Mélanie Balson : La victoire au bout du souffle… et du cœur

Infirmière de profession au CHU, adjointe à la maire de Dijon en charge de la participation citoyenne et réserviste dans l’armée, Mélanie Balson a accroché ce week-end une nouvelle ligne à son parcours : la victoire au marathon des Grands Crus. À 28 ans, cette sportive discrète bouclait là sa quatrième épreuve de longue distance, sur 42 kilomètres…

Après des années de danse classique pendant son enfance, c’est à l’âge de 18 ans, durant ses études supérieures, que Mélanie chausse ses premières baskets de course. Depuis, la discipline est devenue son rituel quotidien, à raison de 100 kilomètres parcourus par semaine.

« C’est un peu mon addiction, mais c’est ma seule addiction, je vous le promets ! » confie-t-elle dans un sourire. « Ma devise, c’est « un esprit sain dans un corps sain ». C’est ce qui me permet de repousser mes limites, de défouler mes angoisses, mes colères, mes peurs… C’est le moment où je me retrouve avec moi-même, où je décharge tout et où je repars à zéro ».
Licenciée au club ACR Dijon, elle y retrouve un esprit de solidarité collective qui dépasse la simple compétition. Le club participe notamment à des courses en « joëlette », un fauteuil tout-terrain permettant d’embarquer des personnes en situation de handicap ou autistes sur les parcours. « C’est un club compétition-loisir sans prise de tête. Les premiers vont chercher les derniers. La course à pied, ça dépend comment on la pratique, mais avant d’être de la compétition, c’est d’abord un moment pour soi. »

La « magie du sport » sans préparation

Si son record personnel s’élève à 3 h 10 (établi à Annecy l’an dernier), cette victoire sur le marathon des Grands Crus s’est jouée sur un coup du sort. Après un marathon du Vercors mitigé en juin malgré des semaines de préparation, Mélanie ne devait pas prendre le départ ce week-end. C’est un ami blessé qui lui a cédé son dossard au tout dernier moment, le mardi précédant l’épreuve.

« Je me retrouve inscrite le mardi, sans préparation, sans rien ! Et au final, c’est là où j’ai eu de meilleures sensations qu’en juin où je m’étais préparée pendant des semaines. C’est la loi du sport, mais c’est aussi la magie du sport ».

Cette réussite résonne aussi avec son engagement politique au sein de la municipalité dijonnaise. « Par cette victoire, je montre que quand on croit en ses rêves, on y arrive. Je pense que la maire, Nathalie Koenders, fait pareil, elle croit en beaucoup de choses pour Dijon. »

Pas le temps de se reposer sur ses lauriers : la prochaine échéance de l’infirmière réserviste s’inscrira sous le signe de l’engagement militaire et solidaire. Au début du mois prochain, elle prendra le départ d’une course organisée à Rully (Saône-et-Loire) au profit des blessés de guerre, aux côtés de ses coéquipiers de l’antenne médicale des armées. Une cause qui lui tient particulièrement à cœur, elle qui a déjà effectué des missions de terrain dans l’océan Indien.

Jean-Louis Pierre