Jean-François Dodet : « Nous avons tenu parole »

Durant l’été, la municipalité de Saint-Apollinaire présentera son bilan de mandat à la population. Son maire, Jean-François Dodet, nous dévoile en avant-première les points principaux qui lui tiennent à cœur…

L’heure est au bilan municipal. Que retenez-vous de ces 5 années qui ont été délicates, notamment financièrement, pour nombre de collectivités ?

« Nous arrivons à la fin du mandat et nous allons présenter le bilan durant l’été aux habitants. Et je peux vous dire que celui-ci est positif, alors que ce fut un mandat compliqué pour l’ensemble des collectivités notamment sur le plan financier, avec les baisses drastiques des dotations étatiques. Pour Saint-Apollinaire, ces réductions ont correspondu à environ 1 M€ sur 9 M€. Nous avons dû resserrer, selon l’expression consacrée, beaucoup de boulons. Et nous avons dû prendre des décisions quelque peu restrictives par rapport aux politiques que nous souhaitions mener mais nous y sommes tout de même arrivés sans augmenter les impôts.

Si bien qu’à Saint-Apollinaire, cela fait 17 ans que la commune n’a pas augmenté les impôts et c’est très important. Nous nous y étions engagés devant les habitants et nous avons tenu parole, malgré les contraintes budgétaires et les charges liées aux nouvelles normes. C’est notre ligne de conduite et j’espère que nous pourrons continuer longtemps à le faire. Même si cela part d’un constat négatif – la période de vaches maigres que les collectivités subissent –, avoir réussi le tour de force de ne pas avoir recours à l’impôt est positif ! »

« Nous n’héritons pas la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants »… Saint-Apollinaire semble avoir fait sienne cette formule de Saint-Exupéry…

« Oui, nous avons mis en place le Plan communal de transition énergétique adopté en 2020 dans sa presque totalité. Nous nous étions engagés sur la baisse de la consommation d’énergie. Nous avons fait chuter les coûts de l’électricité de 33% en deux ans et ceux du gaz de 66 %. Cela représente des économies de 56 000 € pour l’électricité et de 110 000 € pour le gaz. Nous avons ainsi pu faire face aux augmentations du coût de l’énergie qui nous a fortement impactés mais nous avons, aussi, dans le même temps, réduit notre consommation.

Et nous allons poursuivre notre action dans ce sens parce que l’on vise l’autoconsommation dans la commune. D’ici la fin de l’année, deux grands trackers solaires seront ainsi installés. Nous nous sommes aussi équipés de véhicules électriques… Mais je pourrais également évoquer tout ce qui a été fait pour la préservation de la biodiversité. Nous avons mis en place les forêts urbaines et nous en aurons 8 sur le territoire communal… »

Si vous deviez ne retenir qu’une seule réalisation, quelle serait-elle ?

« Nous avons créé un tiers-lieu essentiel pour le lien social. Et nous l’avons fait en totale concertation avec la population. Nous avons en effet réalisé un assemblage entre la médiathèque, l’espace jeunes, les salles de quartier. Proposées par les citoyens, les boîtes à livres sont, par exemple, une véritable émanation de ce tiers lieu. Les habitants, les bénévoles et les enfants ont ainsi pu participer à leur avènement. Et les agents de la commune les implanteront. Tout le monde peut apporter sa pierre à la vie de la commune et c’est bien le sens de ce tiers-lieu. Son but est de créer du lien social autour de projets partagés »

La tranquillité est aussi votre cheval de bataille quotidien…

« Dès mon arrivée à la mairie, j’ai mis en place la tolérance zéro. Certains ont pu estimer que c’était un excès de zèle mais nous avons une ville qui, globalement, est relativement calme et tranquille. Saint-Apollinaire est paisible parce que, justement, la loi doit y être respectée. Et c’est le rôle que j’ai conféré à la police municipale : faire respecter les lois. Et notre commune fait partie de l’Association des amis de la Gendarmerie.

Je rappelle que Saint-Apollinaire est marraine des élèves de l’École de Gendarmerie de la Ve compagnie de Longvic. C’est dire si nos relations sont fortes. Ce n’est pas au maire d’intervenir sur la sécurité publique mais il doit donner l’impulsion politique. Nous devons travailler tous ensemble, la commune, l’État, les services préfectoraux. Nous sommes vraiment dans une chaîne où chaque maillon compte ! »

Propos recueillis par Xavier Grizot