René Petit possède cette qualité rare que donnent parfois les longues trajectoires : l’expérience sans l’ostentation. Il faut peu de temps pour comprendre qu’il ne cherche ni la lumière ni la reconnaissance. Rien, chez lui ne cherche à impressionner. Il n’expose pas son par cours pourtant dense et remarquable comme un étendard. Il se raconte avec simplicité et authenticité car pour cet homme paisible, la culture n’est pas un territoire d’exploits à afficher mais un espace à partager.
René Petit fait partie de ceux qui sont convaincus que l’on ne peut pas évoluer dans un monde privé de créations artistiques. L’art a donc accompagné toute son existence sous des formes multiples mais toujours cohérentes. Formé aux Beaux-Arts de Dijon, puis au conservatoire de la ville, René Petit y a bénéficié d’un enseignement rigoureux et complet. Ces deux formations fondatrices lui permettront de mener de front deux trajectoires complémentaires : celle de professeur d’arts plastiques et de comédien de théâtre. Loin de s’exclure, ces expériences nourriront à la fois son appétit artistique et son désir de transmission.
Le bon virus, au bon moment
Le théâtre occupe une place centrale dans sa vie. C’est au lycée Carnot où il est élève qu’un professeur passionné lui transmet le virus grâce à une pièce de Pirandello. Une révélation décisive qui va le mener jusqu’à la Comédie de Bourgogne et au Parvis Saint-Jean où il a su développer, pendant de longues années, une pratique exigeante du jeu et du texte, au contact d’un théâtre vivant et engagé. Parallèlement, son statut de professeur d’arts plastiques va lui permettre de « contaminer » des générations d’élèves dans les différents lycées où il a enseigné et tout particulièrement au lycée Carnot de Dijon. Il monte à chaque fois des ateliers-théâtre pour ses élèves et des spectacles à succès. René Petit se définit aussi comme il l’a toujours été : « un passeur » persuadé que l’art peut éveiller des consciences, ouvrir des regards, créer des vocations voire in fléchir des trajectoires de vie.
Carnot, sa seconde maison…
On ne peut pas évoquer le parcours de René Petit sans parler du lycée Carnot qui occupe une place tout à fait particulière dans son uni vers car cette « maison » a été le creuset de ses multiples talents. Élève puis professeur au sein de l’établissement, il en parle toujours avec une affection intacte, nourrie de mille anecdotes. En véritable « aficionado » il en connaît l’histoire, l’architecture, les figures célèbres qui y ont étudié ou enseigné. Cette relation singulière ne s’est jamais interrompue puisqu’il est toujours président de l’association des « anciens de Carnot ». Cela lui permet de continuer à exprimer son goût du partage à travers de nombreux pro jets artistiques, prolongeant l’esprit du lieu bien au-delà des murs de l’établissement.
L’art à perpétuité
Aujourd’hui encore, à l’âge de la retraite, René Petit demeure intensément actif dans le monde de la culture. Lectures publiques, interventions en faveur d’expositions ou de salons artistiques, projets éditoriaux : l’art continue de structurer son quotidien avec la même passion. Sa formation aux Beaux-Arts a trouvé un prolongement naturel dans sa collaboration avec Clément Lassus-Minvielle autour de livres consacrés à la mémoire culturelle locale. René Petit y déploie avec finesse son talent de « croquiste » au profit d’une autre de ses passions : l’architecture.
À travers cette activité, René Petit poursuit ce qui l’anime depuis toujours : faire vivre l’art, transmettre une mémoire et créer des passerelles culturelles entre les générations. Une fidélité à ses convictions profondes et une manière de rappeler que la culture, loin d’être fermée, demeure un espace de partage vivant.
Astrid Launais
Deux générations, un programme commun
Depuis quelques années, René Petit collabore avec Clément Lassus-Minvielle, historien de formation orienté vers l’archéologie, autour de projets éditoriaux consacrés à la mémoire culturelle de Dijon (et désormais de Beaune !) Ensemble, ils mènent un travail d’archéologie culturelle s’attachant à faire ressurgir des lieux emblématiques de la vie dijonnaise, parfois oubliés voire effacés du paysage urbain. Cette fois ce sont les cinémas dijonnais qui ont retenu leur attention puisque leur dernier ouvrage est consacré aux « cinémas oubliés de Dijon ».
Salles disparues ou transformées, bâtiments dont la fonction culturelle s’est estompée avec le temps : leur travail commun redonne chair à ces espaces en croisant une recherche historique minutieuse et un regard artistique sensible. Les textes précis et documentés de Clément Lassus-Minvielle dialoguent avec les magnifiques croquis de René Petit dont une autre passion pour l’architecture permet de révéler des détails souvent méconnus du public. Vu leur évidente complicité, qui a germé il y a bien longtemps puisque Clément a d’abord été l’élève admiratif de René Petit, on peut augurer que ces deux-là n’en n’ont pas fini de leur odyssée culturelle. D’autres opus sont déjà en gestation
Clément Lassus-Minvielle et René Petit dédicaceront leur livre « CINÉMAS OUBLIÉS DE DIJON » le 19 mai prochain au sein du cinéma « DARCY » à Dijon





