Economie : des raisons d’espérer

Une lueur d’espoir pour l’économie en Bourgogne. C’est ce que semble montrer le baromètre des TPE/PME de Bourgogne pour le 1er semestre 2013. La dégradation de l’activité est toujours présente mais le moral des dirigeants semblent moins mauvais : 7% des sondés voient une amélioration au cours des 6 derniers mois.
L’enquête porte sur le 1er semestre 2013 et a été réalisée au mois de septembre 2013 auprès de cabinets d’Experts-Comptables et de chefs d’entreprises des différentes branches (Services, Commerce et Industrie) de la CGPME. L’échantillon de 113 structures est représentatif et il a été constaté une bonne mobilisation sur cette enquête, à la fois de la part des cabinets Experts Comptables et des chefs d’entreprises.
Les principaux sujets traités dans cette étude sont organisés autour de 3 axes : l’activité économique, l’emploi, et les financements.

Constat général : L’activité continue de dégrader mais un soupçon d’espoir apparaît.
Le bilan des 6 derniers mois dégage, toujours et encore, une forte tendance à la morosité, avec une situation qui s’est encore dégradée pour plus de la moitié des répondants, à 55%. Seulement 7% déclarent une amélioration sur les 6 derniers mois, ce qui constitue néanmoins un taux supérieur par rapport aux enquêtes précédentes.
C’est la première fois depuis la création du baromètre en 2010 que le taux d’amélioration est en progression !
L’analyse des résultats depuis 2010 tendrait à laisser penser que le summum de la crise de confiance a été touché en septembre 2012. La dégradation de l’activité persiste mais le moral des dirigeants parait moins mauvais qu’il ne l’était à ce moment. Il est vrai qu’il avait atteint des niveaux record de déprime en 2012.
Rappelons que c’est fin 2011 qu’il a été relevé de façon très forte la perte d’optimisme des chefs d’entreprises sur leur perspective d’évolution à 1 an. Ceux-ci au début de la crise étaient toujours optimistes à plus de 50%. Ils pensaient que demain serait meilleur qu’hier. Ce taux d’optimisme à un an a chuté à 15%, et s’est maintenu à un niveau très faible depuis.
Aujourd’hui, le taux d’optimisme est de 22%. De même, le taux de « très pessimistes » tend à baisser par rapport aux derniers résultats (9%). Il est à noter que les Experts-Comptables sont plus pessimistes sur la situation économique que ne le sont individuellement les chefs d’entreprise sondés.
Le chiffre d’affaires et le niveau du carnet de commandes ont toujours tendance à se dégrader mais à un niveau moindre que nous l’avions enregistré lors des 2 précédentes enquêtes.
En revanche, les marges demeurent un vrai sujet d’inquiétude : pour 80% des répondants, elle continue à se dégrader. Nous enregistrons ce phénomène depuis la création du baromètre. Ainsi que nous l’indiquions lors des premières enquêtes, nous redoutons fort que cette dégradation des marges se pérennise. La dégradation des marges fragilisent nécessairement les entreprises qui disposent de fait de moins de moyens pour se développer, investir et embaucher.
Les délais de paiement et la trésorerie ne s’améliorent pas.
Les nouveaux dispositifs :
– Le CICE : si le dispositif est bien connu par les Experts comptables, il l’est peu des chefs d’entreprises, ce qui confirme le rôle que doivent jouer les Experts-Comptables auprès des entreprises dans la diffusion des informations relatives à ce dispositif. Le CICE est donc peu utilisé par les dirigeants. Seulement 28 % des chefs d’entreprises interrogés envisagent de déposer une demande de CICE. Ils jugent à hauteur de 83% que le CICE ne répond pas aux problématiques actuelles des entreprises. Les Experts-Comptables sont moins tranchés : 63% jugent que le dispositif ne répond pas aux besoins des entreprises et 35% pensent que le CICE y apporte une réponse partielle. Un expert-comptable sur 2 indique qu’il n’envisage pas d’engager d’action soutenue pour promouvoir le CICE auprès de ces clients. Le gouvernement devra donc faire preuve de grande persuasion pour convaincre l’ensemble du monde économique de l’utilité et de l’efficacité pour les TPE/PME de cette mesure-phare de sa politique.

– La mise en place d’une surcontribution sur les CDD et sur les contrats à temps partiel est mieux connue par les Experts-Comptables que par les chefs d’entreprises. Tous pensent néanmoins que cette mesure aura un effet pénalisant sur l’emploi (embauche) et sur le cout du travail. Elle est perçue comme une mauvaise mesure dont les chefs d’entreprise vont mesurer prochainement les incidences.

– L’emploi : Les réponses sont très pessimistes par rapport au marché de l’emploi. Il y a peu d’intentions d’embauches pour les 6 mois qui viennent. Les entreprises sont cependant très favorables à la mise en œuvre de l’alternance (65%). Les experts comptables, compte tenu de leur secteur d’activité spécifique, sont moins favorables à ce type de recrutement. Les freins à l’embauche sont toujours principalement liés à la conjoncture économique et au manque de flexibilité du contrat de travail.
Le RSI : Compte tenu des remontées du terrain, nous avons souhaité évaluer comment était perçu le RSI ainsi que les modalités de calcul des contributions des travailleurs indépendants. Les résultats ont largement confirmé nos inquiétudes. 75% ne sont pas satisfaits des modalités de calcul et jugent que les services du RSI ne sont pas performants, puisque la note de 2,3 sur 10 lui est attribuée. Cela laisse donc une belle marge de progression.

– Les financements : La tension apparait encore plus forte que par le passé sur la capacité des banques à accepter les demandes de crédits. En effet, 82% des répondants demandent moins de frilosité de la part des banquiers dans la prise en compte de leurs dossiers. Par rapport à la dernière enquête, la note attribuée à ce critère diminue, passant de 3,8 à 3,5 sur 10. Ceci explique peut-être la baisse de la note concernant la relation avec le banquier, qui baisse aussi, passant v vde 6,7 à 6,3 sur 10.
Autres remarques : du côté des chefs d’entreprises de la CGPME, les mesures incitatives à l’embauche ne sont pas ressenties de façon positive. Il n’y a pas de recours à l’intérim et au chômage partiel. Les réponses aux appels d’offres sont en légère augmentation (40%), et retenus à 60%. Enfin, il y n’y a quasiment pas de projet à l’international et très peu de transmissions envisagées.