Tramway : La nouvelle ligne T3 dévoilée

De Chenôve-Portes du Sud à Dijon-Cap Nord, la nouvelle ligne T3 s’étendrait sur 10 à 11 km et compterait 21 stations. Elle s’appuierait sur 3 km de tronc commun avec les deux précédentes lignes et desservirait les secteurs à plus fort potentiel population, services et emplois. Voici cette nouvelle ligne présentée le 21 mars par le président de Dijon Métropole, François Rebsamen.

Petit retour en arrière : nous étions le 1er décembre 1961 et le premier tramway commercial de Dijon tirait sa révérence devant les Ducs de Bourgogne. Après 66 ans de bons et loyaux services, à l’occasion de son ultime trajet au dépôt de la rue des Trois-Forgerons, la motrice n°47 portait alors le nom prédestiné… de sa destination : « Cimetière » !

Il aura fallu attendre plus d’un demi-siècle pour que ressuscite le tramway. C’était le 1er septembre 2012 et la ligne T1 du tram, reliant la gare au grand marché de Quetigny, était mise en fonction, après une inauguration festive ayant rassemblé des dizaines de milliers d’habitants. Quatre mois plus tard, le 8 décembre plus précisément, la ligne T2, entre le parc Valmy et Chenôve centre, lui emboîtait… la roue. Voilà pour le rétroviseur car, dorénavant, il faut regarder vers l’avant.

Un réseau saturé, un besoin de développement

Le réseau étant à saturation – 183 000 voyageurs empruntant au quotidien Divia et la fréquentation ayant cru de 9% entre 2023 et 2024, il a fallu augmenter le passage des rames aux heures de pointe avec le dispositif Capatram –, la question d’une 3e ligne revenait avec insistance et une étude a été lancée le 28 septembre dernier par la métropole.

Ce 21 mars, le président de Dijon Métropole, François Rebsamen, entouré des maires de Dijon et de Chenôve, Nathalie Koenders et Thierry Falconnet, ainsi que de l’adjointe dijonnaise aux travaux, Dominique Martin-Gendre, a présenté la conclusion de cette étude, dévoilant la nouvelle ligne T3 qui pourrait être mise en service en 2030.

« Ce projet sera soumis à une première validation le 27 mars puis, après approfondissement, à nouveau fin juin ou début septembre aux élus métropolitains. Il sera alors posé sur la table du nouveau conseil métropolitain pour que la nouvelle équipe qui résultera des élections municipales puisse se saisir du dossier, en disposant des clés de financement.

Mais la décision relèvera de cette nouvelle équipe et c’est le chemin le plus démocratique qui soit », a expliqué le ministre, non sans, lui aussi, revenir en arrière, tracts du leader de l’opposition de l’époque, François-Xavier Dugourd, à l’appui : « Nous sommes confrontés à une saturation de notre réseau existant qui est extrêmement performant. Quand je pense qu’il y a 15 ans, j’entendais certains nous dire : il ne faut pas faire de tramway, vous allez tuer le centre-ville. Ils préconisaient même un busway ! C’étaient au demeurant les mêmes qui ne voulaient pas de Zénith mais un Zénithon ! Et Dijon est aujourd’hui la 4e ville française en termes de qualité de l’air. Nos résultats sont même bien meilleurs que les normes exigées par l’Union européenne ! »

Passage par la place Wilson

Parmi les 11 scénarios différents envisagés, susceptible de réduire de 10% les flux pendulaires de véhicules, un tracé a été retenu afin de « résoudre la saturation des lignes existantes, d’implanter deux parc-relais de part et d’autre sans expropriation mais aussi et surtout de desservir les secteurs à plus fort potentiel de population, emplois et services à l’horizon 2040 ». Les 9 secteurs dans l’ordre décroissant calculés ont été les suivants : Wilson/Sud Dijon (21 300 personnes), Grésilles (11 500), Carraz (10 100), Fontaine d’Ouche (9 600), Saint-Apollinaire (9 500), Talant (8 900), Fontaine-lès-Dijon (7 300), Chevigny-Quetigny (5 900) et Longvic (5 200).

De ces analyses a découlé le futur tracé de la ligne T3, allant de Chenôve-Portes du Sud (au niveau d’Urgo) jusqu’à Dijon-Cap Nord, passant par l’emblématique place Wilson qu’elle contournera pour conserver sa rotonde, car, comme l’a mis en exergue la maire Nathalie Koenders, « la consigne est de protéger cette place ».

La ligne T3 desservira le programme d’urbanisation des Vergers du Sud autour de l’avenue Roland-Carraz, les secteurs en plein essor, à l’instar des projets Bruges II, Terrot et Hyacinthe-Vincent mais également nombre d’établissements scolaires : le lycée du Castel, le groupe scolaire Saint-Joseph, le lycée Hippolyte-Fontaine et le lycée Gustave-Eiffel. En traversant le quartier des Grésilles par l’avenue Champollion et la place Galilée, elle connectera à l’ensemble de l’agglomération des équipements d’intérêt général, comme la piscine, la salle d’escalade, le centre sportif Epirey ou encore le Centre de rencontres internationales (CRI). A noter également qu’elle soutiendra aussi la ligne T1 existante desservant l’Université Bourgogne Europe et le CHU. Au Nord, en bordure de rocade, elle rejoindra la zone d’activité économique et commerciale de Cap Nord afin d’être pleinement bénéfique aux entreprises et à leurs employés.

200 M€ d’investissement

Cette ligne T3 s’étendrait sur 10 à 11 km (21 stations) mais s’appuierait sur 3 km de tronc commun avec les précédentes lignes. Si bien qu’il n’y aurait que 7 km de voies nouvelles à réaliser. Aussi l’investissement nécessaire pour ce chantier de taille a-t-il été estimé à 200 M€ (comprenant les infrastructures et le matériel roulant). Sans omettre que cette extension du tramway permettrait d’éviter d’acheter des bus pour une économie totale estimée à 17 M€. Le président de Dijon Métropole a annoncé se tourner vers la Région, le Département et l’État afin de bénéficier de subventions pour ce projet d’envergure.

Quant à l’hypothèse d’une desserte à Chevigny-Saint-Sauveur qui n’a pas été retenue, la collectivité a expliqué « chercher des solutions en s’orientant plutôt sur des bus à haute qualité de service pour relier rapidement le cœur de la métropole ». Non sans préciser : « Le tramway n’était pas une réponse adaptée car, pour relier depuis Chevigny la gare de Dijon-Ville, on serait à 40 mn, donc il n’était pas concurrentiel par rapport à la voiture… »

Le maire de Chenôve, Thierry Falconnet, s’est lui bien évidemment félicité de ce tracé « particulièrement pertinent pour l’avenir de la métropole dont Chenôve fait partie notamment avec les Grands Vergers du Sud ». Non sans annoncer un nouveau projet médical sur cette ligne : « J’ai bon espoir que nous puissions finaliser la vente d’un terrain à l’esplanade Limburgerhof pour y voir s’implanter un établissement de santé porté par le groupe Vyv ».

D’ici-là, une chose est sûre, cette ligne T3 et son tracé seront au cœur des prochaines élections municipales… et métropolitaines !

Xavier Grizot

 

Le calendrier prévisionnel

27 mars 2025 : délibération du Conseil métropolitain autorisant le lancement de la concertation préalable portant sur le projet de création d’une troisième ligne de tramway
Du 2 juin au 1er août : concertation préalable
Fin 2026 : approbation du dossier d’enquête publique
2027 : déroulé de l’enquête publique
2028 : déclaration d’utilité publique du projet, permettant le démarrage des travaux
2030 : mise en service