Nathalie Koenders : « Une ville où l’on vit mieux ensemble ! »

Le 25 novembre dernier, Nathalie Koenders devenait maire de Dijon. Depuis cette date, la première magistrate imprime sa marque à la tête de la capitale régionale. Celle d’ « un maire de terrain, au service de la proximité, de l’écoute, et de l’efficacité ! »  Et bâtit une ville « toujours plus résiliente, sobre et agréable à vivre »… « une ville apaisée, végétale, respirable, où l’on vit mieux ensemble », comme elle nous le précise dans cette interview où elle rappelle aussi le socle de son engagement politique : « Protéger les plus vulnérables ! »

Revenons en premier lieu sur l’inscription (un peu plus forte encore) de Dijon sur la carte verte européenne. Vous avez inauguré Response à la Fontaine d’Ouche, une opération d’auto-consommation collective exemplaire qui devrait être reprise par d’autres villes européennes. Le fait que cette réalisation ait eu lieu à la Fontaine d’Ouche, dans un quartier Politique de la Ville, était essentiel ?

« Oui, Fontaine d’Ouche n’a pas été choisie par hasard. C’est un quartier populaire, cœur battant d’une politique publique exigeante et innovante. Avec RESPONSE, nous sommes pionniers en matière d’autoconsommation collective d’énergie renouvelable. Produire, stocker, redistribuer localement : c’est une révolution, rendue possible grâce à Dijon métropole. Nous avons justement choisi ce quartier pour démontrer que la transition écologique peut et doit bénéficier d’abord aux habitants les plus modestes ».

Restons dans le domaine de la lutte contre le réchauffement climatique. En confiant à votre Premier adjoint les délégations de l’urbanisme et de la transition écologique, c’était un signe fort qui vous tenait à cœur ?

« C’est plus qu’un signal : c’est une colonne vertébrale. Urbanisme et écologie ne peuvent plus être dissociés. C’est un engagement que j’ai porté dès le début du mandat : rendre Dijon toujours plus résiliente, sobre et agréable à vivre. Une ville qui s’adapte à son époque, comme elle l’a toujours fait depuis 2001. Ce choix incarne notre vision d’une ville qui se transforme sans s’étaler, qui produit mieux, qui consomme moins, bref une ville du 21e siècle ».

Dijon a accueilli récemment la COP Bourgogne Franche-Comté. A cette occasion vous avez communiqué : « Face à l’urgence climatique et à l’effondrement de la biodiversité, la mobilisation de toutes et tous est nécessaire ». Justement, qu’entendez-vous faire pour la préservation de la biodiversité ?

« Nous avons adopté avec la métropole un Plan Climat et Biodiversité 2030 paris les plus ambitieux en Europe d’après le politologue Jean Pisani-Ferry. Il intègre, en plus de l’énergie et de la qualité de l’air, la biodiversité urbaine comme pilier central. Nous multiplions les trames vertes, replantons massivement, désimperméabilisons et végétalisons les cours d’école, développons des refuges de biodiversité. Chaque mètre carré compte. Et les habitants sont régulièrement consultés et associés ».

Vous avez inauguré le week-end des 7 et 8 juin le Jardin du Port du Canal métamorphosé dans une version plus verte et plus conviviale. Là aussi, vous favorisez la biodiversité mais vous offrez aussi de nouveaux espaces aérés aux Dijonnais. Est-ce votre vision de la Ville d’aujourd’hui et de demain ?

« Absolument. Une ville apaisée, végétale, respirable, où l’on vit mieux ensemble. Ce jardin est un symbole : de la nature préservée, du lien social renforcé, d’une qualité de vie réinventée. Et surtout, c’est une transformation pensée avec les habitants, fidèle à notre méthode de co-construction. Dans le même esprit, le Jardin de l’Arquebuse illustre déjà depuis plusieurs années l’excellence que nous visons : un écrin de biodiversité en cœur de ville, apprécié pour sa qualité paysagère et pédagogique ».

La période de concertation publique bat son plein pour la future Ligne T3 du tram. Quel message aimeriez-vous adresser aux Dijonnais afin qu’ils soutiennent l’avènement de cette expansion du tramway ?

« Le tram, c’est plus qu’un transport. C’est un outil de transition écologique et de justice sociale. La T3 desservira des secteurs aujourd’hui insuffisamment connectés. Moins de voitures, plus de qualité de vie, plus d’accessibilité : je demande aux Dijonnais de s’approprier ce projet, car c’est leur avenir qui se dessine sur ces rails ».

Vous avez souhaité marquer par une semaine festive l’anniversaire des 150 ans des Halles, un bâtiment emblématique et historique de Dijon, pour lequel vous avez lancé une AMO en mars afin de réfléchir à son avenir. Quel est votre souhait pour les Halles de demain ?

« Les Halles sont bien plus qu’un marché : elles sont l’âme populaire, patrimoniale et gastronomique de Dijon. Célébrer leurs 150 ans, c’est affirmer notre attachement à l’histoire tout en préparant activement leur avenir. C’est le sens de l’Assistance à Maîtrise d’Ouvrage que nous avons lancée : imaginer, avec les acteurs du territoire, un lieu qui conjugue excellence des circuits courts, vitalité économique, qualité architecturale et innovation d’usage. Les Halles de demain devront incarner à la fois notre ambition écologique, notre soutien aux producteurs locaux et notre exigence de centralité urbaine. Elles continueront d’être un cœur battant de Dijon, ouvert, vivant, et fidèle à l’identité de notre ville ».

Les affiches du Concert de Rentrée et du Golden Coast 2025 séduisent, avant l’heure, celles et ceux qui veulent y participer. Vous souhaitez que ces événements culturels et populaires soient aussi une signature de Dijon ?

« Oui, la culture est un ferment de fierté et d’identité collective. Avec le concert de rentrée et le Golden Coast, nous portons une ambition claire : faire de Dijon une ville de référence pour les grands rendez-vous culturels populaires et accessibles. Ces événements renforcent le sentiment d’appartenance, tout en attirant une nouvelle génération de visiteurs et d’habitants. C’est aussi une politique économique et touristique assumée. Le succès de Golden Coast repose sur une synergie forte entre la Ville, l’équipe d’organisation, les acteurs culturels locaux et, cette année, le soutien renforcé du Conseil régional. Ce partenariat marque une reconnaissance de l’impact régional du festival, et conforte Dijon dans son rôle de capitale culturelle et festive en Bourgogne Franche-Comté ».

Vous venez d’organiser une rencontre consacrée aux familles monoparentales, qui sont souvent confrontées à moult difficultés. C’est un combat – vous l’avez évoqué dès votre élection – qui vous tient particulièrement à cœur. Quelles sont les mesures que vous allez prendre pour venir en aide aux « parents solos » ?

« C’est une priorité. Ces familles cumulent précarité, isolement et charges. Nous allons renforcer l’accès aux services, créer des lieux d’accueil adaptés, développer le soutien psychologique, et inscrire leurs besoins dans toutes nos politiques sociales. La justice sociale commence par l’écoute et l’action. La question de la tarification de la restauration scolaire est également un sujet dont il faudra tenir compte ».

La protection des plus faibles, autrement dit une Ville agréable à vivre pour toutes et tous, est ainsi inscrite tout en haut de votre engagement politique…

« Absolument. Protéger les plus vulnérables, garantir une qualité de vie digne pour toutes et tous, c’est le socle de mon engagement. Cela suppose d’agir avec constance : pour les familles, les aînés, la jeunesse, les quartiers. Une ville solidaire, attentive, qui ne laisse personne de côté. Cette vision guide chacune de nos décisions, dans une démarche de long terme, ancrée dans l’intérêt général. C’est une ligne de conduite que je respecte pleinement, jusqu’au dernier jour de ce mandat – et au-delà, à travers les projets structurants que nous avons engagés ensemble ».

Les élections municipales sont dans moins de 10 mois. Vous avez annoncé que serez maire à 100% jusqu’à la fin du mandat. Quels sont les grandes actions que vous allez porter d’ici-là ?

« Il reste en effet moins de dix mois avant les élections municipales, et je resterai pleinement engagé jusqu’au dernier jour du mandat. Être maire, c’est être au plus près des habitants, et c’est dans cet esprit que je veux concentrer les efforts de la municipalité. Les grandes actions que nous allons porter d’ici la fin du mandat seront guidées par un seul cap : améliorer concrètement la vie quotidienne de nos concitoyens. Cela signifie intensifier nos interventions sur la propreté, la sécurité de proximité, la tranquillité publique. Cela signifie continuer à rénover les voiries, embellir nos espaces publics, renforcer les services municipaux là où les besoins sont les plus forts. Et cela signifie aussi accompagner nos aînés, soutenir nos associations, nos commerçants, être là dans les moments importants, dans les petits comme dans les grands gestes du quotidien.

L’école est évidemment au cœur de cette attention. Avec le plan Ambition éducative 2030, nous poursuivrons la transformation de nos établissements scolaires pour offrir à chaque enfant dijonnais des conditions d’apprentissage stimulantes. Cela passe concrètement par la suppression des derniers préfabriqués encore en place, mais aussi par un accompagnement renforcé vers la réussite éducative pour tous, quels que soient les quartiers, quels que soient les parcours. C’est cela, pour moi, une grande action : une décision qui transforme réellement le quotidien des habitants, ici et maintenant. Jusqu’au bout, je serai un maire de terrain, au service de la proximité, de l’écoute, et de l’efficacité ».

Propos recueillis par Xavier Grizot

 

Photo : Jonas Jacquel