Chenôve : L’innovation fait la force

Une grappe de raisin, un habillage qui rappelle les clos des grands crus et un nouveau nom de domaine : “Les portes du Sud”… Telle est la nouvelle étiquette qu’arborera fièrement l’ensemble des zones Sud de l’agglomération dijonnaise. A dessein de les fédérer, d’harmoniser leur image et, in fine, de réaliser de nouvelles vendanges économiques pour l’ensemble des entreprises qui les composent. Aux portes de la route des Grands Crus, les Rencontres de la Ville de Chenôve et des chefs d’entreprises, premières du nom l’année dernière, avaient donné la primeur à la volonté de s’associer pour que cette signalétique, sur laquelle le club d’entrepreneurs Grand Sud travaillait déjà depuis longtemps, voie enfin le jour. Un an après, le 14 novembre, pour le cru 2013 de ces Rencontres, le même message s’est dégagé en substance : l’union fait la force ! Plutôt que de céder au fatalisme ambiant, né de la crise économique qui perdure et de sa cohorte de plans sociaux – l’actualité nationale s’en fait l’écho chaque jour –, la Ville de Chenôve et les chefs d’entreprise, par le biais de leurs représentants, ont à nouveau fait cause commune. Objectif : remporter la bataille de l’emploi et favoriser le développement économique des zones Sud qui pèsent au total 2 500 entreprises et 18 000 salariés. “Pour Chenôve et ses habitants comme pour les entreprises, il nous faut avancer main dans la main afin de nous mettre tous ensemble sur la voie de l’attractivité. En tant que collectivité territoriale, nous avons un rôle d’acteur d’aménagement du territoire mais nous ne pouvons le faire qu’en symbiose avec les acteurs économiques”… c’est ainsi que le maire de Chenôve, Jean Esmonin, a fixé le cap partenarial de ces nouvelles Rencontres de l’économie. Après avoir détaillé les enjeux de l’appellation des Portes du Sud, Alain Lahaye, président du club Grand Sud, qui repoussa l’idée de « guerre économique Nord-Sud”, a évoqué l’urgence de l’amélioration des dessertes de transport : “Je veux parler de la mobilité au sens large, celle des zones de chalandise, des salariés et des clients. C’est le futur chantier capital”. Tout autant que celui du Cèdre, le Centre culturel et de rencontres au cœur du futur centre-ville né du programme de renouvellement urbain, où la commande publique (13 M€) a affiché toute sa pertinence pour le développement économique et l’emploi local : 80% des entreprises qui y œuvrent sont, en effet, originaires de Bourgogne. Parmi celles-ci, la ferronnerie et métallerie chenevelière pilotée par Eric Boudier, qui ne manqua pas de tirer la sonnette d’alarme concernant la difficulté de trouver des jeunes bien formés aujourd’hui. L’occasion pour Thierry Falconnet, conseiller municipal délégué à l’emploi, de proposer un rapprochement avec les jeunes des quartiers de Chenôve, qui, à 50%, subissent le fléau du chômage. La formation s’est alors invitée au cœur des débats, qui ont également fait la part belle à l’innovation. Avec le témoignage de Christophe Pautet, directeur industriel de Plasto Technologies, spécialiste mondial de l’adhésif et dont la R&D (recherche & développement) colle à la peau depuis 60 ans… Au titre de la CGPME, le Professeur François-André Allaert, qui possède la double casquette de chef d’entreprise et de vice-président du Grand Dijon, a donné la feuille de route : “L’avenir économique sera fondé sur la puissance des villes plutôt que des états. Par sa diversité des talents et sa masse économique, l’agglomération dijonnaise peut relever le défi d’une capitale régionale innovante afin de rivaliser avec les grands pôles tels Lyon, Marseille…” Le président du Medef de Côte-d’Or et de Bourgogne, Pierre-Antoine Kern, fut tout aussi disert : “L’innovation concerne tout le monde. Elle n’est pas seulement technologique ou scientifique. Elle touche le marketing, la logistique, le process, la gestion (…) Beaucoup de chefs d’entreprise aimeraient innover mais ne le font pas faute de moyens. Les entreprises françaises ne gagnent pas assez d’argent. Il faut mettre un coup d’arrêt à la spirale des prélèvements obligatoires dans notre pays”. Un message sans ambiguïté aucune adressé à l’Etat, non sans avoir au préalable félicité la cité des Bonbis pour l’organisation de ces Rencontres : “Chenôve est la ville la plus business friendly !” Une formule que les élus cheneveliers ont consommé, ce soir-là, sans modération…

Arnaud CUSH