Vous reprendrez bien un peu de Scouse ?

Une chose sur laquelle tout voyageur s’accorde est sans doute que la cuisine est une partie cruciale de tout voyage. Il peut donc paraître surprenant que je n’y dédicace une chronique qu’au bout de six mois à Liverpool.

Ceci n’est pas par manque d’intérêt culinaire. En effet, être français à l’étranger c’est partiellement devenir ambassadeur de sa propre cuisine : on me demande régulièrement quel plat français est mon préféré, et comment prononcer « croissant ». C’est par ailleurs pourquoi j’étonne la galerie quand je dis que je ne garde pas constamment du pain chez moi, que je ne mange pas de fromage et que je n’ai pas le palais pour le vin.

Cette attente s’explique plutôt par le fait qu’il y a tant à découvrir à Liverpool. Il m’a fallu commencer par les spécialités anglaises – parmi lesquelles le fish & chips et le petit-déjeuner anglais sont incontournables – avant de me tourner vers la cuisine liverpuldienne. Je confesse également m’être laissée distraire par toutes les cuisines non européennes (majoritairement asiatiques, mais aussi africaines et américaines) qu’on trouve à foison dans la ville.

Les secrets de la cuisine liverpuldienne

La cuisine liverpuldienne, donc, reflète l’histoire économique de la ville, dans le sens où elle est héritée des marins d’Europe du Nord venant pour le commerce, ainsi que de la large population ouvrière qui se refuse à gâcher les restes. Le plat fard de la ville est le Scouse, inspiré du ragoût scandinave Lobscouse (ou Lapskaus), qui est un ragoût de viande, de préférence du bœuf ou de l’agneau, et de morceaux de pommes de terre, de carottes et d’oignons. Le plat est normalement servi avec du chou rouge mariné et un morceau de pain à moitié dur. Chaque famille a sa propre recette mais, de façon générale, c’est un plat du dimanche qu’on cuisine avec les restes de la semaine. Le plat a notamment donné son nom à l’accent bien particulier de Liverpool (chaleureux mais incompréhensible de renommée) et aux habitants de la région, les Scousers.

Exploration des saveurs authentiques de Liverpool

Les liverpuldiens ont par ailleurs leurs propres desserts, à commencer par le « Wet Nelly », une sorte de pudding fait à partir de miettes de pain dur et de raisins secs, et dont le nom est malheureusement bien compliqué à traduire. Liverpool a également sa propre tarte au citron au goût à la fois acide, amer et sucré. Le citron semble être une denrée appréciée à Liverpool, car on y produit les Everton mints, incorrectement appelés pastilles à la menthe, bien qu’ils ne contiennent aucune menthe. Ces bonbons noirs à rayures blanches s’apparentent à des morceaux de caramel au goût citronné. Ils partagent d’ailleurs leur nom avec le deuxième grand club de football de la ville, c’est pourquoi on appelle parfois les joueurs d’Everton les Toffees (« caramel » en anglais).

La cuisine de Liverpool a un petit menu, mais qui ne fait pas moins la fierté des habitants. Si jamais vous avez l’opportunité d’essayer par vous-même la nourriture de Liverpool et du Royaume-Uni, méfiez-vous cependant : l’assaisonnement n’est pas toujours au rendez-vous chez les Anglais.

Léa Tribotté