La tradition veut que le Brésil envoie ses stars en France. Et que des représentants français aillent avant les superviser en Amérique du Sud… Ceci, c’est dans le monde footballistique ! Dans l’univers numérique, c’est l’inverse. Et Dijon fait dorénavant partie des étapes incontournables… sur le terrain international !
Depuis quelques temps, le Brésil fait couler beaucoup d’encre… Les déclarations sans limite (s) de l’ex-militaire d’extrême droite devenu président y sont pour beaucoup (souvenez-vous des échanges avec Emmanuel Macron sur les incendies ravageant l’Amazonie !). Tout comme le feuilleton estival du « je t’aime/moi non plus » de Neymar avec le PSG dans un mauvais remake de sa « remontada » au Barça – il semble même que dans ce domaine l’été soit… indien puisque le père de la star brésilienne a annoncé que son fils ne serait heureux qu’en Catalogne !
Eh bien, pour une fois, nous allons évoquer le Brésil en oubliant un instant Jail Bolsonaro (ce n’est pas difficile) et le ballon rond (un peu plus dur).
Un lien existe tout de même avec Barcelone, puisque c’est dans la cité de Messi (ou Gaudi pour les adeptes de la Sagrada Familia) que Dijon a joué dans la cour des grands : ce n’était pas au Camp Nou, dans le temple du football, mais lors du Salon mondial Smart City en novembre 2018. Dijon s’est, en effet, hissée parmi la short list finale du World Smart City Awards, autrement dit du concours mondial de la ville intelligente. Pas moins de 473 projets, issus de 57 pays, étaient en lice et Dijon, enfin plus précisément Dijon métropole, avec son projet de Smart City, a fait partie des collectivités finalistes.
« We are the champions »
A ses côtés, comme nous vous l’avions relaté à l’époque, figuraient tout de même Londres, Florence, Melbourne, Santiago du Chili, Haïfa et Singapour. Certes, la chanson de Freddy Mercurie, « We are the champions », n’a pas résonné pour Dijon, puisque c’est Singapour (la 2e ville d’Asie forte de 4,5 millions d’habitants) qui a soulevé la coupe mais cette belle médaille avait tout de même valeur de consécration. Aussi, vous ne serez pas surpris d’apprendre que les délégations se succèdent afin de venir voir le fonctionnement de OnDijon. La gestion connectée de l’espace public – une démarche inédite s’appuyant sur l’Open Data afin d’améliorer l’ensemble des services publics sur le territoire métropolitain en associant les citoyens – intéresse largement au-delà de nos frontières. Le projet dijonnais, réalisé grâce à un partenariat public-privé avec le groupement composé de Bouygues, Citelum (groupe EDF), Suez et Capgemini, fait ainsi des émules… comme vous l’aurez compris, jusqu’au Brésil.
Des délégations originaires de Belo Horizonte ainsi que de Curitiba se sont, en effet, rendues le 10 septembre au Poste de commandement connecté (PPC) d’OnDijon regroupant le PC sécurité, le PC Police municipale, le Centre de supervision urbaine, le PC Neige et Allô Mairie. En attendant prochainement le PC circulation de Keolis. Des représentants de ces deux villes de 2,4 millions et de 1,7 millions d’habitants – les capitales respectives des états du Minas Gerais et du Parana –, ont bénéficié d’une visite pilotée par Denis Hameau, conseiller de Dijon Métropole, en charge de ce programme d’envergure. Celui-ci leur a détaillé le projet, en insistant, notamment, sur « la transversalité et la synergie qui permettent de travailler de manière plus efficace et plus intelligente au service des citoyens ».
Flocage de maillot
Tout en évoquant « la sécurisation des données, dans le respect des libertés individuelles », l’édile dijonnais a expliqué : « La technologie est ici au service de la réponse la plus efficace mais c’était un véritable pari de faire travailler en équipe quatre grands groupes nationaux et internationaux ». Un pari réussi, si l’on en croit les nombreuses questions et les remarques des Brésiliens, qui échangeaient grâce à deux traducteurs. L’un d’entre eux nous confiant : « C’est l’avenir et nous devrions tenter de nous en inspirer. Même si les problématiques sont un peu différentes chez nous, il faut que nous avancions vers des territoires connectés. L’approche est ici très intéressante ».
Accompagnant ces délégations, Céline Colucci, déléguée générale des Interconnectés/Réseau des territoires innovants, première association nationale au service de l’innovation numérique des collectivités, n’a pas manqué de souligner : « OnDijon représente l’équipement le plus à jour actuellement. La globalité de ce projet est remarquable ».
Après avoir vu les PC de la Ville de Paris ainsi que du quartier de la Défense, les Brésiliens ont ainsi fait étape à Dijon. Il faut dire que sur le maillot de la métropole est dorénavant floqué en lettres capitales : ONDIJON !
Camille Gablo





