Spécial Immo : Les prix se rééquilibrent dans les quartiers de Dijon

 

Ce « Spécial Immobilier » que vous propose Dijon l’Hebdo s’appuie sur le baromètre que publie la Chambre des Notaires de Côte-d’Or. Un baromètre qui prend en compte la période allant du 1er novembre 2016 au 31 octobre 2017. Me Pascal Massip en décrypte les principales tendances.

Dijon l’Hebdo : Quels sont les enseignements que vous tirez de cette année qui vient de s'écouler ?

Pascal Massip : « Ce qu'il faut constater, c'est une évolution très différente entre les volumes et les prix. Pour ce qui concerne les volumes, 2017 a été une année en contraste avec un très fort niveau de ventes notamment jusqu'au début de l'automne et un ralentissement constaté dans les derniers mois. Néanmoins, dans l'ensemble, énormément de ventes ont été traitées. »

DLH : Comment explique-t-on cette bonne situation ?

P. M : « C'est un redémarrage après l'attentisme constaté en 2014 et 2015. Un redémarrage qui a commencé en 2016 et qui s'est très largement confirmé en 2017. Ce redémarrage est lié aux taux d'intérêt qui restent très bas, conforté en Côte-d'Or par des niveaux de prix qui restent raisonnables.

Quand on est sur des prix qui reflètent la réalité du marché, les ventes vont se faire dans des volumes très importants. Si on devait sortir de cette réalité, on pourrait craindre un fort ralentissement des ventes. Le marché de l’immobilier à Dijon ne ressemble aucunement à celui des très grandes villes où il y a un véritable manque de biens. Chez nous, il y a des stocks suffisamment importants pour répondre aux besoins. Je ne vois donc pas de raisons particulières qui entraîneraient à Dijon et en Côte-d’Or une envolée des prix. »

DLH : Des prix qui sont plutôt bas ?

P. M : « Effectivement, on est sur des prix qui restent même parfois très bas. Pour les appartements anciens, on constate, en Côte-d’Or, une baisse du prix moyen de 1,7 % et de 2,1 % à Dijon.

Pour les maisons, on reste à des niveaux de prix là aussi très raisonnables. En Côte-d’Or, par exemple, les prix n’ont augmenté en moyenne que de 0,9 % et seulement de 0,5 % sur Dijon. C’est donc une stabilisation des prix à laquelle nous avons été confrontés. Stabilité qui traduit aussi un intérêt : le rapport prix du bien immobilier avec un loyer possible. Sur Dijon, on va s’apercevoir que la rentabilité des loyers sera de l’ordre de 7 à 8 %. Concrètement, quelqu’un qui cherche à se loger a intérêt à acheter plutôt que rester locataire. Bien évidemment, la situation ne serait plus la même dans l’hypothèse où les prix viendraient à augmenter.

Les prix vont se différencier selon les secteurs. Certains tirent leur épingle du jeu comme le centre sud de Dijon où l’on constate une progression de 3,7 %. Par contre, dans les faubourgs nord, la baisse de 4,9 %. dans le secteur de l’hôpital, la baisse atteint même 10,2 %. »

DLH : Qu’est-ce que traduisent ces fluctuations du marché ?

P. M : « Tout simplement un rééquilibrage des prix. L’attrait pour certains quartiers restent très prégnants. C’est le cas du centre nord et du centre sud de Dijon où l’on a des niveaux de prix élevés à 2 200 € du m². On est là sur des biens immobiliers relativement récents. Il est intéressant de souligner également que l’axe sud comble désormais le retard qui était le sien dans les années passées.

Le rééquilibrage se fait également avec des quartiers comme le Parc ou encore Montchapet qui enregistrent des baisses qui auraient pu surprendre il y a quelques années encore. Ce rééquilibrage des prix, on le constate aussi sur les maisons. Certaines communes périphériques marquent le pas alors que d’autres, moins prisées les années passées, suscitent désormais de l’intérêt. »

Propos recueillis par Jean-Louis Pierre