A Dijon, les meublés touristiques commercialisés par les plateformes telles Airbnb dépasseraient les 2250… L’UMIH (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie) de la Côte-d’Or et son président Patrick Jacquier poursuivent leur mobilisation contre « cette concurrence déloyale ». Ils ont convié Laurent Duc, président de la branche hôtellerie de l’UMIH nationale, afin de sensibiliser, notamment, les collectivités à appliquer la loi.
« Un hôtel par jour a fermé depuis 10 ans en France », tel a été le constat alarmant dressé par le président de la branche hôtellerie de l’UMIH nationale, Laurent Duc, œuvrant depuis des années auprès des pouvoirs publics pour la mise en place d’un cadre législatif pour les plateformes de location, Airbnb en tête ! Un chiffre sans appel expliquant la mobilisation des professionnels contre « cette concurrence déloyale », qui permet à des loueurs de faire de l’hôtellerie sans les mêmes contraintes et les mêmes charges. Particulièrement mobilisé sur le sujet, comme l’on a pu le constater lors de la dernière assemblée générale, le président de l’UMIH 21, Patrick Jacquier, a convié ce spécialiste de la question (et du droit) afin qu’il détaille les règles instituées au fil du temps par la loi Alur en 2014, la loi sur la République numérique en 2016 puis la loi Elan en 2018. « Nous ne demandons que la transparence et l’équité. Notre objectif est de faire appliquer la loi. Il est nécessaire de mettre en place la procédure du changement d’usage du bien loué. Et seul le maire a la main dans ce domaine », a insisté Laurent Duc, tout en constatant : « C’est beaucoup plus facile ici à Dijon avec une mairie vertueuse. Sachez que c’est complètement différent dans d’autres villes comme Marseille par exemple ». Ce changement d’usage est une autorisation préalable temporaire concernant les particuliers dont les meublés (hors résidence principale) sont loués de manière répétée pour de courtes durées à une clientèle de passage. « La loi préconise des sanctions de 5000 € si aucune télé-déclaration n’est effectuée de la location touristique auprès de la mairie, la plateforme pouvant être condamnée, quant à elle, à plus de 12 500 € si l’annonce en ligne ne fait pas mention du numéro d’enregistrement », a-t-il ajouté, non sans évoquer le cercle vertueux de la réglementation : « Cela permet de préserver l’emploi dans l’hôtellerie mais aussi de conserver du logement dans les centres-villes. Si nous ne faisons rien, il n’y aura bientôt plus d’habitation disponible dans les cœurs de ville. Sachez qu’à Venise ou à Barcelone, il est désormais impossible de trouver un logement ».
« 620 déclarations à Dijon »
A proximité du palais des Ducs à Dijon, cela n’a certes rien à voir avec les alentours de la place Saint-Marc ou de la Sagrada Familial mais le nombre d’annonces actives sur les plateformes (1), chiffrées à 2253 (dont 1423 sur Airbnb), dépasse tout de même celui des chambres proposées par les 37 hôtels classés (2037). En Côte-d’Or, sachez que ce nombre atteint 6900 contre 6069 chambres recensées dans les 164 hôtels classés répertoriés (selon les données d’Atout France). Des chiffres qui ne passeront pas, c’est certain, inaperçus ! Et la situation d’être aussi préoccupante à Beaune où 28% des loueurs sont multi-propriétaires (18% à Dijon).
Vice-présidente de Dijon Métropole déléguée aux relations internationales et au tourisme, Sladana Zivkovic, a annoncé que « 620 loueurs avaient effectué dans la capitale régionale une déclaration ». Du côté de Beaune, ils sont 464 à avoir clarifié leur situation. Une démarche, rappelons-le, qui se traduit par le versement de la taxe de séjour aux collectivités, servant à financer les actions des offices de tourisme.
Le président de la branche hôtellerie n’a pas manqué non plus de faire un autre comparatif à l’échelle nationale : « L’ensemble des hôteliers et des résidences de tourisme versent 360 M€ de taxe de séjour, alors que celles collectées par Airbnb ne s’élèvent qu’à 24 M€. Ils le font en toute opacité et cela n’a pour but que de leur donner de la notoriété ». Patrick Jacquier a, quant à lui, tenu à faire le distinguo entre « les hôteliers qui pratiquent l’hospitalité pour laquelle ils forment leurs employés et les commerces fantômes ».
Une chose est sûre : douze ans après la création à San-Francisco par deux jeunes designers californiens de cette plateforme communautaire, Airbnb et l’UMIH ne partiront pas en vacances ensemble…
Camille Gablo
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Les meublés de tourisme à Dijon en chiffres
2253 annonces actives sur toutes les plateformes
1423 annonces actives sur Airbnb
58 € le prix moyen à la nuit
1,2 chambre en moyenne par meublé
3,6 personnes : capacité moyenne d’accueil
18% des annonceurs sont multi-propriétaires
35% des annonces disponibles à la location plus de 6 mois
Selon Trackeet pour Atout France





