Liverpool : Le tourisme des Beatles tourne à plein régime

Fraîchement débarquée à Liverpool pour y faire mes études, c’est l’aéroport John Lennon qui m’ouvre les portes du Royaume-Uni. Pour me rendre à mon logement, j’indique au chauffeur de taxi de venir me chercher devant la sculpture géante d’un certain sous-marin jaune, trônant fièrement sur le parking de l’aéroport. Il me semble donc indiscutable de dédier ma première chronique aux quatre garçons dans le vent – ou « Fab Four » (les Quatre Fabuleux) comme on les appelle de l’autre côté de la Manche.

Ma première mission une fois installée est donc de partir sur les traces des Beatles, une entreprise qui se révèle bien facile quand je découvre toutes les attractions et activités offertes aux quelques millions de touristes annuels qui se rendent à Liverpool pour les Beatles. Avec, entre autres, deux musées sur le groupe de rock, pas moins d’une dizaine de statues et sculptures en leur honneur ainsi qu’une visite guidée de la ville à travers tous les lieux clés de leurs vies et de leur carrière dans une reconstruction exacte du bus du film Magical Mystery Tour – un parcours haut en couleur avec lequel notre propre parcours de la chouette aurait malheureusement du mal à rivaliser –, le tourisme des Beatles tourne à plein régime.

Et pour cause, Liverpool doit beaucoup à ses quatre garçons dans le vent. Entre les dégâts causés par la Seconde Guerre Mondiale – Liverpool étant la deuxième ville anglaise la plus bombardée – et le déclin économique des années 80 dû à la soudaine désindustrialisation du pays et aux politiques conservatrices du gouvernement Thatcher qui négligea majoritairement le nord de l’Angleterre, un tourisme articulé autour des Beatles fut l’une des solutions qui permit à Liverpool de se redresser. Le quai royal Albert (« Royal Albert Dock ») sur les rives du Mersey fut par exemple réhabilité pour accueillir le tout premier musée dédié aux Beatles.

Non seulement économiquement, mais aussi musicalement : Liverpool, sa culture ouvrière, son Penny Lane et ses champs de fraises, ou encore son accent si particulier, le Scouse, font partie intégrante de leur identité musicale et de leur succès. Comme on dit en anglais, les Beatles mirent Liverpool sur la carte. Les bars où ils firent leurs débuts ou encore la rue Mathew Street reçurent par la suite les grands noms de la musique anglaise – Queen, les Rolling Stones ou Elton John pour n’en citer que quelques uns – et accueillent aujourd’hui les nouvelles générations de musiciens ambitieux. La ville est devenue une véritable ruche d’activité musicale, appréciée autant par les touristes que par les Liverpuldiens.

C’est peut-être durant mes promenades les plus anodines que je remarque le mieux cet attachement : il n’est pas rare d’apercevoir des graffitis ou autocollants des paroles des Beatles et autres messages de paix sur une plaque de rue ou à l’arrière d’un bâtiment, autant qu’il est difficile de se rendre au pub du coin sans entendre une de leurs chansons. Près d’un demi-siècle après leur séparation, une chose reste certaine : le cœur de Liverpool bat toujours au rythme des Beatles.

Léa Tribotté