S’il y a bien eu une signature (politique) symbolique, ce fut celle du nouvel accord de partenariat entre la Ville de Dijon et le Département de la Côte-d’Or. Les temps politiques changent…
L’expression « L’union fait la force » a fait florès depuis l’Antiquité. Nous devons sa genèse à l’écrivain grec Ésope et à sa fable « Les Enfants désunis du Laboureur ». C’est en substance ce sillon qui a été creusé par la Ville de Dijon et le Département de la Côte-d’Or le 21 février lors de la signature de leur accord de partenariat. Le lieu choisi était emblématique – le palais des Expositions et des Congrès de Dijon –, et nous n’écrivons pas cela parce c’est à quelques pas qu’est plantée la Ferme Côte-d’Or durant la Foire de Dijon, non il l’était eu égard à la participation du Département au capital de DBE, aux côtés de la ville et de la métropole, qui gère depuis 2 ans cet espace.
Les désaccords politiques, pour ne pas dire plus, ont été légion entre ces deux collectivités, mais la donne a considérablement évolué, les enjeux étants tels, comme les ont listés respectivement Nathalie Koenders, François Sauvadet et François Rebsamen, que l’heure est à « la coopération dans l’intérêt des Dijonnais et de tous les Côte-d’Oriens » (la formule la plus usitée durant ce qui restera évidemment comme un événement politique majeur). Dijon étant en Côte-d’Or, la Côte-d’Or étant en France, la France étant en Europe et l’Europe étant dans un monde en pleine mutation… François Rebsamen, comme ministre de l’Aménagement du Territoire et de la Décentralisation, et François Sauvadet, comme président de l’Assemblée des Départements de France, n’ont pas manqué de les rappeler, rassemblés pour l’Europe comme « projet commun » et dans la lutte contre l’extrémisme qui n’a de cesse de monter.
Un engagement pour l’avenir du territoire
Certes, le montant de ce contrat (3 M€) s’inscrivant dans la démarche des « Grands Projets Côte-d’Or » n’a rien à voir avec celui signé en 2010 sous l’étiquette « Ambitions Côte-d’Or » (50 M€). Mais l’environnement budgétaire des collectivités est tout autre et, à l’époque, il s’agissait de financer le tram, la piscine olympique ou encore le stade Gaston-Gérard. Là, la manne financière du Département servira à la Maison des Associations, au Grand Théâtre, à l’éco-gymnase Arsenal, aux terrains synthétiques Fontaine d’Ouche, Épirey et Éveil et au gymnase Sellenet… Il serait réducteur de limiter ce partenariat durant les 5 prochaines années à sa seule dimension financière. C’est un acte fort qui illustre à quel point les temps (politiques) ont changé. À la veille du Salon de l’Agriculture, les élus de Dijon, de la Métropole et du Département ont décidé de labourer ensemble. Ésope aurait apprécié…
Xavier Grizot
Nathalie Koenders :
« Faut-il rappeler que les Dijonnais sont aussi des Côte-d’Oriens ? Il était donc important de poser les principes d’un engagement mutuel. Une démarche d’autant plus nécessaire que la ville et le département sont deux échelons de proximité, deux collectivités au cœur de la vie quotidienne. Elles sont en ce sens des repères rassurant pour les habitants qui, dans un contexte marqué par l’incertitude et les turbulences, comptent plus que jamais sur la stabilité que nous incarnons. Le Département et la ville de Dijon partagent un atout : la confiance qu’elles inspirent. Certes, nos sensibilités politiques sont différentes. Certes, la relation entre nos deux collectivités a été marquée par quelques divergences et parfois quelques tensions. Mais je n’oublie pas que nous restons animés par une même intention, celle d’agir au service des citoyens et de notre territoire ».
François Sauvadet :
« Cet accord est un travail de coopération que nous menons dans l’intérêt de tous les Côte-d’Oriens, de ceux qui y vivent, de ceux qui y travaillent, de ceux qui y étudient. Dijon est en Côte-d’Or et je veux redire que la Côte-d’Or a la chance d’avoir sur son territoire une capitale régionale. Sur ce point, nous avons une analyse partagée de ce que la Région pourrait faire de mieux.
Notre mission est d’assurer les solidarités sociales mais aussi les solidarités territoriales, sur toute la Côte-d’Or et particulièrement à Dijon. Nous avons besoin d’une capitale forte, attractive et d’un département qui assure la solidarité dans le cadre d’un équilibre ville-campagne. Nous avons ressenti, avec les votes extrêmes que nous combattons les uns les autres, un sentiment d’abandon dans les quartiers, dans les campagnes… Dans le contexte de contrainte budgétaire, nous ne devons pas renoncer à investir car cela aurait un côté accélérateur dépressif ».
François Rebsamen :
« Cela me réjouit de voir deux collectivités passer ensemble un accord de cohésion territoriale parce que la situation nous oblige. Elle nous oblige parce que l’absence de budget pénalisait non seulement les collectivités locales mais également les Français. Nous en avons un maintenant, certes il est insuffisant, mais, grâce à celui-ci, nous pouvons faire face et avancer ensemble. Nous avons plusieurs enjeux communs : nous devons conforter la défense militaire de l’Europe car nous n’avons plus d’alliés susceptible d’être des boucliers. Et nous devons lutter contre les idées d’extrême droite.
Le danger est double : à l’extérieur, c’est la première fois que des milliardaires dirigent le monde, les empires renaissent ; à l’intérieur, le mal est là : les idées de rejet de l’autre, l’extrémisme, qui s’appelle Rassemblement mais qui n’est en réalité que rejet. Certes, Dijon est un endroit où le RN progresse le moins, mais il progresse toujours trop. Il est temps qu’ensemble nous combattions ses idées et le faisions reculer ».
Photo : Vincent Arbelet





