Laure Mattioli : Une (belle) maîtresse de cérémonie…

C’était il y a 20 ans et Laure Mattioli était placée sous les projecteurs lors de l’élection de miss France. Miss Bourgogne n’allait plus quitter la scène depuis, un lieu où elle excelle comme animatrice…

Il y a 20 ans, le petit écran innovait avec la téléréalité – le pays plongeait, pour la première fois, dans Loft Story – tout en déroulant toujours le tapis rouge à l’une de ces émissions ancestrales, préférées des Français même si beaucoup n’osent l’avouer : l’élection de miss France.

Nous étions le 8 décembre 2001 et cette édition se déroulait à Mulhouse sous la coupe (pardon le chapeau) de Geneviève de Fontenay. Sylvie Tellier fut couronnée ce soir-là mais les téléspectateurs découvrirent également le superbe visage d’une miss qui, 20 ans plus tard, continue d’être une reine de la scène : Laure Mattioli, qui portait l’écharpe de la Bourgogne à cette occasion, rayonne aujourd’hui comme animatrice d’événements – notamment pour Dijon l’Hebdo – et sa faconde fait le bonheur des auditeurs de France Bleu.

Pas besoin de mettre la chanson de Charles Aznavour « Hier encore » pour qu’elle se remémore les rencontres avec les autres miss ayant précédé cette soirée qui marqua sa vie. « Nous avions été réunies quelques jours à Paris afin de faire des séances photos pour la presse. Ensuite nous nous sommes envolées à Agadir pour le voyage d’intégration. C’est un peu comme aujourd’hui sauf que les portraits des candidates sont beaucoup plus élaborés. Il faut dire que nous étions 46 à concourir à l’époque contre 29 maintenant… »

Le soir de l’élection proprement dite, elle se rappelle une certaine « mélancolie » au moment où la course au titre suprême s’est arrêtée : « Nous sommes toutes un peu piquée car cela met un point final à une belle aventure. Nous sommes toutes bercées d’espoir avec ce concours. Etant un peu jeune, je ne me rendais pas compte de son importance et de ce que cela aurait pu m’apporter. Pour ma part, j’étais déçue surtout parce que j’aime la scène. Et c’était un peu comme une colonie de vacances. Comme nous sommes à huis clos, cela crée des liens très forts et là, le lendemain, on se quitte… Tous ces sentiments mélangés font que nous avons toutes versé une petite larme, c’est certain. Après, en coulisse, on suit et on se reprend au jeu pour les autres ».

Et des amitiés se sont tissées et ont franchi les années sans prendre une ride: « Je suis très amie avec miss Franche-Comté, je suis toujours encore en contact avec la 1re dauphine miss Guadeloupe, miss Normandie et bien d’autres ».

Mais de cette belle aventure a découlé la suite aussi de sa carrière professionnelle : « Lors d’une conférence de presse, étant à l’aise sur scène, on m’a demandé de présenter les candidates de l’élection de miss Bourgogne. Puis on m’a confié l’animation. J’aime relever les défis et c’est parti comme cela… ».
La suite s’est enchaînée tout en conservant un lien plus que fort avec l’institution miss France, puisque Sylvie Tellier lui demanda de s’occuper de la délégation Ile de France. Et c’est ainsi qu’avec son père et une ancienne candidate, elle organise les castings, recrute les postulantes, s’occupe de la mise en scène, de l’organisation de la finale régionale… et, bien évidemment, de la présentation de la soirée.

Car, alors qu’elle était directrice de casting pour des jeux télévisés à Paris, elle décida de revenir sur ses terres dijonnaises. Un de ses amis lui dressa alors le constat qu’« il y avait très peu de femmes animatrices en Bourgogne ». C’est ainsi qu’elle est devenue maîtresse de cérémonie… Les féministes ne nous en voudront pas – nous parlons d’une miss tout de même – d’ajouter le qualificatif de… belle pour toujours !

Jeanne Vernay

Crédit photo : Christophe Remondiere