Après une visioconférence avec Jean-Michel Blanquer, François Rebsamen : « Réussir la rentrée scolaire ! »

Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a répondu ce samedi 25 avril aux nombreuses questions des maires des grandes villes de France à l’invitation de François Rebsamen. Le maire et président de Dijon métropole a fait le point à l’issue de cette visioconférence sur les annonces majeures faites par le ministre pour le retour des élèves à l’école.

 

En tête du tableau (noir) des interrogations sur le monde d’après, figure la reprise de l’école. Pour preuve, selon le dernier sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour France Info et Le Figaro, pas moins de 64% des parents ne comptent pas renvoyer leurs enfants sur les bancs de l’école. Et ce, parce que les interrogations sont nombreuses… Certes le gouvernement a d’ores et déjà dévoilé le calendrier étalé sur 3 semaines : les grandes sections de maternelle, les CP et CM2 à partir du 11 mai ; les 6e, 3e, 1re et terminale le 18 mai ; l’ensemble des autres niveaux devant patienter jusqu’au 25 mai. Le tout, selon un principe fondamental : « Le volontariat des parents ».
Mais nombre de questions demeurent encore en suspens : quid du protocole sanitaire, sera-t-il le même pour les plus jeunes et les adolescents, quid du port des masques, ne concernera-t-il que les enseignants, quid de la restauration scolaire, pourra-t-elle être maintenue… et la liste des interrogations est aussi longue que le théorème de Fermat qui a traumatisé nombre de jeunes mathématiciens.

Aussi, afin d’avancer plus vite et d’être en ordre de marche dès le 11 mai mais aussi de « rassurer les parents car sinon beaucoup ne remettront pas leur enfant sur le chemin scolaire », le maire et président de la Métropole, François Rebsamen, a souhaité que le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, soit l’invité de l’assemblée plénière de l’association France Urbaine et de sa désormais traditionnelle visioconférence du samedi après-midi depuis le début du confinement. Le sujet étant d’importance, aucun maire des 42 plus grandes villes de l’Hexagone – de Paris à Lyon, en passant par Marseille, Montpellier, Nantes, Le Havre etc. – ne manquaient à l’appel pour ce rendez-vous virtuel. A l’issue, le premier magistrat dijonnais a fait le point lors d’une (visio) conférence de presse. Voici les annonces majeures relatées par François Rebsamen à l’occasion de ce rendez-vous médiatique… confiné :

 

« Le retour à la scolarité »

François Rebsamen : « Nous avons, par le biais du maire de Rouen, responsable à France Urbaine du secteur de l’Education nationale, présenté au ministre nos desiderata en la matière : nous souhaitons la réussite de la rentrée. Nous avons 15 jours pour la préparer et si nous n’avons pas d’informations avant le 2 mai, nous ne serons pas en capacité d’ouvrir le 11 mai. Aussi voulons-nous des règles nationales claires et précises. Nous pensons qu’il est utile de rouvrir l’école avant l’été. Nous n’allons pas laisser les enfants sans scolarité ».

 

« La doctrine sanitaire sous 48 heures »

François Rebsamen : « Le ministre a demandé – et cela semble être une doctrine adoptée – pas plus de 15 élèves par classe pour des raisons sanitaires. Nous attendons la doctrine sanitaire qui devrait être annoncée sous 48 heures et que la journée scolaire ne se fasse pas en demi-journée comme cela a été annoncé. Nous considérons en effet qu’il n’est pas possible aux mairies de faire une désinfection en milieu de journée ».

 

« Deux jours de cours »

François Rebsamen : « Nous avons demandé que les classes soient coupées en deux et que les groupes aient deux jours pleins de classe : par exemple, les uns le lundi et le mardi et les autres le jeudi et le vendredi. Jean-Michel Blanquer, qui a peur de dire des choses puisqu’il s’est fait taper sur les doigts plusieurs fois, est d’accord et pense, lui aussi, que c’est mieux. Nous avons obtenu cela et c’est une bonne chose ! Les enfants en RED ou RED + auraient une semaine complète puisque ce sont des classes de moins de 15 élèves. Le 11 mai sera la prérentrée des enseignants. Il a confirmé que les premiers rentreront à partir du 12 mai. »

 

« Les masques à la charge de l’Education nationale »

François Rebsamen : « Le ministre a déclaré que les enseignants porteront des masques grand public. Il attend l’avis du conseil scientifique pour savoir si l’on met des masques aux enfants. Si besoin, c’est l’Education nationale qui les fournira. En revanche, il n’a pas parlé du personnel municipal qui sera présent. J’en ai conclu qu’il revenait aux maires de prendre en charge les masques du personnel municipal. A nous de nous organiser ! »

 

« Le mercredi pour le rattrapage scolaire »

François Rebsamen : « Nous avons demandé, notamment dans les villes où il y a 4 jours et demi de cours par semaine, de consacrer le mercredi matin au rattrapage scolaire pour les enfants qui ont décroché. Il nous a déclaré que 4% des enfants étaient concernés et que ce n’était pas un mauvais résultat par rapport aux autres pays du monde. Cela fait tout de même pas loin de 500 000 enfants… »

 

« Une nouvelle idée : SSCC »

François Rebsamen : « Jean-Michel Blanquer a annoncé une nouvelle idée appelée SSCC. Il propose qu’hors du temps scolaire nous puissions faire de l’éveil, de l’animation à la santé, au sport, à la culture et au civisme. Mais nous sommes là encore dans l’interrogation : le maire de Clermont-Ferrand a ainsi demandé en bon Auvergnat qui allait financer… »

 

« Quatre situations différentes »

François Rebsamen : « Selon le ministre, les élèves pourraient se retrouver dans 4 situations : à l’école par groupe de 15 sur deux jours, à la maison en enseignement à distance, à l’étude mais à définir selon le bâti scolaire et le personnel ou dans le dispositif spécifique SSCC. Tout cela sera fait sur la base du volontariat ».

 

« Le problème de la cantine »

François Rebsamen : « Se pose encore le problème de la cantine. Il faut que l’on sache rapidement combien d’enfants nous aurons. Qui fera ce sondage ? Je pense qu’à Dijon c’est la Ville qui enverra des Sms aux parents pour savoir s’ils remettent leurs enfants à la cantine. Les bâtiments ne pouvant pas être étendus, peut-être pourrions-nous étaler plus le temps de la restauration scolaire. Nous sommes capables de faire ainsi 3 services ».

Camille Gablo