Guillaume Ruet : « Garder tous les atouts de Chevigny »

La Ville de Chevigny-Saint-Sauveur organise, pour la 2e année consécutive, son propre Salon de l’Habitat et de la Transition énergétique, au sein duquel les habitants peuvent rencontrer gratuitement les professionnels du secteur. Le maire de cette commune particulièrement attractive de la métropole, Guillaume Ruet, nous explique tout l’intérêt de cet événement. Et le premier magistrat nous dévoile également « tous les combats » qui sont les siens afin d’« améliorer en permanence le cadre de vie » des Chevignois…

Ce Salon prend une double dimension : il porte à la fois sur l’habitat mais aussi sur la transition énergétique. Deux sujets qui vous tiennent particulièrement à cœur ?

« La première édition a été une réussite. A la demande des exposants comme des nombreux visiteurs, nous renouvelons cette belle opération, avec une entrée toujours gratuite. Celle-ci a deux objectifs : nous souhaitons valoriser les entreprises et les artisans locaux – la grande majorité d’entre eux sont d’ailleurs chevignois. Et nous voulons accompagner les habitants sur la transition énergétique et la rénovation de leur habitat. La Ville se veut exemplaire en matière de développement durable mais s’il n’y a que la Mairie qui se mobilise, cela ne fait pas beaucoup avancer la cause de la planète. Il est nécessaire que les particuliers prennent leur part. Mais il faut qu’ils soient accompagnés.

Des aides de l’État ou encore de Dijon Métropole existent. Rénovéco sera ainsi présent et tiendra des conférences sur ce sujet des aides. Mais l’accompagnement passe aussi par le fait de trouver les bons interlocuteurs. Les particuliers sont très sollicités et on ne sait pas toujours vers quel professionnel se tourner. Des entreprises font du bon travail localement. Nous avons choisi des professionnels qui ont pignon sur rue, qui ont une belle réputation, dont le savoir-faire est reconnu, pour éviter que des habitant tombent sur des margoulins ! »

Même si les transactions repartent depuis quelques mois, les professionnels de l’immobilier continuent de tirer la sonnette d’alarme dans l’Hexagone. Pensez-vous que les mesures contenues dans la Loi de Finances 2025 peuvent réellement améliorer les choses ?

« Le marché de l’ancien repart et celui-ci est assez dynamique sur notre commune, puisque l’on jouit ici d’une belle qualité de vie. Notre force est d’avoir à disposition nombre de services, à proximité immédiate de Dijon. Comme partout en France, le souci réside dans la construction de logements. Certes la baisse des taux d’intérêt et l’extension du Prêt à taux zéro favorisent l’accession à la propriété mais une partie de la construction neuve était stimulée par les investissements locatifs. La fin du dispositif Pinel et l’absence de mesures prenant la suite n’a pas arrangé les choses. Il faut traverser ce trou d’air qui existe partout en France. A Chevigny, il nous reste du foncier et il y a un besoin de logements car la demande est très forte. Encore faut-il fluidifier le marché de la construction neuve ! »

Chevigny-Saint-Sauveur représente une des communes les plus attractives de la métropole. Le maire que vous êtes doit être fier ?

« Les maires peuvent faire de très beaux discours mais l’attractivité ne se décrète pas. Elle se traduit dans des actes. Est-ce que l’on est bien dans sa ville, est-ce que l’on veut y rester ? Quand on connaît et vit à Chevigny, on ne veut pas partir ! C’est ce que j’appelle le « vote avec les pieds ». Il suffit de regarder le nombre de demandes de logement. Celles et ceux qui sont obligés de quitter la commune, pour un déménagement ou bien parce qu’ils ne trouvent pas à se reloger le font le plus souvent avec regrets, car ici, on a accès à la sécurité, à des espaces verts et des services de qualité, à un environnement agréable à proximité de Dijon, dans une agglomération attractive. Nous sommes une ville à taille humaine dans une agglomération à taille humaine, dans un département de qualité… »

La qualité de vos services publics y est pour beaucoup…

« A Chevigny, on se sent bien car il y a une offre de services éducatifs, associatifs, culturels et sportifs de grande qualité. Nous avons des commerces à proximité et nous sommes bien dotés en offre de santé. Mais c’est un combat de tous les jours. Je me bats pour garder tous ces atouts parce qu’ils ne sont pas venus naturellement. Si on ne fait rien, cela peut très vite péricliter. Rien n’est acquis définitivement. Aussi je me bats pour maintenir une offre de santé et de proximité de qualité – je suis heureux que SOS 21 se soit installé à Chevigny. Je me bats pour que l’offre éducative, culturelle et sportive soit à la hauteur. Et ce, pour toutes les générations… Je me bats pour que Chevigny soit une Ville amie des Aînés pour absorber le choc du vieillissement de la population qui se profile dans les 10 années qui viennent.

Mais je pourrais également évoquer ce que nous faisons pour l’environnement, pour un urbanisme de qualité, pour la préservation du cadre de vie. Dans tous les secteurs, j’essaie de faire de mon mieux pour que Chevigny sorte du lot, pour que ce ne soit pas une ville dortoir mais une ville attractive, que l’on montre en exemple et dont les habitants sont fiers ! »

Vous évoquez l’enjeu du vieillissement de la population. Quels sont vos projets pour y répondre ?

« Avec plus de 21 actions, nous avons une politique globale s’inscrivant dans la démarche Ville amie des Aînés. Notre objectif est d’anticiper les besoins des seniors sur 5 à 10 ans. Je rappelle que c’est une vraie révolution démographique qui se profile pour notre pays. Dans le domaine des projets d’envergure, nous travaillons en centre-ville sur l’élaboration d’une résidence pour personnes âgées autonomes avec une centaine de logements et des services intégrés. Ce projet est porté par Edensy et Villages d’Or. Nous travaillons actuellement sur l’esthétisme du bâtiment. Il sera situé en centre-ville et je suis très soucieux de l’urbanisme car celui-ci contribue à la qualité de vie dans une commune. »

Autre enjeu majeur : la tranquillité publique…

« L’équation est simple : sans tranquillité, sans sécurité, pas de qualité de vie ! Nous vivons dans une société de plus en plus violente avec une baisse du sens du respect et du civisme et si l’on ne fait rien, on pourrait avoir une ville avec beaucoup plus de problèmes qu’aujourd’hui ! Nous avons développé un réseau de vidéoprotection très efficace, nous avons une Police municipale forte de 6 agents et d’un agent de surveillance de la voie publique (ASVP). Avoir augmenté nos effectifs de 2 agents supplémentaires nous permet plus de présence et de patrouilles le soir. C’est essentiel : si l’on veut faire venir des gens, si l’on veut attirer des entreprises, on se doit de tout faire pour garantir leur sécurité. C’est la responsabilité du Maire d’y veiller, en lien étroit avec la Gendarmerie.

Vous parlez du rôle essentiel du maire… C’est pour cela que l’échelon local est le préféré des Français, comme on peut le voir dans tous les sondages ?

« Le contexte international mais aussi national est très anxiogène. La responsabilité des élus est de rassurer. Les Français attentent qu’ils montrent un cap, qu’ils parlent peu mais qu’ils agissent en faisant ce qu’ils disent. C’est cela la clé de confiance et les maires y arrivent : nous ne pouvons pas tricher lorsque l’on échange les yeux dans les yeux avec nos concitoyens. Ceux qui ne sont pas sincères, cela se ressent tout de suite. Il faut aussi rassembler, ne pas être sectaire et éviter les propos excessifs et blessant. Je travaille sans me renier avec des gens qui ne me soutiennent pas forcément. Ici, à l’échelon local, nous arrivons à le faire.

Pourquoi cela ne peut-il pas se faire au niveau national ? Quand on voit l’agitation à l’Assemblée nationale, on se demande si certains ont réellement les pieds dans la réalité. Quand j’évoque le rassemblement, je ne parle pas du « en même temps ». Je suis de droite, j’assume être de droite et je fais un programme de droite mais j’essaye de travailler avec tous ceux qui veulent œuvrer pour la ville. La compréhension mutuelle existe et, quand on a de l’honnêteté intellectuelle, on peut reconnaître la qualité de l’engagement ou des projets de personnes qui ne sont pas de notre bord politique ».

Quels sont les projets d’envergure pour cette fin de mandat ?

« Nous allons rénover l’accueil de la mairie, la rendre accessible aux personnes à mobilité réduite, favoriser une plus grande confidentialité notamment pour le service État Civil. C’est un investissement de 800 000 € qui va nous permettre de transformer une passoire thermique en un bâtiment confortable hiver comme été. Et les travaux nécessaires dans ce bâtiment qui date de plus de 40 ans donneront de meilleures conditions de travail aux agents. L’ouverture devrait avoir lieu début 2026. Nous nous étions également engagés à réaliser un skatepark pour les jeunes au parc de la Saussaie qui est devenu en quelques années le véritable parc des familles.

Parmi les chantiers d’envergure, il y a la métamorphose de l’école Buisson-Rond qui deviendra un établissement à énergie positive. Les élèves pourront rentrer dans la nouvelle école maternelle à la rentrée de septembre. Ensuite ce sera au tour de l’école élémentaire d’être rénovée. C’est l’investissement le plus important du mandat, 7,3 M€, et nous avons pu le réaliser à la fois grâce aux finances saines de la commune mais également grâce à l’obtention des subventions ».

Et ces subventions vous ont notamment permis d’avancer dans le développement durable de votre commune…

« A Chevigny, nous nous préoccupons concrètement de l’environnement et ce Salon de l’Habitat en est une illustration. Nous avons baissé notre consommation énergétique depuis 2016 de pratiquement 40%. Notre éclairage public est passé en LED. Nous sommes devenus autonomes en ce qui concerne l’arrosage en eau l’été, si bien que nous pourrons arroser nos espaces verts même en cas de pénurie et de restrictions. Nous avons planté près de 3 000 arbres en ville en 5 ans. Et nous faisons de la sensibilisation auprès des différents publics et allons organiser la Fête de l’Environnement le 24 mai. Et la liste de nos initiatives en la matière serait encore longue !

Nous pouvons faire de l’écologie en étant pragmatiques sans faire de l’écologie punitive. On entend parfois que la droite ne se préoccupe pas de l’environnement, c’est totalement faux car améliorer le cadre de vie passe de facto par la préservation de l’environnement ! Et un meilleur cadre de vie, c’est ce que sont en droit d’attendre tous nos habitants ! »

Propos recueillis par Xavier Grizot