François Hollande de retour… à Dijon

Lorsquil était président de la République, François Hollande aimait venir régulièrement à Dijon, sur les terres de François Rebsamen. Depuis quil ne lest plus, il apprécie tout autant la capitale régionale. Pour preuve, après être passé en juin pour une séance de dédicaces à la librairie Grangier, cest comme président de la Fondation « La France sengage » quil a visité vendredi 23 novembre lépicerie solidaire, Le Cœur Dijonnais

 

Il est encore bien trop tôt pour dire si François Hollande réussira son retour sur le devant de la scène politique mais, une chose est sûre, il a d’ores et déjà effectué son come backà Dijon. Depuis son échange récent avec l’une de ses admiratrices à la foire du livre de Brive-la-Gaillarde – pour son ouvrage Les Leçons du Pouvoir–, où il répondit, à la question sur son « retrait intégral ou non de la vie politique » par cette formule qui a fait grand bruit, « non, je vais revenir », ses déplacements sont scrutés à la loupe… Et pas seulement, par les médias !

L’ancien président de la République était ainsi vendredi 23 novembre sur les terres de celui qui fut son numéro 2 au PS avant de devenir, par la suite, ministre du Travail jusqu’à son retour à Dijon après le décès d’Alain Millot. Le maire de Dijon, François Rebsamen, l’a, en effet, accueilli comme président de… la Fondation « La France s’engage » ayant pour objectif de soutenir des initiatives innovantes, notamment dans le domaine de l’économie sociale et solidaire.

Avant de participer à la table ronde des « Journées de l’économie autrement », troisièmes du nom, salle des Etats au palais des Ducs, François Hollande a visité Le Cœur Dijonnais, une épicerie solidaire (mais pas seulement…) dont le concept innovant a réussi à s’imposer dans l’agglomération depuis sa création le 21 décembre 2015.

« Pas une épicerie bas de gamme »

Et la dynamique n’est pas prête de s’arrêter puisque cette épicerie doublera sa surface dans les prochains jours pour atteindre 400 m2 (avec une réserve de 550 m2 contre 50 m2 actuellement, un laboratoire et une importante chambre froide de 80 m2), la création d’une boutique et d’une cafétéria solidaire, impasse Clément-Désormes dans la zone située face à Ikea à Dijon. Cette association prévoit également de se développer en s’implantant sur Chenôve.

François Hollande a pu échanger, à cette occasion, avec un autre président (de l’association cette fois-ci) Lakhdar Zelbouniqui lui a expliqué comment Le Cœur Dijonnais réussit autant à battre… afin d’améliorer le quotidien des personnes en situation de fragilité sociale, « travailleurs pauvres, personnes bénéficiant des minimas sociaux, mais aussi de plus en plus d’étudiants et de retraités » : « Notre différence, c’est la proximité que nous avons avec nos bénéficiaires. Nous ne sommes pas dans la quantification que je considère comme du rationnement. Grâce à une carte numérique et un accès anonyme, les bénéficiaires, qui peuvent conserver pleinement leur dignité, ont un choix libre sur leurs achats. Cela permet aussi de les responsabiliser comme s’ils fréquentaient un magasin classique. Ce n’est pas une épicerie bas de gamme et nous proposons une grande diversité de produits que nous négocionsâprement avec les fournisseurs, afin d’éviter la monotonie des produits qui peut générer une insécurité alimentaire ».

Les gilets jaunes

Et ce concept de fonctionner pleinement puisque Le Cœur Dijonnais compte 6 salariés, sans compter les jobs d’été, et ce, sans aucune subvention, réalisant un chiffre d’affaires de 890 000 euros et s’autofinançant entièrement… Une initiative novatrice que François Hollande souhaite « voir être reproduite au niveau national » : « Cela pourrait permettre de créer beaucoup d’emplois. Ce modèle, économiquement viable et dont l’impact social est conséquent, devrait être transposé ailleurs sur le territoire. Cette expérience pourrait permettre à d’autres de gagner beaucoup de temps », a constaté l’ancien président de la République, qui n’a pas manqué d’être interrogé par les journalistes présents sur l’actualité politico-sociale du moment. Et, vous vous en doutez, la mobilisation des gilets jaunes étaient sur toutes les bouches : « A un moment, face à ce type de contestation, la concertation est nécessaire et il faut savoir trouver un débouché », a-t-il expliqué. Un message (non déguisé), par micro et caméra interposés à son ancien ministre de l’Economie et actuel successeur à l’Elysée, Emmanuel Macron. Deux jours plus tard, (ce n’était plus à Dijon mais sur les ondes de France Inter), alors qu’il était invité pour aborder la COP 24, le prochain sommet sur le climat, il fut encore plus clair : « Ce qui marquera le début de son quinquennat, c’est la suppression de l’impôt sur la fortune (ISF) ». Une façon de glisser qu’Emmanuel Macron paye aujourd’hui « le cadeau fiscal fait aux plus aisés ».

Mais revenons à sa visite à Dijon où François Hollande a botté, à chaque fois, en touche, lors des questions sur son éventuel retour au premier plan politique. Son intervention, le soir, à l’occasion de la Fête de la Rose organisée par la fédération du PS de Côte-d’Or au palais des Congrès de Dijon, en présence de plus de 200 personnes – où il a, seulement, déclaré « je suis toujours là » – n’a pas manqué, elle aussi, d’être commentée. Reviendra, reviendra pas, telle est la question… hollandaise !Camille Gablo

 

Leg 1 Le maire de Dijon, François Rebsamen, et lancien président de la République, François Hollande, ont visité lépicerie solidaire, Le Cœur dijonnais, dirigée par Lakhdar Zelbouni (photos Ludovic Charron)