Dans un projet comme celui de Response, il fallait bien toute l’expertise du Groupe EDF. Lutter efficacement contre le changement climatique et rendre les villes encore plus résilientes : c’est bien le credo du premier producteur d’électricité décarbonée au monde. Explications avec Carmen Munoz-Dormoy, directrice Action régionale Bourgogne Franche-Comté.
Comment est née cette collaboration avec Dijon Métropole ?
Carmen Munoz-Dormoy : « Cette collaboration s’imposait. Dijon avait envie de se rendre plus visible sur la carte européenne et nous, nous avons l’expérience de nombreux projets européens menés dans le passé.
En 2020, nous avions déjà fait le constat avec Dijon Métropole de la pertinence d’un tel projet. Un premier dossier avait été déposé. Mais il n’a pas été retenu par la commission européenne malgré la bonne note qui lui avait été attribuée et le fait que Dijon Métropole est très engagée dans sa transition énergétique et sa politique de décarbonation.. Pour autant, on ne s’est pas découragé… ».
Et vous avez donc déposé une nouvelle candidature ?
« Effectivement. Nous avons décidé de déposer un nouveau dossier en visant, cette fois, un seul et même quartier. On aurait pu se satisfaire d’un secteur de construction neuve. Cela aurait été plus facile. Mais nous avons préféré travailler sur un quartier déjà existant, en l’occurrence la Fontaine d’Ouche qui bénéficiait déjà d’une politique de réhabilitation.
Vous savez, un projet européen, c’est très exigeant. Ca ne se fait pas dans un claquement de doigts. Il y a un processus de sélection très rigoureux. Aussi pour apporter de la crédibilité à notre démarche, il nous a fallu trouver d’autres partenaires en dehors de la France.
C’est ainsi que nous avons eu l’accord de Turku, l’ancienne capitale de Finlande, très engagée aussi dans la décarbonation. La qualité de notre dossier… et notre ténacité ont été récompensées. Nous avons gagné le projet européen RESPONSE avec Dijon Métropole ».
C’est aussi votre grande expérience en matière de recherche et développement qui a été saluée ?
« C’est avant tout notre raison d’être : la lutte contre le changement climatique, la neutralité carbone notamment à travers l’électricité et les services associés. La décarbonation fait partie intégrante de notre stratégie. Et depuis longtemps. Aujourd’hui, notre électricité est à 95 % décarbonée. Nous sommes le premier producteur d’électricité décarbonée au monde. Nos choix sont très clairs : nucléaire et énergies renouvelables. Nous ne développons pas des énergies fossiles, pas de charbon, pas de fioul, pas de gaz… Et nous accompagnons tous nos clients pour qu’eux-mêmes se décarbonent. Si chez vous, vous avez un chauffage gaz que vous remplacez par de la chaleur urbaine avec de la biomasse ou par une pompe à chaleur électrique, vous supprimez totalement vos émissions de CO2 liées au gaz. L’impact de la décarbonation par l’électrification est majeur ».
On peut imaginer que l’aboutissement d’un tel projet rend particulièrement fier l’ensemble des équipes d’EDF ?
« C’est effectivement une grande fierté. Beaucoup de nos filiales, beaucoup de nos équipes, beaucoup de nos chercheurs ont été impliqués dans le projet RESPONSE. Voilà déjà 5 ans que tous ces collaborateurs s’impliquent très fortement pour que tout ce qui a été écrit sur le papier devienne une bien belle réalité ».
Une réalité qu’on va pouvoir « toucher » lors de l’inauguration de RESPONSE ?
« On ne va pas montrer des slides ou des powerpoints mais des équipements déjà en service. Par exemple, de la production d’énergie renouvelable avec des panneaux photovoltaïques parfaitement intégrés dans le paysage urbain, des systèmes de pilotage et de contrôle de tous les usages énergétiques pour optimiser les consommations, des batteries pour stocker une partie de l’électricité produite les bénéfices en décarbonation qu’apportent le réseau de chaleur urbain, la mobilité électrique intelligente avec des bornes de recharge bidirectionnelle, la plateforme énergie-climat qui suit au plus près la décarbonation… Tout cela est visible et bien concret.
A la grande satisfaction et fierté des habitants, qui ont été associés au projet dans toute son évolution. Nous proposons de l’efficacité énergétique via le premier contrat de performance énergétique résidentiel qui permet aux bailleurs sociaux de réaliser des économies d’énergie de 40 %. Je vais vous donner un chiffre qui est très factuel : 75%. Sur le périmètre du projet RESPONSE, la diminution des gaz à effet de serre, par rapport au démarrage du projet, est aujourd’hui de 75 %. C’est un chiffre qui illustre un résultat exemplaire ».
Propos recueillis par Jean-Louis Pierre





