Avec 13 500 logements et un rayonnement sur 130 communes du département, Orvitis est le premier bailleur de la Côte-d’Or. Durant la crise sanitaire mais aussi, dorénavant, en pleine crise économique et sociale, son rôle a été et est essentiel. Son président, François-Xavier Dugourd, et son directeur général, Christophe Bérion, nous détaillent les enjeux.
Dijon l’Hebdo : Comment Orvitis a-t-il continué d’assurer ses missions durant le confinement ?
François-Xavier Dugourd : « Nous avons fait preuve de résilience et d’agilité. Les ressources humaines d’Orvitis ont aussi été impressionnantes et nous avons pu maintenir une belle qualité de service en étroite relation avec les entreprises et les prestataires. Je tiens à insister sur tout le travail effectué par les services d’Orvitis comme, par exemple, pour l’attribution des logements, avec l’organisation des Commissions dématérialisées et le développement des visites virtuelles 3D d’appartement avec l’avènement d’outils spécifiques de substitution… »
Christophe Bérion : « Avec l’application Orvitis dans ma poche, nous avons également mis en place le service de paiement par carte. Depuis le début de l’année, 2 500 clients utilisent notre application et 300 d’entre eux ont utilisé ce mode de règlement par carte. Et ce n’est qu’un exemple des adaptations auxquelles nous avons eu recours ».
DLH : Quels sont les enjeux post-Covid 19 pour un bailleur de votre importance ?
François-Xavier Dugourd : « Durant la crise sanitaire, nous avons conservé un lien étroit avec nos locataires et, en particulier, les plus fragiles et les plus âgés. Nous avons fait face à la crise sanitaire mais également à son corollaire, la crise économique. Sachez par exemple que nous avons eu la volonté de régler le plus rapidement possible nos fournisseurs afin de maintenir l’activité du bâtiment et des travaux publics. Maintenant, ce qui nous préoccupe, c’est la crise sociale. Le logement social, c’est notre cœur de métier, et notre public représente la part la plus fragile de la population. Nous sommes particulièrement attentifs à l’évolution du pouvoir d’achat, la paupérisation d’un certain nombre de personnes… Ce sont des gros points d’interrogation mais nous sommes vigilants. Le logement social sera forcément au cœur de l’évolution sociale de notre pays ».
Christophe Bérion : « Toutes les conséquences ne sont pas encore connues aujourd’hui. Nous avons eu les familles touchées par le chômage partiel avec des baisses de revenus qui ont généré déjà des problèmes économiques. La grande inconnue réside dans la projection au second semestre avec des pertes d’emploi qui risquent d’intervenir et des difficultés accentuées sur certains territoires. Des risques existent en termes de perte de population sur ces territoires, ce qui engendrerait des logements vacants. C’est difficile aujourd’hui de se projeter. Le lien que nous avons conservé que ce soit entre nos salariés, avec nos clients et avec nos partenaires, en garantissant notamment le règlement des entreprises, a été essentiel. Nous avons notamment réussi cela grâce à un outil informatique performant ».
DLH : Le confinement a généré des arrêts de chantier sur nombre de vos projets… Comment faites-vous face à ces retards ?
Christophe Bérion : « On estime que cela représente 8 M€ décalés sur la période. Même si certaines activités ont été maintenues sur la sécurité, l’entretien et l’hygiène de nos bâtiments, l’ensemble des chantiers de construction ou de rénovation ont subi des arrêts. Le redémarrage a été également très compliqué à la sortie du confinement mais aujourd’hui 100% de nos chantiers sont repartis. Avec les fédérations professionnelles, nous avons souhaité parler d’une seule voix au niveau de l’ensemble des bailleurs sociaux de Bourgogne Franche-Comté. Ainsi avons-nous travaillé sur une charte de prise en compte des surcoûts liés au Covid-19.. L’autre point noir de vigilance concerne tous les travaux dans l’habitat occupé parce que les interventions des entreprises en présence des locataires est délicate eu égard aux mesures barrière. C’est une vraie problématique. Le risque majeur est de voir les coûts s’envoler dans les semaines qui viennent par rapport à de nouvelles consultations pour intégrer les risques de Covid-19. C’est une vraie inquiétude notamment après la mise à mal financière que nous avons subie des gouvernements successifs. Le plan de relance sur lequel le gouvernement souhaite que l’on soit très actif risque de ne pas être au rendez-vous. Au final, le risque c’est que notre modèle soit mis à mal ».
DLH : Le tournant majeur que vous avez abordé par le biais du rapprochement avec d’autres bailleurs – Grand Dole Habitat (Jura), Domanys (Yonne) et Hamaris (Haute-Marne) – afin de faire naître la société anonyme de coordination, Idelians, peut-il vous permettre de franchir ce cap… ?
François-Xavier Dugourd : « Franchir ce cap est évidemment compliqué. Pour ce faire, Orvitis doit continuer d’évoluer. L’une des pistes est évidemment Idelians et ce projet de mutualisation des services supports avec d’autres bailleurs avance très bien. Cette société qui, à la fin de l’année, comptera 31 000 logements et interviendra sur 450 communes, sera complètement opérationnelle. Nous avons besoin d’un agrément ministériel pour finaliser cette société de coordination et nous avons soumis ce dossier au préfet. La lettre qu’il nous a adressée est particulièrement intéressante : « De longue date, votre organisme contribue très largement à la réponse aux besoins des publics les plus vulnérables en matière d’habitat et dispose par ailleurs d’organes de gouvernance qui fonctionnent bien, d’une santé financière solide grâce, notamment, à des effectifs bien maîtrisés (…) En conséquence, votre projet accueille de ma part un avis très favorable… » Cette réponse n’est pas faite à tout le monde ! »
Propos recueillis par Camille Gablo





