Saint-Philibert : Le chantier du salut

La Ville de Dijon va entamer la restauration de l’Église Saint-Philibert. Comme nous l’explique la maire Nathalie Koenders, « c’était devenu une urgence patrimoniale ! »

Même si les voies du seigneur sont impénétrables, selon l’expression consacrée, le sol de l’Église Saint-Philibert, unique témoin de l’art roman dans la cité des Ducs, ne l’a pas été.

Cet édifice religieux du XIIe siècle situé rue Michelet a subi les foudres de l’histoire et, notamment, lorsqu’au sortir de la Révolution, elle a servi de dépôt salin. Comme l’a souligné l’INRAP, c’est le stockage du sel qui fut à l’origine des importants désordres qu’elle a subis, notamment la dangereuse fragilisation de ses piliers. En 1970, une dalle chauffante en béton fut posée mais ce pis-aller accentua encore les dégâts en emprisonnant le sel imprégné dans le sol qui, sous l’effet de la chaleur, remonta par capillarité dans les piles.

Cinquante-cinq plus tard, décision a été prise de sauver ce patrimoine en danger… Et ce, à l’unanimité du dernier conseil municipal de Dijon même si le sujet suscita quelques débats. A l’issue, la maire de Dijon, Nathalie Koenders, que nous avons interrogée, se déclara « fière de lancer ce grand chantier pour ce joyau de notre ville qui va contribuer à son rayonnement ». Non sans rappeler que « beaucoup avait été fait précédemment depuis 2001 : l’hôtel Bouchu d’Esterno, le musée des Beaux-Arts, le palais des Ducs, la Cité de la Gastronomie (ndlr : ex-hôpital général), le ravalement des façades rue de la Liberté… »

Un chantier d’envergure

Quant à la métamorphose (selon le terme le plus à la mode à Dijon depuis la rénovation du MBA) de Saint-Philibert, elle a été estimée au total à 12 M€. Des financements complémentaires seront mobilisés par la Ville pour cet édifice, qui, rappelons-le, avait reçu la visite, le 1er mars 2023, de l’ambassadeur du Patrimoine français, Stéphane Bern. La première phase comprendra les travaux d’urgence de préservation de la structure, la restauration des piliers et le renforcement des sols au niveau du transept. Sans omettre les études pour la suite. Car seront alors au programme la cure de jouvence de la flèche et du clocher, le traitement des façades et des couvertures ainsi que les intérieurs. A l’issue, Saint-Philibert recouvrera de sa superbe… et pourra être à nouveau dégustée par les visiteurs, qui se souviendront peut-être que c’était devant cette église que les vignerons prononçaient le ban des vendanges…

Xavier Grizot

 

Photo : Arnaud Finistre