Sondage municipales : Rebsamen largement en tête

C’est clair : selon les points de vue, on n’a pas la même façon de commenter les sondages. Cependant, on serait tenté de dire que les jeux sont faits à la lecture de notre sondage exclusif IFOP-Dijon l’Hebdo réalisé du 7 au 9 janvier 2014 dans le cadre des prochaines élections municipales à Dijon. Le maire sortant, François Rebsamen, caracole en tête au premier tour avec 50 % des intentions de vote (un score qui ferait saliver bien des maires sortants dans les grandes villes) loin devant Alain Houpert (UMP/UDI) qui totalise 27 %. 23 points d’avance, c’est beaucoup. En troisième position, on trouve le jeune (24 ans) Edouard Cavin dont le score (12 %) se rapproche de celui de son mentor, Marine Le Pen, qui avait obtenu 13,40 % au premier tour de la Présidentielle 2012. La quatrième position est occupée par Isabelle De Almeida (Front de Gauche) avec 6 % devant le trublion de cette élection, David Lanaud du Gray, le candidat de la Fête, qui totalise 5 %. Un score plutôt honorable quand on sait que celui qui affiche dans son programme « le déménagement de la tour Eiffel à Dijon » consacre la quasi totalité de sa campagne sur les réseaux sociaux.
L’hypothèse d’un deuxième tour laisse apparaître une large victoire de François Rebsamen dans un duel face à Alain Houpert (62 % contre 38) ou une triangulaire (qui n’est pas à exclure)où le maire sortant s’imposerait, là aussi, nettement avec 58 % contre 31 % à Alain Houpert et 11 % à Edouard Cavin.

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François Rebsamen apparaît donc en position de force pour faire un troisième mandat. Notre sondage montre en effet que que le travail effectué par la municipalité est jugé Excellent/Bon par 81 % des sondés et que le tramway voulu par François Rebsamen « transporte » une satisfaction qui s’élève, elle aussi, à 81 %. Dans l’entourage de François Rebsamen, on affirme, même si le maire sortant culmine à 96 % de notoriété (contre 51 % à Alain Houpert) que les dés ne sont pas pour autant jetés dans cette campagne même si on se plaît à souligner que l’opinion n’est pas une maîtresse versatile qui sombre dans le désamour à la première contrariété.
Pour l’heure, tous les voyants sont au vert pour François Rebsamen qui vient, en plus, d’être désigné comme le sénateur de l’année (succédant à Jean-Pierre Raffarin). Le maire de Dijon plaît à la gauche libérale, celle des bobos, la gauche jacobine, celle des fonctionnaires, la gauche sociale-démocrate, celle des salariés du privé, la gauche libertaire, celle des intellectuels et des exclus. Et il rassemble bon nombre de centristes et suscite même une certaine sympathie dans une frange de l’électorat de droite.
De son côté, le sénateur UMP relativise ce sondage. Pour plusieurs raisons. La première, c’est qu’il a été fait à un moment où il n’avait pas encore réalisé, à droite, l’union avec Emmanuel Bichot. Ensuite, il relève que le national aura un impact sur le local. Et, enfin, il considère qu’en politique, il ne faut pas se pâmer des triomphes pré-électoraux, tout artificiels et précaires qu’ils soient. Se contente-t-il de se rassurer en considérant qu’il faut toujours se méfier des emballements des sondages et qu’il y a toujours eu dans la France électorale un côté frondeur, un côté rebelle, village gaulois, capable de tenir tête aux puissants ?
Il n’empêche que ce sondage suscite l’ombre d’un doute dans les capacités de la droite à reprendre Dijon. Un scepticisme indéniable. Or, tout le monde sait que le scepticisme, quand il triomphe, n’a jamais été un moyen pour conquérir. Quant au doute,il appartient à la catégorie des sentiments et des attitudes qui ne s’affichent pas dans la bataille.
L’équation est simple : comment faire pour ne pas enfiler définitivement le costume des hallebardiers des tragédies classiques dont les pantomimes seraient les ultimes résidus d’une influence évanouie depuis 2001 ? Face aux Cassandre du pire, il faudra une bonne dose de Prométhée à Alain Houpert pour tenter de renverser la tendance.
Jean-Louis PIERRE

 

Le sondage à la loupe

Sachant qu’un sondage n’est pas une élection, que celui-ci est intervenu début janvier au moment où les électeurs tiraient les rois et songeaient plus aux soldes qu’aux urnes, on peut néanmoins en tirer quelques éclairages significatifs sur les candidats en lice comme sur leurs chances supposées.
Voyez la notoriété. Alain Houpert, médecin très connu comme radiologue à Dijon … est néanmoins inconnu d’un électeur sur deux, et parmi eux d’un ouvrier sur trois. Sa notoriété est en revanche très réelle -plus d’un sur deux- chez les employés et les cadres supérieurs. On atteint presque un électeur sur trois (67%) chez les retraités.
Le jeune Edouard Cavin (FN), et c’est normal vu sa jeunesse et la date assez tardive à laquelle il a commencé de faire parler de lui, atteint difficilement 24% de notoriété chez les professions intermédiaires et il trouve son plus mauvais score chez les employés (9%).
Le maire sortant, François Rebsamen, qui est élu depuis 2001, bénéficie a contrario de toute la popularité du premier magistrat : et comme il n’a cessé de faire bouger la ville depuis treize ans, il culmine en notoriété à des scores qu’on n’a pas connu chez ses prédécesseurs : 96% de moyenne, avec du 100% chez les ouvriers et les retraités. Rien que de très normal.
Cette belle image se retrouve-t-elle au moment des intentions de vote ? Evidemment non, mais on ne niera pas qu’être très connu, d’apparaître assez souvent à la télévision ou dans les médias nationaux ou locaux, ne nuit pas à un homme politique, qu’il soit dit de gauche ou de droite. La preuve, c’est qu’en termes de bonnes opinions, le maire sortant est à 70% dont 22% sont dits de « très bonne opinion » !
Premier tour
Le sondage IFOP est net et sans bavures, même s’il faut toujours tenir compte d’une petite marge d’erreur : François Rebsamen atteint d’emblée les 50%, dont 55% chez les moins de 35 ans et surtout 69% chez les cadres supérieurs, captant au passage des électeurs qui avaient voté Bayrou au premier tour de la présidentielle de 2012 (55%) ou qui avaient même voté Marine Le Pen à la même occasion (15%). Il est néanmoins possible, selon ce sondage, que le maire sortant pourrait se retrouver en ballottage pour la première fois depuis qu’il est maire.
Du même coup, c’est laisser bien peu de place à ses adversaires : 27% à la liste d’Alain Houpert (UMP, UDI), 12% à celle d’Edouard Cavin, 6% à celle du Front de gauche d’Isabelle de Almeida et – eh ! oui – 5% à celle dite « facebook » de David Lanaud du Gray. Ici deux observations s’imposent : d’une part, le noctambule dijonnais capte 11% des électeurs de Sarkozy-2012 et 5% des électeurs de Bayrou-2012 ; d’autre part l’alliance Houpert-Bichot n’était pas évidente au moment du sondage, ce qui peut laisser penser que la liste UMP-UDI puisse sans problème ramener Rebsamen à 47% au premier tour et hausser celle d’Houpert à 30%… Le jeune FN Edouard Cavin capterait, lui, 12% de l’électorat, en majorité chez les jeunes et les ouvriers, là peut-être où le mécontentement reste assez fort s’il est mal défini.
Second tour
Triangulaire ou pas au second tour, François Rebsamen redevient maire de la capitale bourguignonne : 58% en triangulaire, 62% en duel, renvoyant ses adversaires à 31% pour l’UMP-UDI et 11% pour le FN.
Alors quoi ? Et ces travaux du tram, et ce tramway lui-même d’où seraient venus tous les maux, n’auraient-ils donc  eu aucune incidence sur cette élection ? Réponse négative : le bilan de la municipalité sortante est à 81% jugé « bon », soit 6 points de plus que la moyenne de satisfaction des communes de 100 000 habitants et plus (75%). Les électeurs supposés de l’UMP-UDI étant 71% à considérer le bilan des sortants comme « bon »… Quant au tramway, voici des chiffres sans appel : 18% seulement des électeurs dijonnais se déclarent « pas satisfaits » de ces deux lignes de train de ville, ce qui en laisse 81% de satisfaits.
Néanmoins, la liste UMP-UDI se tient avantageusement dans plusieurs secteurs analysés par ce sondage. Même en cas de triangulaire au second tour, on constate qu’elle prend des voix chez les électeurs FN de 2012 (21%) et près d’une voix sur deux sur les électeurs de Bayrou-2012 (42%). Et que son électorat est de tous les âges (25% des moins de 35 ans, 46% chez les retraités). On peut penser que les thématiques choisies par la liste d’Alain Houpert au départ de sa campagne ne sont pas toutes celles sur lesquelles il eut fallu mettre l’accent.
Michel HUVET

 

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François Rebsamen :
« Les Dijonnais apprécient notre travail »

C’est un sondage, ce n’est pas l’élection. Je vais rester très mesuré dans mes commentaires car rien n’est joué. Plus que jamais, il faut rester mobilisé.

Il y a un point très positif cependant qui attire particulièrement mon attention : c’est la perception que les Dijonnais ont, très largement, et que je ressens sur le terrain, du travail accompli et du bilan de l’équipe sortante. C’est une vraie reconnaissance qui va nous amener à faire une belle campagne de mobilisation. J’espère ainsi amplifier encore le score qui nous est attribué. Mais je le redis avec insistance, restons prudents et respectueux des échéances électorales.
Je note dans ce sondage un écart important avec mon challenger dans l’hypothèse d’un deuxième tour. Il avait déjà été important la fois dernière, en 2008.
Je relève, dans les questions posées, de nombreux éléments encourageants mais il y a encore beaucoup de travail. Les gens savent que l’on fait de bonnes choses. Nous avons une bonne gestion. Les personnes sondées l’ont ressenti ainsi. Maintenant, les Dijonnais attendent nos propositions que nous présenterons prochainement. Les questions que l’on me pose le plus souvent sont : Qu’est-ce que l’on va faire demain ? Comment va-t-on gérer ? Est-ce qu’on va augmenter les impôts ? Là, je réponds tout de suite non ! Et je présenterai une équipe où il y aura quelques surprises qui vont montrer que, par delà les clivages partisans, pour gérer une ville il faut rassembler.

 

Alain Houpert :
« Ce sondage me galvanise »

Ce sondage me conforte dans le fait que le maire de Dijon va être mis en ballotage. Ce sondage me galvanise pour nous battre encore plus car tout est possible. J’observe qu’il a été réalisé à une période où la droite était divisée. Aujourd’hui, l’union, que j’appelais de tous mes vœux, a été réalisée. Les données actuelles ne sont donc plus les mêmes.
Il y aura un deuxième tour car le maire actuel est en érosion par rapport à 2008. Cette érosion va s’accentuer de jour en jour.
Depuis le 4 avril, jour d’ouverture de ma campagne, je n’ai pas cessé d’aller à le rencontre des Dijonnais pour qu’il me découvre. Une grande partie connaissait le médecin, j’ai cherché à présenter l’homme politique qui est à leur écoute.
La campagne a véritablement démarré le mercredi 22 janvier. Avec François Sauvadet, Anne Erschens et Catherine Vandriesse, nous avons sonné la fin de la récréation. Nous sommes dans le sprint final et il y aura de belles surprises.
Nous partons avec un projet cohérent qui résulte d’une consultation des Dijonnais. Un projet qui ne s’inscrit pas dans une critique systématique mais dans la construction, pour faire rayonner la ville, proposer une alternative qui comblera ce qui a été oublié depuis treize ans par le maire actuel. Je pense notamment au domaine économique qui a vu 1/3 des entreprises et 2 000 emplois disparaître.
Je veux que Dijon respire. J’ouvre les portes, les fenêtres et l’avenir. Si je suis élu maire de Dijon, je me consacrerai pleinement à la ville. Je conduirai néanmoins la liste UMP en septembre prochain car je pense être le mieux armé pour convaincre les élus ruraux à nous rejoindre. Et le 1er octobre 2014, je démissionnerai pour laisser place à celui ou celle qui figurera derrière moi sur cette liste.