinture intitulée Fête champêtre à la Cour de Bourgogne datant du XIVe siècle. Histoire… de débuter comme il se doit cette soirée dédiée à fêter les Musées. C’est, en effet, une déambulation dans LA rue emblématique de la Cité des Ducs qui a donné le coup d’envoi de la 13e Nuit européenne des Musées. L’exposition à ciel ouvert Musées en Liberté, présentant aux yeux du plus grand nombre 26 œuvres extraites des collections dijonnaises, s’est apparentée, le samedi 20 mai, à une véritable mise en bouche culturelle. Et ce, d’autant plus que le thème retenu n’était autre que la gastronomie et le banquet, tel « un clin d’œil au lancement de la Saison 2 du Brunch des Halles et à l’inscription au Patrimoine mondial de l’Unesco du repas gastronomique des Français ».

Le maire de Dijon, François Rebsamen, accompagné de plusieurs de ses adjoints et acteurs culturels, a parcouru la rue de la Liberté avant de rejoindre le fer de lance des Musées dijonnais. Le MBA, qui vient de se voir auréolé d’une 3e étoile au Guide Vert Michelin, avant même la fin de la 2e phase de ses travaux de rénovation : la Métamorphose 2, titre qui n’aurait pas déplu à Franz Kafka même si, là, c’est tout l’inverse de sa nouvelle la plus célèbre qui est train de produire. Après les parcours Moyen-Age et Renaissance – qui ont attiré au cours de cette nuit pas comme les autres 2425 personnes – le Musée des Beaux-Arts subit actuellement sa plus importante mue afin d’offrir, en 2019, un nouvel écrin aux 1500 œuvres mais aussi aux nombreux visiteurs. Cinquante salles rénovées valoriseront, à terme, les superbes collections de l’Antiquité ainsi que celles du XVIIe au XXIe siècle.

Après la mise en bouche, l’entrée ne fut autre que la visite de ces travaux de taille. Un doux euphémisme tellement les échafaudages sont impressionnants (qu’ils soient vus de l’extérieur ou de l’intérieur, en les parcourant). Les coulisses de ce chantier d’envergure ont attiré pas moins de 264 personnes désireuses d’avoir un avant-goût de ce que sera le futur temple de la culture dijonnaise. « Actuellement pas moins de 60 personnes participent à cette rénovation chaque jour », a précisé l’ancien ministre du Travail, François Rebsamen, soulignant, notamment, l’importance du travail fourni aux entreprises locales.

Quant au plat principal, la Nuit des Musées en tant que telle, elle a attiré, dans la capitale régionale, près de 6970 noctambules. Un chiffre en hausse de 28% par rapport à 2016.

Car le Musée des Beaux-Arts n’était pas le seul à s’ouvrir en grand aux visiteurs du soir : le Musée de la Vie Bourguignonne, le Musée Archéologique, le Musée Rude et le Musée d’Art sacré ont également pris part à cette fête culturelle, où les animations et les ateliers ludiques ont enthousiasmé petits et grands. En reprenant le titre de l’une des toiles de Rembrandt, c’est une véritable Ronde de Nuit des musées à laquelle nous avons assisté à Dijon… Ce fut une autre façon de mordre à pleines dents dans la culture locale !

Xavier Grizot