Pour son 2e Facebook Live, le maire de Dijon a choisi la célèbre galerie de Bellegarde, « symbole du renouveau du Musée des Beaux Arts », l’un des projets majeurs (60 M€ d’investissement) pour la culture dijonnaise. Les internautes ont été plus de 4 600 à assister à ce Live le 11 octobre et, au total, 165 000 personnes ont été atteintes contre 25 000 lors de la première. Durant 45 mn, François Rebsamen (photo Philippe Bornier) a pu répondre à nombre de Dijonnais grâce à ce mode de communication destiné à faciliter le dialogue entre les élus et leurs concitoyens. A l’issue, nous en avons profité pour l’interroger sur les résultats de l’enquête Compas sur l’appropriation de la culture à Dijon.
Dijon l’Hebdo : La culture représente l’un de vos plus gros budgets et cette enquête montre que tous les Dijonnais sont encore loin d’accéder à tout ce que vous proposer. Le regrettez-vous ?
François Rebsamen : « C’est vrai que c’est un gros poste budgétaire mais nous n’avons pas eu les résultats que j’espérais avec cette enquête. Parce que 20% seulement des Dijonnais consomment 50% de l’offre culturelle à Dijon. Cela veut dire que 80% des usagers consomment l’autre moitié. Cela signifie qu’il y en a qui sont à la fois mélomanes, cinéphiles, adeptes du théâtre, des musées, etc. Ce sont évidemment des CSP +. C’est ainsi extrêmement compliqué d’attirer à la culture, sous toutes ses formes existantes, que ce soit le spectacle vivant, le patrimoine… Malgré toutes les actions liées à la gratuité que nous avons multipliées, nous arrivons à ces résultats ».
DLH : Vous avez tout de même relevé des résultats encourageants…
F.R. : « Cette enquête révèle des vraies réussites. Près de 50% des Dijonnais ont, par exemple fréquenté le Jardin des Sciences en 2015. C’est une excellente nouvelle pour l’accès à la culture scientifique et technique. 90% des habitants de la Métropole ont effectué au moins une sortie culturelle au cours des derniers mois. C’est positif. 18 000 emprunteurs actifs à la Bibliothèque municipal en 2015, c’est plutôt bien aussi. 430 000 personnes ont visité les musées. 17% des Dijonnais sont allés le Musée des Beaux-Arts. Cela peut paraître beaucoup mais c’est en même temps pas assez… »
DLH : Cette enquête montre-t-elle qu’il reste du chemin à parcourir dans le domaine de la culture pour tous ?
F.R. : « Ce sont des chiffres contrastés. Une chose est sûre : cette enquête montre qu’il faut continuer de faire en sorte de toucher les 80 % de la population qui consomme la culture moins que les autres 20%. La gratuité ne suffit pas. Il existe des blocages sociologiques qui freinent. Il faut lever ces barrières psychologiques qui existent. Cette enquête le précise clairement. Il manque une étude comparative avec les autres villes de même dimension afin de mesurer l’impact de notre politique municipale particulièrement active dans le domaine. Nous allons demander à Compas de le faire afin de pouvoir avancer encore plus… »
DLH : Lors de votre Facebook Live, vous avez notamment été interrogé sur la sécurité lié au récent concert de rentrée. La fréquentation a posé des problèmes cette année mais n’est-ce pas là un événement culturel qui participe pleinement à l’attractivité de Dijon ?
L.R. : « C’est certain. Comme je l’ai dit aux internautes qui m’interrogeaient sur le sujet, le seul moyen qu’il n’y ait plus de problème est que je le supprime. Nous allons le maintenir, l’adapter pour que cela se passe différemment avec une programmation qui sera peut-être moins variée. Nous allons revenir à quelque chose de plus raisonnable en terme de fréquentation. Ce n’est pas simple. Sachez tout de même que Lorenzo avait fait tellement de pub pour son propre concert que des gens sont venus de Paris pour le voir… »
DLH : La Cité internationale de la Gastronomie et du Vin apportera sa pierre à la culture dijonnaise. Quand cette future Cité majeur ouvrira-t-elle ?
L.R. : « L’ouverture de la Cité internationale de la Gastronomie et du Vin est prévue en septembre 2019. A partir de cet automne, les gens pourront voir les destructions puis les constructions. Nous avons nombre de projets comme l’école Ferrandi, les ateliers de cuisine, le complexe cinématographique, le pôle culture et formation, des commerces dont la Librairie gourmande, mais aujourd’hui c’est Eiffage qui pilote. Nous aurons peut être une école de la Boulange si le dossier nous est déposé. Une commission scientifique qui est en place valide les projets en lien avec Eiffage. Il ne faut pas non plus oublier tous les recours de Bichot sur ce dossier… Et une nouvelle association, aux ramifications encore surprenantes, vient de déposer un nouveau recours ».
DLH : Les Rencontres cinématographiques de Dijon, que vous organisez en partenariat avec l’ARP et le conseil régional, ont-elles, cette année, été un succès grand public ?L.R. : « Cela s’améliore. Le public répond présent aux séances, qu’elles soient en avant-première ou spéciales, que nous avons voulues gratuites. Toutes les places ont été retirées. Nous voulons véritablement que tous les Dijonnais s’approprient ces Rencontres cinématographiques et pas seulement, comme nous l’évoquions précédemment dans l’enquête culturelle, 20% d’entre eux ! »
Propos recueillis par Xavier Grizot





