Pour l’aéroclub de Côte d’Or, le déconfinement s’annonce particulier. Jean Wiacek, le président de l’association, a dû réfléchir à un ensemble de mesures à adopter. Aussi bien au sol que dans les airs.
C’est en 1976, que pour la première fois, Jean Wiacek goûte aux sensations du pilotage d’un avion. Une passion qui, peu à peu, a pris une place considérable dans sa vie. C’était à l’aérodrome de Dijon et il garde un bon souvenir de cette formation qui lui a apporté autonomie et rigueur. Le plus important pour Jean Wiacek, c’est la maturité et la responsabilité que l’on gagne au fur et à mesure que l’on se forme.
Il faut savoir qu’être pilote n’est pas aussi simple que cela en a l’air… En effet, comme le souligne avec humour Jean Wiacek, une fois dans le ciel, il est impossible de faire machine arrière ou encore de s’arrêter sur le côté… Il est donc très important d’être en pleine possession de ses moyens et de faire les bons choix. Trente-sept années se sont écoulées depuis qu’il a intégré l’association. En 1983, il commence en participant au comité de direction. Puis, en 1992, il en devient le président.
L’association est née en 1923 sur l’aérodrome militaire de Longvic. À l’origine, ce sont des aviateurs passionnés qui désiraient partager les sensations de liberté avec des civils. Ils proposaient des formations de parachutisme. En 1945, après la guerre, l’activité a repris de plus belle avec l’arrivée d’avions à réaction. C’est grâce à Pierre Robin, un constructeur d’avion et instructeur, que l’aéroclub se retrouve à Darois. Il a cherché un terrain de substitution afin d’y installer l’aéroclub. Le terrain de Darois était propice à ce genre de prestations car il se situait loin de la route et des habitations. À l’époque, celui-ci portait le nom d’« aéroclub de Dijon Val Suzon » avant de devenir « Dijon Darois ».
Quant à l’équipe, elle est composée de douze instructeurs bénévoles. Du suivi de la maintenance des appareils à la gestion de la propreté de la piste, chaque membre se voit attribuer une tâche qui lui est propre. Les permanences ont été poursuivies même pendant la période de confinement. L’association a réclamé des dérogations pour que les pistes restent accessibles et propres. Les vols étant interdits, il fallait néanmoins obtenir une autorisation pour faire tourner les avions au moins une fois par mois minimum.
Un autre problème, cette fois d’ordre humain, c’est le handicap que vont rencontrer les pilotes en apprentissage. Après cette longue période qui les a privés de vols, il est probable qu’ils aient régressé. Ce qui ne manque pas d’inquiéter Jean Wiacek. Dorénavant, seuls ceux qui auront de l’expérience reconnue par un diplôme pourront voler. Cela signifie qu’un seul pilote par avion sera autorisé à voler dans un périmètre de 100 km autour de chez lui.
Pour ce qui est des élèves en cours de formation, le danger est plus élevé car leurs acquis ne sont pas solides. Leur reprise n’est pas encore prévue. Les vols à deux personnes ne sont pas encore autorisés car nous sommes encore dans une zone relativement infectée. Beaucoup d’interrogations et d’inquiétudes pour Jean Wiacek qui espère raviver la flamme de son association car pour lui l’aérodrome est un lieu de convivialité. D’autant plus que les rassemblements seront limités à dix personnes.
Quant aux mesures sanitaires qui seront mises en application, voilà comment compte s’organiser le comité de direction de l’aérodrome : chaque appareil sera désinfecté avant et après utilisation, le port du masque est obligatoire. Le côté financier est tout aussi touché que n’importe quel commerce. Pas une seule rentrée d’argent depuis deux mois. Il faut espérer que les vols de formations puissent reprendre, car ils représentent la moitié de l’activité de l’association.
Alice Capezza





