Le printemps 2019 a vu le jaune dominer un peu partout, notamment sur les ronds-points de l’hexagone. En revanche, il semble que cet automne en dépit de feuillages flamboyants affiche une belle verdeur dans les rayons, qu’il s’agisse de produits pour la maison, de produits alimentaires – tous ou presque rebaptisés bio, ou qu’il s’agisse de produits d’hygiène, de cosmétiques et même de tongs en plastique recyclé… Marche-t-on sur la tête ? La question est posée. Réponse avec le bambou, très tendance à l’intérieur et à l’extérieur des maisons…
Mais investiguons d’abord dans le secteur du bâtiment où le bambou fait un carton dans les habitations collectives (jusqu’à six étages) ou individuelles en Chine, dans tout l’Orient ainsi que sous les tropiques. Les entreprises occidentales et américaines l’utilisent de plus en plus, mais après traitement élaboré à base de borax pour résister aux insectes, aux moisissures ou aux champignons. Un autre procédé consiste à faire bouillir le bambou coupé pour enlever l’amidon qui attire les insectes ! Plusieurs instituts, entreprises ou universités poursuivent des recherches sur l’utilisation du bambou comme matériau de construction écologique, voire même pour réaliser des réseaux de canalisation ou encore le faire entrer dans la composition du béton. Il offre, semble-t-il, une résistance qui peut se révéler supérieur à l’acier. Aux États-Unis comme en France, il existe des maisons entièrement en bambou, résistantes aux tremblements de terre. Elles sont certifiées au niveau international. Il existe d’ailleurs trois normes ISO pour le bambou matériau de construction.
Le bambou ? Encore, toujours et partout ! Le voilà, substantifique mœlle de brosses à dents, de sous-vêtements, de pulls et tricots fins (un bémol : sa texture semble peut-être un peu molle et froissable). Ce qui n’empêche pas notre bambou, vedette de l’automne, d’infiltrer les rayons dédiés aux chaussettes : il semble que ce soit un excellent « chaussant », car il atténue les effets indésirables de la transpiration. En revanche, de nombreux dentistes se montrent réservés sur l’usage des brosse-à-dents en fibre et manche de bambou : les bactéries y prospèrent bien plus que dans des poils synthétiques. D’où, après brossage, un entretien qui implique de la rigueur.
Les vêtements en jersey viscose opèrent un beau come-back sur la scène automnale avec des robes, des pulls et des chemisiers qui séduisent par leur fluidité. C’est une matière artificielle dérivée de la cellulose de bois, fibre naturelle. La pulpe végétale est extraite, remaniée par traitements chimiques et physiques afin d’obtenir des filaments plus ou moins longs. La viscose passe souvent pour écologique de par son origine naturelle. Or, le processus chimique utilisé dénature en partie la cellulose. Il arrive que les solvants utilisés soient toxiques, et déversés dans la nature ils nuisent à l’environnement. Par ailleurs, la fabrication de la viscose nécessite beaucoup d’eau et de cellulose de bois (jouant ainsi un rôle majeur dans la déforestation.)
Le lin et le coton dits « bio » font le lit… des vêtements de nuit de la collection automne/hiver 2019/2020 : pyjamas, chemises de nuit et sous-vêtements. Ces derniers étant particulièrement appréciés des sportives et sportifs.
Quant aux produits cosmétiques, de plus en plus de laboratoires préfèrent les colorants naturels à ceux de synthèse. Attention ! Colorants naturels ne sont pas synonymes de colorants hypo-allergisants… Sans faire du mauvais esprit, on peut dire que le « bio » ou le « naturel » qui revient au galop depuis l’été sont en passe de réussir un lavage de cerveau accompli : le shampoing solide a tous les suffrages d’un public qui se veut averti. Itou pour les savons d’Alep ou de Marseille qui, eux, possèdent réellement des vertus intéressantes, à condition que les fabricants ne leur adjoignent pas des parfums de synthèse. N’oublions pas que le label « bio » aime bien se faire…mousser.
Marie France Poirier





