Les cadeaux à éviter !

Rien n’est pire que de recevoir un cadeau de Noël qui « tombe à côté de la plaque ». Les Fêtes de fin d’année 2015 avaient été particulièrement cruciales : tout le monde s’était rué sur la bougie parfumée, le savon anglais à l’odeur intempestive ou le coussin décliné sous toutes ses formes. Certaines personnes se sont vu offrir pas moins de cinq coussins, dont deux décorés avec une tête de chien et trois à l’effigie du chat. Allez donc les installer sur une même banquette, sans qu’un pugilat tout poil s’en suive … D’où cette liste de présents à éviter cette année, indispensable à l’harmonie des familles.

Les foies gras, les ballotins de chocolats ou un repas à deux dans un restaurant sublime : première précaution d’usage, assurez-vous avant tout que vous n’allez pas être à l’origine d’un dilemme chez une femme (ou un homme) en deuxième semaine de régime Weight-Watchers, ou dans un foyer vivant dans l’ère glaciaire du végétalisme.

Le briquet de marque chic ou gravé d’une photo à un quadragénaire qui s’adonne désormais à la cigarette électronique et aux patchs anti-tabac. La campagne anti-tabac de novembre laisse encore des traces !

Un T-shirt ou un jean de taille 36 à une jeune femme que vous n’avez pas vue depuis six mois : elle peut être enceinte ou avoir grignoté à outrance et pris 10 kilos. Là, vous ne seriez jamais, mais au grand jamais pardonné …

Le bibelot d’art aux allures délirantes ou une lampe d’ambiance en Vallauris : voilà, des « choses » très particulières, qui risquent d’être perçues comme de grosses fautes de goût dans la jungle épurée d’un intérieur meublé en design ou en style scandinave. Une fois terminé le réveillon, de deux choses l’une : soit on casse intentionnellement ces objets difficiles à concilier avec votre environnement (!), soit on les enfouit au fond d’un placard. Ou encore – et c’est là un geste très vilain et mercantile – on les revend sur Internet !

Une montre ou un réveil, fussent-ils de marque dans le vent à un(e) éternel(le) retardataire et qui s’en fait une gloire : il (ou el) pourrait y voir une critique et vous rayer de la liste des amis.

L’accès à des objets connectés à un sénior, aux grands-parents, à la tante Ursule qui ont bien du mal à maîtriser Internet, ou à un sage égaré dans notre cyber époque et qui cultive son look décalé !

Les Mémoires de Casanova dans les Editions de la Pléiade à un néo-célibataire malgré lui, plaqué par sa nana à quelques jours de Noël. Pour ce même motif, ne pas offrir La Princesse de Clèves à une « citoyenne », victime récente d’un Valmont. Attention aux cœurs brisés!

Trois livres de Pete Dexter ou dix polars du Canadien Robert Pobi aux âmes sensibles, aux pacifistes ou aux ingénus. Misez plutôt sur des Agatha Christie, si vous tenez vraiment à leur donner le frisson, mais de façon gentillette.

Une grammaire Bled ou Grevisse, un Larousse ou encore un Robert à un ado accro au smartphone et pour qui la langue de Joachin du Bellay ou celle d’Anatole France est moins raffinée que la sémantique hirsute de ses SMS.

Une perceuse ou une caisse à outils à l’intello de service appartenant à votre cercle familial ou amical : ça ne le convertira jamais aux charmes du mode de vie des castors. Là, vous feriez barrage à toute relation chaleureuse …

Un joli livre de recettes gastronomiques, un abonnement à des cours de cuisine, un instrument électro-ménager, une table à repasser ou un soutien-gorge Chantelle à une soixante-huitarde résolument pétroleuse et qui – plus est – vient de se rallier aux idéaux « anatomie-anatomie » des Femen. Achetez plutôt l’intégrale des chansons de Brigitte Fontaine.

Suivez ce petit guide de Dijon L’Hebdo. Evitez également les sujets de conversation qui fâchent. Et vous verrez que la vie vaut bien mieux que ce vieux film-culte de 1982 programmé sur toutes les chaînes de TV depuis décembre : le Père Noël est loin d’être une… ordure. Alors, Joyeuses Fêtes !

Marie-France Poirier