Greta 21 : du sur mesure en matière d’alternance

Durant deux jours, l’apprentissage aura donc été l’objet de toutes les discussions et de toutes les attentions dans le cadre du salon Apprentissimo. Une mise en avant qui ne doit pas cependant faire oublier le contrat de professionnalisation, créé à l’origine pour aider les jeunes de moins de 26 ans n’ayant pas de qualification particulière, à compléter leur formation initiale et à s’insérer plus facilement dans le monde du travail. Même s’il s’adresse aujourd’hui à un éventail beaucoup plus large, il garde toutefois cette finalité professionnelle.

Sur le papier, l’apprentissage et le contrat de professionnalisation affichent des points communs : une formation gratuite, un travail et une rémunération. L’un et l’autre sont des contrats d’alternance. Ils poursuivent le même objectif de formation mais ils ont des modalités d’application spécifiques. Pour en parler, deux spécialistes : Karène Helou, directrice du Greta 21 et Bassam Taha, conseiller en formation continue qui négocie tous les contrats de professionnalisation conclus par le Greta 21.
"La politique de l'apprentissage est défini par le Conseil Régional de Bourgogne -Franche Comté, dont il a la compétence pleine et entière, ce qui n'est pas le cas du contrat de professionnalisation dont la formation sera payée par l’OPCA (1) ou par l'entreprise, le nombre de contrat de professionnalisation peut être illimité.
Dans le cadre d'une formation en alternance, le contrat d'apprentissage (qui relève de la formation initiale) et le contrat de professionnalisation (qui s'inscrit dans le cadre de la formation continue) sont deux types de contrats de travail qui conjuguent formation théorique dans un établissement d'enseignement et formation pratique en entreprise.
« En terme d’exigences de l’entreprise, le contrat de professionnalisation va être plus affiné » poursuit Karène Helou. « Une alternance sur un contrat d’apprentissage, c’est aussi une alternance commune à tous les apprenants. Deux jours en centre, trois jours en entreprise, par exemple. Ce qui n’est pas le cas pour un contrat de professionnalisation. A l’échelle du Greta 21, on fait du sur mesure en matière d’alternance. C’est tout notre travail d’ingénierie pédagogique. On n’est pas concurrentiel par rapport à un contrat d’apprentissage. On ne peut pas apporter une plus value financière à l’entreprise. Notre plus value c’est l’adaptation de l’alternance aux besoins de l’entreprise avec laquelle on va justement définir le rythme de cette alternance. Nous allons nous conformer aux contraintes de l’entreprise. Imaginons un BTS comptabilité chez un expert-comptable, on va tout mettre en oeuvre pour que l’apprenant soit présent en avril-mai pour les bilans. C’est une souplesse particulière au contrat de professionnalisation. Puisqu’il est tourné vers l’insertion professionnelle, le contrat de professionnalisation tend à favoriser la présence de l’apprenant en entreprise. Ainsi, dans cette formule, la formation théorique ne peut excéder 25 % du temps de formation avec un minimum de 150 heures, alors que pour le contrat d’apprentissage, cette limite est de 50 %.»
Du fait que l’étudiant en contrat de professionnalisation est davantage présent au sein de l’entreprise et qu’il est souvent plus âgé, il obtient une rémunération plus importante que l’apprenti. Une précision importante donc que souligne Bassam Taha : « Les apprentis sont quasiment exonérés de charges sociales et donc leur salaire net équivaut au salaire brut, ce qui n’est pas le cas pour le contrat de professionnalisation. Quand on est en contrat pro, on fait plus d’heures en entreprise. On est donc plus disponible pour l’employeur. Le contrat pro revient donc plus cher. »
Derrière un contrat de professionnalisation il y a généralement un emploi. « De plus en plus, on voit des jeunes sortir de la formation initiale pour poursuivre leurs études sous cette forme » note Karène Helou. « Le contrat de professionnalisation est aussi un excellent remède à l’échec scolaire. Il vient au secours des jeunes qui n’ont pas le profil pour rester assis en classe toute une journée. »
« Tous les métiers peuvent s’apprendre par le biais d’un contrat de professionnalisation » précise encore la directrice du Greta 21. « Il n’y a aucune restriction. Certains groupes en Côte-d’Or favorisent ce type de contrat. On est dans le cadre de la responsabilité sociale des entreprises. En théorie, toutes les entreprises du secteur privé peuvent accueillir un étudiant en alternance. Ce qui ouvre un large champ de possibilités. Et si l’alternance s’est longtemps limitée à l’artisanat, l’industrie ou le bâtiment, d’autres secteurs s’y ouvrent massivement, comme le commerce, l’hôtellerie-tourisme…
« La durée du contrat de professionnalisation est comprise entre un et deux ans » explique Bassam Taha. « Il s'agit souvent de formations de courte durée, adaptées aux besoins de recrutement des entreprises. Certaines peuvent déboucher sur un certificat reconnu par la profession, de type CQP (certification de qualification professionnelle) ou sur un titre répertorié. Dans ces cas-là, les qualifications et les compétences sont facilement transférables vers d'autres domaines si on veut changer de voie. Cependant, lorsqu'une branche d'activité prévoit un prolongement possible de la durée du contrat (à 24 mois, par exemple), d'autres types de formations, y compris des diplômes d'État, peuvent être envisagés. »
Pour le Greta 21, les contrats démarrent en septembre mais il est possible de les lancer dès le mois de juin pour permettre aux apprenants de faire une période dans l’entreprise en amont de l’école. Et la particularité des Greta c’est de pouvoir mettre en oeuvre des formations où l’on va trouver différents financements. Sur un même groupe, par exemple, on va avoir des contrats de professionnalisation, des congés individuels de formation, des contrats de reclassement professionnel. « En maroquinerie, on a ouvert une section avec des apprentis et des contrats de professionnalisation. Tous les parcours seront individualisés en fonction des profils et des besoins de l’entreprise » note enfin Karène Hélou.

J-L. P

(1) Organisme collecteur paritaire agréé.