Non, je ne me prends pas pour Martin Luther King lors de son fameux discours d’Atlanta du 28 août 1963 ! Mais rien ne m’empêche de formuler quelques uns de mes propres rêves en ce début d’année…
J’ai fait le rêve d’une société plus apaisée, où la moindre vétille ne se transformera pas en anathèmes, où l’injure ne sera pas jetée à la façon d’un Guy Bedos vieillissant mal, ou d’un Mélenchon confondant éructations et propositions, avec la force dérisoire de ceux qui n’ont que ce genre d’expression pour y puiser la pathétique illusion de leur existence. Accepter l’autre, voici un beau projet qui demande aussi de la réciprocité ; tendre la joue comme nous l’enseigne la Bible (Evangile de Mathieu) n’implique pas nécessairement de tomber dans une naïveté masochiste ; pourtant, oser un sourire quand la tension monte, voici qui fonctionne généralement bien ; chiche ?
J’ai fait le rêve d’une France redevenue lucide, consciente de sa place actuelle dans le concert des nations, une France qui n’oubliera pas son passé glorieux, sa richesse culturelle, son amour du beau, du juste ; une France qui ne reniera pas son statut de nation au bénéfice improbable d’un galimatias où l’on mélange trop souvent communautés et communautarismes, où ces trois mots « Liberté, Egalité, Fraternité » ne seront pas les fourre-tout si chers aux forcenés de l’individualisme, si vite oublieux de leurs « devoirs », tout affairés qu’ils sont à brandir leurs « droits ».
J’ai fait le rêve d’un niveau de culture économique en très nette hausse afin que mes concitoyens en finissent avec cette lutte des classes, séquelle d’un autre temps où la confrontation tenait lieu de dialogue social ; des cours d’économie à 20 heures sur France 2 ? Pourquoi pas ! Il me paraît important de comprendre que l’épanouissement ne se trouve pas dans une oisiveté érigée en dogme, fut-elle financée par ceux qui s’obstinent à croire que le travail n’est pas une malédiction ; tout comme il est bon de rappeler que la liberté de chacun s’arrête là où elle empiète sur celle d’autrui, il convient de se prendre en mains plutôt que d’attendre d’un Etat fauché un salut fait d’aumônes appelées RSA et autres terminologies, lesquelles oublient cependant un peu vite que leurs bénéficiaires sont aussi, et avant tout, des êtres vivants et non pas de simples numéros d’allocataires pour une administration déshumanisée.
J’ai fait le rêve d’hommes et de femmes qui, ayant embrassé la carrière politique, ne vont pas nous démontrer à chaque prise de parole qu’ils ou elles sont prêts à renier leurs convictions au gré des sondages; 2014 sera une année électorale et il y aura bien sûr des gagnants et des perdants, c’est la règle du jeu ; peut-on cependant espérer que les français ne seront pas – une fois de plus – les seuls perdants de celles et ceux qui assurent vouloir servir la France en pensant tout bas qu’ils sont surtout là pour se servir ? Ne perdons pas l’espoir…
J’ai fait le rêve d’un Etat qui reviendra à ses fonctions régaliennes et qui, se bornant à dessiner un cadre législatif et fiscal stable, laissera les entrepreneurs de toutes sortes aller vers leur destin ; une société où la réussite ne sera pas obligatoirement l’objet de toutes les suspicions, voici qui nous changera heureusement et libérera les énergies. Oui, j’ai fait ce rêve d’embauches vécues non plus comme des épées de Damoclès mais comme un réel dynamisme, comme le signe d’entreprises qui vont de l’avant, qui osent, qui partagent ce risque et qui en font un atout pour leur développement.
J’ai fait le rêve d’une Europe qui reviendra à ses fondamentaux, ceux d’un espace économique de libre échange, loin de l’interventionnisme débridé de technocrates jamais en mal d’imagination pour nous « pondre » de nouvelles lois venant s’imposer aux nôtres, nous ôtant chaque jour un peu plus le soin de nous autogérer. Une Europe où avant de voter aveuglément un énième élargissement, on se demandera si c’est bien pertinent pour l’ensemble des peuples concernés, l’histoire nous ayant déjà appris que le mariage des carpes et des lapins ne présageait rien de bon. Une Europe enfin et surtout qui, consciente d’être aujourd’hui la première zone économique mondiale, cessera cette mise en concurrence suicidaire de ses membres entre eux alors que les vrais défis ne sont pas en son sein mais bien à l’extérieur.
J’ai fait le rêve d’un pays où d’autres cultures viendront enrichir la nôtre deux fois millénaire et non pas – paradoxe – lui imposer celle-la même que des migrants ont fui, fut-ce sous le prétexte de printemps de ceci ou de printemps de cela. J’ai fait ce rêve d’un enrichissement culturel réciproque pour d’autres motifs que la générosité mâtinée de cécité que génèrent nos aides, subventions et allocations de toutes sortes, lesquelles font surtout le bonheur de passeurs, qui nous font nous tromper d’ennemis, tandis que nous pointons du doigt des malheureux attirés par le mirage français alors que des « salauds » dorment quasiment en paix.
Enfin, car la place m’est comptée, j’ai fait le rêve d’avoir pour notre belle ville de Dijon un bon maire, je veux dire un homme qui se consacrera vraiment à son mandat local; un maire dont on sache au moins le nom car il conduira une campagne intéressante et nous aura proposé lui aussi sa part de rêve sans laquelle l’adhésion ne sera qu’une chimère ; et pourquoi pas un maire un peu poète, avec des idées nouvelles ou farfelues plein la tête ? Mais ceci est une autre histoire et, comme toujours, le choix du peuple sera certainement le bon…
Amis lecteurs, que ceci ne vous empêche pas de traverser 2014 avec vos propres rêves et que cette année vous soit douce.





