Thomas Ghitti : « Une petite entreprise familiale et indépendante »

À la tête de la société de promotion immobilière qui porte l’emblématique projet de l’avenue de Langres, Garden State, Thomas Ghitti nous détaille la philosophie qui l’anime. Et ce sont des propos plutôt rares…

Pouvez-vous déjà nous en dire plus sur la société que vous pilotez ?

Thomas Ghitti : « Nous sommes une petite entreprise locale familiale et indépendante de promotion immobilière. Et cela a du sens… Nous ne sommes pas un grand groupe comme certains ont pu le penser. Comme faisait mon père, nous portons le risque, autrement dit nous plaçons nos fonds propres dans nos projets. Nous essayons de faire des copropriétés que nous vendons majoritairement à des propriétaires occupants plus qu’à des investisseurs. Notre objectif est de bien faire les choses. C’est mon nom qui est dans la marque et cela oblige. J’habite Dijon et je veux absolument que tous ceux qui choisissent d’habiter dans l’une de nos réalisations soient pleinement heureux d’y vivre.

Nous ne multiplions pas les programmes et c’est volontaire. Nous en réalisons un et, a maxima, nous en démarrons un second mais jamais plus ! Et nous sommes présents tous les jours sur le chantier. Notre petite équipe permet une souplesse, des prises de décision rapides, un lien direct avec les entreprises locales. Mon père de vient de l’entrepreneuriat, c’est dire si le travail avec les entreprises locales est inscrit dans nos gènes. Nous continuerons de travailler comme nous avons toujours travaillé. Nous faisons ce que l’on aime ».

Vous venez d’inaugurer les logements dédiés à Grand Dijon Habitat sur Garden State… Pouvez-vous revenir sur les grandes orientations qui vous ont animé sur ce chantier d’envergure ?

« Avant le démarrage qui était programmé pour 2020, mais c’était sans compter le Covid, nous avions travaillé pratiquement 2 ans avec la Ville sur les grandes orientations du projet : la servitude vers le parc qui devait voir le jour, la densification d’une vraie dent creuse… Ce terrain qui avait servi d’importante base vie du tramway avait déjà été imperméabilisé lors de la construction du tram. Nous venions ainsi améliorer ce site et, dans le même temps, la Ville améliorait quant à elle l’arrière. L’ensemble du projet avait du sens, et c’est très important pour nous… »

307 logements au sein de bâtiments de 3 à 7 étages, 11 maisons de villes… Garden State représente le projet architectural le plus important que vous ayez piloté…

« Oui. C’est un gros projet et nous avions toujours dit que nous le ferions en 3 tranches. Puisque nous travaillons avec des fonds propres, nous pouvons avancer au rythme que l’on veut et ne pas être liés au problème de commercialisation. Cela a également pour conséquence que nos biens mis à la commercialisation sont livrables rapidement. Là, par exemple, sur le bâtiment Strada de Garden State, nous vendons dans l’état futur des logements que nous allons livrer en septembre. Et nous allons ouvrir la commercialisation du prochain bâtiment que nous livrerons en juin 2026. Cela rassure les gens qui souhaitent acquérir leur résidence principale… Ce plus est dû au fait que nous portions nous-mêmes les risques.

Comme mon père m’a appris, nous faisons de la promotion immobilière en bon père de famille et nous continuerons. Mais cela nous oblige aussi : nous livrons une première tranche avec des clients qui occupent déjà leurs logements, si bien que nous faisons tout pour leur limiter les nuisances. Et nous sommes très présents pour le SAV. Si quelque chose ne fonctionne pas, nous avons les entreprises à 50 m… L’idée est que la 3e tranche soit finalisée soit fin 2027 ou début 2028 au plus tard ».

La Ville a insisté sur la dimension écologique de votre projet. Pouvez-vous nous donner quelques exemples ?

« Nous avons fait le choix de toitures végétalisées avec 40 cm de terre rapportée partout, même sur le bâtiment R+7. Et pour que tout reste bien vert, nous avons travaillé à faire des VMC inversées, afin d’éviter les blocs moteurs et les tuyaux en inox sur les toits. Nous avons aussi beaucoup travaillé sur l’isolation des logements et nous avons rapporté 40 à 80 cm de terre sur la dalle de parking – tous les 290 stationnements sont en sous-sol –, pour permettre à de multiples espèces de pousser… »

Comment avez-vous vécu la période de la ZAD des Jardins de l’Engrenage ?

« Au moment de la ZAD, nous étions juste sous promesse de vente. Nous n’avions pas la propriété du terrain et nous étions un peu spectateur de cette histoire. La Ville a mené la bataille judiciaire. Nous avons dû attendre un an et demi et nous avons commencé véritablement le chantier fin 2020… »

Propos recueillis par Xavier Grizot