Séverine Tardy : « L’attractivité de Dijon est manifeste »

Durant la Semaine de l’Immobilier, les 14 et 15 décembre de 10 h à 19 h, vous pourrez échanger en direct avec un notaire sous la forme de tchats dans le cadre d’un salon virtuel (rendez-vous sur https://salonvirtuelimmobilier.notaires.fr/). Les 16 et 17 décembre de 15 h à 20 h, une plateforme d’appel nationale (36 20 dites Notaires) sera également mise en place afin de répondre à toutes vos questions. La Chambre des Notaires de la Côte-d’Or apportera sa pierre à cette opération intitulée « Parlons de Toits ». A la veille de ces échanges, la Chambre publie une étude conjoncturelle sur l’évolution locale de l’immobilier sur la période s’étendant du 1er septembre 2020 au 31 août 2021. Une étude on ne peut plus détaillée faisant apparaître des volumes de vente à hauteur de pratiquement 12 000 mais également une hausse des prix de 8,6% pour les appartements anciens, de 7,8% pour les maisons anciennes et de 5% pour les appartements neufs. Le tarif des terrains à bâtir affiche, quant à lui, une baisse de 5%, avec un prix médian au m2 moyen de 3 530 €. Les disparités sont manifestes entre les départements de la grande région mais aussi, à l’intérieur de la Côte-d’Or, entre la métropole dijonnaise, l’axe Dijon-Beaune où les biens sont particulièrement recherchés, et les autres territoires. Même si l’augmentation est constatée partout… Quant au profil des intervenants sur le marché de l’immobilier dans le département, 79% sont originaires de Côte-d’Or, 49% ont moins de 40 ans, 37% de 40 à 60 ans et 14% ont 60 ans et plus. Me Séverine Tardy, de la Chambre des Notaires de la Côte-d’Or, nous détaille les grandes tendances…

Dijon l’Hebdo : Dans votre étude, un chiffre peut surprendre. Il s’agit de l’évolution annuelle du volume de ventes tous bien confondus. Celui affiche en effet une baisse de -5,7%…

Séverine Tardy : « Ce résultat peut en effet interroger. Mais cette enquête a été réalisée sur un an. Nous avons assisté à une très forte hausse après le premier confinement et la baisse enregistrée entre le 1er septembre 2020 et le 31 août 2021 a été enregistrée par rapport à cette forte augmentation précédente. Ce n’est pas forcément révélateur de la conjecture actuelle. La très forte hausse précédente fausse la comparaison car nous sommes tous d’accord : nous sommes sur des volumes de ventes importants. Les transactions ont été nombreuses ».

DLH : Les professionnels de l’immobilier qualifient souvent le marché immobilier dijonnais de « sage ». La crise du Covid semble avoir changé la donne avec des hausses importantes des prix, que ce soit sur les maisons et appartements anciens ou les appartements neufs…

S. T. : « C’est une hausse qui a été assez rapide sur la dernière année. Lorsque l’on regarde à Dijon, cela descendait doucement puis remontait doucement et cette tendance s’est fortement accélérée depuis le mois de mai 2020. A partir du mois de septembre, cela tend à se renormaliser, après une accélération du marché inhérente à une rareté des biens face au nombre d’acquéreurs. On a pu le constater avec les maisons, les appartements rez-de-jardin, les appartements disposant d’une terrasse. Certains bien sont très recherchés… »

DLH : Votre étude fait état du pouvoir d’achat immobilier qui, pour les maisons anciennes, affiche une augmentation de 18,1% et pour les appartements anciens de 20,5% entre 2011 et 2021…

S. T. : « Nous avons relié cet indice à la baisse des taux d’intérêt. Concrètement, c’est vrai que la potentialité d’achat des acquéreurs est inhérente aux taux d’intérêt. Si ceux-ci remontent elle va baisser et leur pouvoir d’achat va diminuer. C’est lié à l’inflation mais n’oublions pas que des taux d’intérêt bas sont beaucoup plus attirants en terme d’immobilier ».

DLH : L’augmentation des prix médian au m2 varie d’un département à un autre mais c’est en Côte-d’Or que les tarifs demeurent les plus élevés (2 180 €)…

S. T. : « Nous pouvons constater dans cette étude l’attractivité des métropoles importantes. Certes, le gouvernement a multiplié les actions pour la renaissances des centres-villes dans les zones rurales, les opérations cœurs de village mais il est vrai que l’attractivité de Dijon est manifeste. Mais avec les envies d’ailleurs des Parisiens, nous pouvons tout de même constaté que les tarifs augmentent sur tous les territoires. Cette tendance se maintiendra-t-elle ? C’est l’une des questions puisque parfois on assiste un peu à ce que je qualifierais d’accordéon. Les gens partent puis, au bout d’un certain temps, reviennent, etc. »

DLH : Tout comme l’ancien, le neuf est-il soumis à la même tendance ?

S. T. : « Le neuf concerne surtout l’investissement locatif. Nous en revenons une fois encore à la ville, disposant de l’université, des centres de formation… Forcément, une ville comme Dijon attire plus de potentiels investisseurs que d’autres villes aux alentours… C’est aussi la raison pour laquelle le prix du terrain à bâtir descend parce qu’il n’y en a pratiquement pas sur la métropole dijonnaise. Il s’en vend très peu et les gens préfèrent s’éloigner. Lorsque vous ajoutez le prix du terrain à celui de la maison, avec la hausse des coûts de construction, cela favorise forcément les choix pour des terrains cette fois-ci aux alentours de Dijon  »

DLH : Que retenez-vous in fine de cette étude ?

S. T. : « Nous avons des typicités locales. Ainsi, par exemple, lorsque l’on observe l’origine géographique des acquéreurs, on s’aperçoit que 80% des gens qui achètent viennent du département de la Côte-d’Or. Les Côte-d’Oriens changent peu et restent en Côte-d’Or ! Certes, on peut se dire que ce n’est pas très attractif pour l’extérieur mais cela montre que les gens qui sont en Côte-d’Or y sont bien. Nous avons eu tout de même un bouleversement lié à la situation et nous verrons bien ce que cela donnera. Nous pouvons constater que l’immobilier reste une valeur refuge en cas de crise ! »

Propos recueillis par Camille Gablo