C’est incontestablement une des plus belles réussites de Lydie Pfander-Meny. La proviseure du lycée professionnel Antoine, à Chenôve, a eu du flair en lançant, en 2011, une formation sur la sécurité qui connait aujourd’hui un succès sans précédent. En effet, d’après l’INSEE, d’ici 2015-2016, 10 à 15 000 emplois seront créés autour de cette activité.
« En terme d’emploi, la sécurité, c’est une pépite qui n’est pratiquement pas exploitée car il y a très peu d’établissements scolaires qui forment à ces métiers » affirme Lydie Pfander-Meny. « L’idée d’explorer les ressources d’une telle activité n’est pas récente. Mais quand on réfléchit à la construction d’une filière, aux axes de développement possible d’une voie professionnelle, il faut savoir que cela prend du temps. »
Et Lydie Pfander-Meny a su prendre son temps pour parvenir à ses fins : l’ouverture, à la rentrée 2011, d’un CAP sécurité. « Prudemment, je me suis dis « voyons voir si ça marche ». J’ai ouvert cette formation avec 15 places et j’ai reçu 60 demandes. « . Le rectorat et le conseil régional de Bourgogne sont évidemment séduits par cette initiative qui trouve aujourd’hui un prolongement avec la mise en place d’un bac pro et peut-être demain d’un BTS.
Convaincre les institutionnels, c’est une chose. Pour donner un vrai relief à cette formation, il fallait aussi s’assurer du soutien d’un professionnel d’envergure. Et là, la rencontre avec Bruno Ciarrochi, patron de la société SIG, fut déterminante. « On s’est vite rejoint car nous partageons les mêmes exigences et les mêmes valeurs éducatives. On a créé un partenariat. Chaque année, j’ai besoin de sept semaines de stage pour les élèves. » Et Bruno Ciarrochi ne cache pas son émotion de se retrouver dans le bureau d’une proviseure pour parler formation des jeunes lui qui avait effectué une partie de sa courte scolarité tout près, au sein du collège Herriot.
« Ca fait maintenant quatre ans que nous travaillons ensemble. La première promotion a même porté son nom » explique Lydie Pfander-Meny. « Bruno Ciarrochi est un homme rigoureux et exigeant qui ne racontent pas d’histoires aux élèves. Il maîtrise la pédagogie. C’est un vrai éducateur, formateur et accompagnateur qui a un sens réel de la transmission. Il ouvre un horizon extrêmement riche sur la sécurité privée. » Et Bruno Ciarrochi ne se contente pas de proposer son entreprise comme terrain de stages. Il emploie des élèves pour des missions ponctuelles et en embauche même certains à la fin de leur cursus.
Et la proviseure du lycée Antoine insiste bien sur le fait que ce ne sont pas des videurs de boîtes de nuit qui sont formés. Entre les CAP, les bac pro, les BTS et l’université avec des formations post bac, on est autour de 45 métiers de la sécurité. »
Il y a une branche qui m’intéresse de plus en plus, c’est la question du développement durable. On est en train d’ouvrir de nouveaux métiers pour protéger les biens par rapport à des risques majeurs. C’est complètement nouveau. Nous avons donc devant nous un champ énorme. »
Le lycée Antoine qui propose un bac pro depuis la rentrée dernière, a reçu près de 300 demandes pour 18 places. Les élèves viennent de Côte-d’Or, des trois autres départements de l’Académie mais aussi de l’académie de Besançon, des Vosges, des Ardennes et même de La Rochelle. Le recrutement se fait sur la base de bons dossiers. En dehors des qualités morales et éthiques, les critères physiques sont également très importants. Tous ces jeunes sont licenciés dans des clubs où ils font du sport à haut niveau.
A les voir, à les entendre, on découvre que les pensionnaires du lycée Antoine qui portent le pantalon et le pull over bleu marine toute la semaine, sont bien dans leurs rangers.
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Une certaine idée de la formation
Situé sur le Grand Dijon, le Lycée professionnel Antoine offre des formations industrielles et tertiaires.
Choisir une formation du lycée Antoine, c’est avoir la possibilité d’obtenir un diplôme, de maîtriser un métier et de trouver un emploi. Mais c’est aussi, l’opportunité d’être aidé(e) afin d’envisager une poursuite d’études post-bac.
Entrer au Lycée Antoine, c’est devenir membre d’une communauté scolaire soudée autour de valeurs humanistes, forte de ses expériences, soucieuse de l’entraide et du suivi individuel de chaque jeune.
« Au lycée Antoine, nous sommes » précise Lydie Pfander-Meny, « convaincus que l’itinéraire de chaque élève est particulier. Les équipes enseignantes et éducatives s’attachent à individualiser le parcours de chacun afin de le conduire à la réussite.
A partir des 3 grands axes du Projet d’Etablissement, le lycée offre à la fois un encadrement humain et des outils qui sont ceux d’un lycée du XXIe siècle:
– Lycée de la réussite, il se préoccupe d’assurer un soutien systématique aux élèves qui en auraient besoin pour assurer leur succès.
– Lycée de la citoyenneté, il met à la disposition de chaque jeune un cadre de vie et des structures qui favorisent son épanouissement.
– Lycée de l’ouverture, il dispose d’un réseau large de partenaires permettant un ancrage dans le tissu économique et professionnel. »
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Un jeune qui sait ce qu’il veut
C’est un jeune qui sait ce qu’il veut. Peut-être parce qu’il a un oncle qui travaille déjà dans ce métier, Ayhan Kirac a rapidement su quelle serait sa voie professionnelle. Après des études dans une Maison familiale et rurale près de Besançon, il choisit d’intégrer le lycée Antoine, à Chenôve, pour passer un CAP agent de sécurité. Commencée en septembre 2011, sa scolarité s’achèvera avec succès en juin 2013. Durant ces deux années, il découvre la SIG qui l’accueille en stage en entreprise. La SIG qui lui propose ensuite un contrat d’apprentissage dans le cadre d’un brevet professionnel qui se terminera en juin 2015. Et là, Ayan Kirac espère bien décrocher un CDI dans cette entreprise au sein de laquelle il se sent bien. Il n’aura que 20 ans et tout l’avenir devant lui.
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Un bel exemple de promotion interne
Mathieu Thion incarne parfaitement l’évolution de carrière au sein d’une entreprise de sécurité. Un secteur professionnel qu’il découvre en 2003 en Haute-Marne. C’est en 2007 qu’il intègre la SIG. Pendant deux ans, il occupera les fonctions d’agent prévention vols dans des surfaces commerciales. En 2009, Bruno Ciarrochi lui confie la responsabilité des agents pré-vols dont il assure aussi la formation. Deux ans plus tard, ses compétences l’amène tout naturellement à prendre en charge la planification des activités des 200 agents qui travaillent pour SIG. C’est lui qui affecte les missions selon les profils, les qualifications mais aussi en fonction des exigences des clients.





