Cérémonie des vœux : 2024 démarre sur les chapeaux de roue

Olympique… et politique ! Ce n’est pas parce que cela rime que nous avons décidé de retenir ces deux termes pour commenter la traditionnelle cérémonie de vœux de François Rebsamen. Mais un autre qualificatif (sportif) s’est imposé de lui-même…

Offensif… tel est, en substance, l’épithète qui pourrait le mieux qualifier le maire et président de Dijon Métropole, François Rebsamen, à l’occasion de ses vœux devant quelque 3 000 personnes le vendredi 12 janvier au Zénith. Nous pourrions ainsi écrire qu’en cette année sportive par excellence – Jeux olympiques et paralympiques, Tour de France et Championnat du monde de pétanque –, l’ancien ministre se rappela au bon souvenir de son poste de numéro 10, dépositaire du jeu de son équipe, lorsqu’il arpentait les terrains de foot. Quand il passait à la vitesse supérieure et distribuait le jeu pour vaincre l’adversité !

Lisez plutôt : « En 2024, on ne ralentit pas, on persévère. On persévère dans notre volonté d’une Ville et d’une Métropole où il fait bon vivre, où chacun peut habiter quels que soit ses revenus, une Ville et une Métropole sociales, écologiques, innovantes ». Ou encore, en matière de transition énergétique : « Sur le registre du climat, nous laissons derrière nous une année enregistrée comme la plus chaude de tous les temps. Et pourtant… Nous quittons 2023 avec le sentiment d’avoir pris notre part à l’action, car tout n’est pas négatif, loin de là, et c’est bien l’optimisme de l’action qui doit prévaloir en toutes circonstances ! »

Et l’action, dans ce domaine comme dans tant d’autres (voir les morceaux choisis ci-dessous), va se poursuivre, le pessimisme de l’inaction étant hors-jeu dans l’esprit de François Rebsamen. Avec, évidemment, la notion d’équipe chevillée au corps : « C’est parce que nous formons une grande et belle équipe, diverse, que nous pourrons continuer dans la voie de l’engagement, pour une société progressiste, plus juste, fondée sur les principes de l’universalisme ! » D’ailleurs le slogan du film dynamique présenté avant son intervention n’était autre que : « A Dijon, l’engagement est un sport d’équipe ! »

« A bon entendeur… »

Tout en défendant le bilan d’une « métropole européenne et internationale, qui ne se tient pas à l’écart des grands enjeux du monde, bien au contraire », François Rebsamen n’a pas manqué de porter quelques coups. En cette année d’élections européennes (le 9 juin prochain), il a taclé l’extrême droite : « L’avenir est entre nos mains. Que voulons-nous faire de cette Europe ? Je nous mets en garde : cette élection, ça n’est pas une répétition de l’élection présidentielle française ou des élections législatives. L’enjeu, c’est l’Europe et la vision que nous voulons porter, avec sérieux. Si nous ne voulons pas d’une Europe d’extrême droite, si nous voulons une Europe sociale, démocrate, il faudra nous mobiliser ! »

Le maire de Dijon n’a pas manqué non plus d’afficher les « différences d’approche fondamentale avec le président du Conseil Départemental ». Que ce soit sur la Culture, pour laquelle « la subvention de 3 700 € du Département pour la Vapeur, ouverte à tous les habitants, y compris ceux de la Côte-d’Or » lui laisse toujours un goût amer… Ou sur la tarification des repas scolaires : « Certains prônent le repas à la cantine à un tarif unique pour tous. D’autres – j’en suis – pensent que moduler les tarifs selon le revenu des familles est plus juste et beaucoup plus équitable ». Sans oublier « le traitement des déchets de 92% des habitants de Côte-d’Or… pendant que d’autres affichent le slogan « 100% Côte-d’Or ! »

Et, pour revenir à l’univers sportif, un message n’est pas non plus passé inaperçu : « Nous aurons le Tour de France le 12 juillet à Dijon. A bon entendeur salut, c’est grâce à ma première adjointe Nathalie Koenders. Et à personne d’autre, si vous voyez ce que je veux dire. C’est elle qui a obtenu cela ! » Quand l’on vous disait que, politiquement, cette année 2024 démarre sur… les chapeaux de roue !

Xavier Grizot

 

Le Zénith et les Miss France

« C’est le Zénith de France qui enregistre les meilleurs résultats en termes de fréquentation. Nous sommes ici tout juste quatre semaines après la soirée des Miss France. Certains ont pu faire la fine bouche, j’ai entendu quelques tentatives de polémiques ici où là. Pour ma part, et sans ambiguïté, je suis très heureux que notre Zénith métropolitain ait pu, 10 ans après une première édition, offrir à 9,1 millions de téléspectateurs – soit la plus forte audience jamais obtenue – de découvrir un peu de Dijon à travers des images de promotion de la ville. C’est bon pour l’économie puisque cela représente environ 5 400 nuitées. Dans une ville qui consacre presque 25% de son budget à la culture, nous n’avons à rougir de rien ! »

« Les bruits de bottes »

« Je crois pouvoir dire que nous quittons 2023 sans regrets, tant au plan international elle aura été éprouvante et violente. Le chaos, les bruits de bottes et la fureur se sont répandus sur la planète. Nous voyons des régimes réactionnaires, extrémistes, totalitaires, avec à leur tête des despotes qui n’ont aucun respect de l’être humain et qui mettent en péril nos démocraties européennes. Après l’invasion de leur pays par la Russie, les Ukrainiens viennent de passer le second Noël dans la guerre. Cette guerre aux portes de l’Europe est un drame qui nous concerne (…)

Le conflit israélo-palestinien est une véritable horreur. Outre le fait que le Hamas est une organisation terroriste et qui se comporte comme telle. La situation à Gaza est absolument insoutenable pour les populations civiles (…) Quelle autre solution que celle où vivraient côte à côte deux États qui se respectent ? Quelle autre réponse que celle de l’universalisme des valeurs et sans cesse proclamer notre haute vision de l’humanité pour écrire un avenir de paix, de liberté, de solidarité et de reconnaissance de la dignité de l’autre ? »

« Transition écologique : l’optimisme de l’action »

« Notre ambition de faire de Dijon la première vraie métropole écologique de France est à l’œuvre (…) Notre métropole produit davantage d’énergie qu’elle n’en consomme pour son propre patrimoine et le fonctionnement de ses propres services. (…) Nous avons fait le choix d’investir massivement (…) Et nous traitons les déchets de 92% des habitants de Côte-d’Or (…) Nous sommes impliqués dans trois grands programmes européens dont « Response », qui vise à faire de Fontaine d’Ouche un quartier à énergie positive… En ce début d’année circulent dans notre métropole les premières bennes à ordures à hydrogène. C’est une première en France ! (…) Et ce que nous voulons en 2024 pour Dijon Métropole, c’est accélérer le virage écologique. Accélérer, avec comme préoccupation première celle des conditions de vie des habitants ! »

« La France a besoin des talents étrangers »

« L’enseignement supérieur est absolument crucial pour l’avenir de nos territoires et leur attractivité. Je suis fondamentalement convaincu que nous avons raison de miser sur l’enseignement supérieur pour attirer des jeunes, avec la volonté de les retenir et de leur proposer des emplois. Dijon compte 40 000 étudiants, dont 3 500 étudiants internationaux et je le dis sans arrière pensée : ils sont bienvenus à Dijon, et je regrette le très mauvais signal donné par le durcissement de leurs conditions d’accueil dans la loi immigration, sur laquelle je me suis exprimé par ailleurs. Je crois que l’attractivité de la France en matière de compétences mondiales a besoin des talents étrangers ».

L’anniversaire de l’appel de l’Abbé Pierre

« J’assume la construction de logements, et je l’assume a fortiori dans la période à venir. Comme pourrait le dire Régis Debray, « pour se dépasser, il faut commencer par s’assumer », et bien j’assume la politique du logement comme un fondamental de notre politique sociale, écologique et économique. Le 1er février, la fondation Emmaüs célébrera le triste 70e anniversaire de l’appel de l’Abbé Pierre. C’est un devoir d’élu d’offrir à tous nos concitoyens un logement abordable, un endroit où vivre dans des conditions décentes. Mais nous allons vers des temps difficiles… Le logement, les transports et l’alimentation sont les 3 grands enjeux d’une politique de transition. La densification raisonnable est un notre objectif, et non l’étalement urbain au détriment des terres agricoles ».

« La jeunesse, le souffle de l’avenir »

« La jeunesse est présente comme chaque année, incarnée par les enfants du Conseil municipal des enfants de Dijon. Chers enfants, vous êtes le souffle de l’avenir. Vous êtes les gardiens de notre Histoire. C’est à nous que revient la responsabilité de vous apprendre à connaître l’histoire, à promouvoir l’humanisme. Si notre vigilance faiblit, les horreurs du passé peuvent se répéter. Il est crucial que nul ne l’ignore. Comme le disait Martin Luther King : « Nos vies commencent à finir le jour où nous devenons silencieux à propos des choses qui comptent ». Alors, soyons ensemble les gardiens vigilants de la démocratie et de la laïcité ».