François Sauvadet : « Le bien-vieillir à domicile est le coeur de notre politique »

La 6e édition du Salon des Seniors se tient les 11 et 12 avril 2019 au Parc des Expositions de Dijon. Cette année, le rendez-vous pour les plus de 60 ans revient sous une forme inédite : un espace d’exposition optimisé avec des animations plus nombreuses et des conférences au cœur du salon. François Sauvadet évoque cette thématique qui s’inscrit pleinement dans les compétences du conseil départemental qu’il préside.

Dijon l’Hebdo : Combien le département de la Côte-d’Or compte-t-il de seniors ? Parmi eux, quel est le pourcentage de ceux qui sont encore autonomes ?

François Sauvadet : « En Côte-d’Or, on compte quelque 130 000 personnes âgées de plus de 60 ans. Ce sont ceux qu’on appelle les seniors. La très grande majorité d’entre eux sont autonomes et continuent de vivre à leur domicile.

Plus précisément, on a recensé environ 12 500 personnes âgées de plus de 60 ans bénéficiaires de l’Allocation personnalisée d’autonomie (6 000 à domicile et 6 500 en établissement). Etant bénéficiaires de l’APA, elles sont considérées comme dépendantes.

Toutes les autres sont supposées autonomes mais il faut toutefois préciser que toutes les personnes dépendantes n’ont pas demandé l’APA. Vous comprendrez aisément qu’il est impossible de les dénombrer précisément.

On estime qu’environ 10 % de la population de plus de 60 ans est dépendante. »

DLH : De quelle façon un département peut-il aider ses seniors à mieux vieillir ?

F. S : « D’abord, c’est notre mission. Et nous avons la volonté de permettre aux personnes âgées de bien-vieillir chez elles, partout dans le département, dans la métropole comme dans chaque village. Tout simplement parce que c’est leur souhait ! Le « bien-vieillir à domicile » n’est pas un slogan en Côte-d’Or. C’est le coeur de notre politique à l’égard des personnes âgées.

Et pour nos aînés les plus dépendants, qui ne peuvent plus se débrouiller seuls et qui ont besoin d’être accompagnés au quotidien, le Département a mis le paquet sur la modernisation des établissements d’hébergement et d’accueil pour personnes âgées dépendantes, les EHPAD.

DLH : Quels seront les points forts de cette sixième édition du salon « Bien vieillir en Côte-d’Or » ?

F. S : « Tout d’abord, nous avons repris tout ce qui a fait le succès des 5 précédentes éditions. Car ce salon, le plus important de toute la Bourgogne-Franche-Comté, connaît un succès croissant depuis sa première édition, en 2014. On a compté 5 000 visiteurs en 2014, il y en a eu 9 000 en 2018.

Les villages thématiques, au nombre de dix, ont été conservés car ils permettent de structurer le salon en différents espaces facilement reconnaissables par les visiteurs. Près de 200 experts seront présents pour guider les visiteurs, les informer, leur faire tester des activités ou du matériel, échanger sur les différentes problématiques liées à l’âge.

Pour l’édition 2019, nous allons proposer plus d’animations, plus de tables rondes et de conférences. Il y en aura pour tous les goûts !

Nous allons également proposer un job dating sous une forme totalement inédite, en partenariat avec Pôle emploi. Et nous allons tenter de résoudre une équation plus complexe qu’il n’y paraît : alors que le nombre de demandeurs d’emploi est important, les entreprises du secteur de l’aide à la personne peinent à recruter. Via le salon, il s’agira donc de mettre en relation les entreprises et les associations avec les demandeurs d’emploi. Le Conseil départemental en profitera également pour inciter les personnes en insertion dont il a la charge à participer à ce job dating. »

DLH : Quel est le poids financier des seniors dans le budget du Département ?

F. S : « Dans son budget 2019, le Conseil départemental va consacrer près de 284 millions d’euros aux plus fragiles. 76,5 millions d’euros sont fléchés en direction des personnes âgées.

Dans le contexte financier extrêmement contraint que nous impose l’Etat, l’effort financier de la collectivité en direction de nos aînés est considérable. Les personnes âgées représentent le premier poste budgétaire des actions de solidarité. »

DLH : Quels sont les autres services innovants que le Conseil départemental propose aux seniors ?

F. S : « Nous sommes particulièrement en pointe sur la prévention. Le Conseil départemental consacre chaque année un million d’euros pour initier des actions de prévention en direction des seniors.

Nous nous sommes également dotés d’un nouveau cadre pour planifier notre politique sur les personnes âgées. Lors de la dernière séance plénière, lundi 25 mars, le Conseil départemental a adopté son schéma de l’autonomie pour la période 2019-2023. Ce document précise la stratégie du Département en matière d’accompagnement des personnes âgées pour les cinq prochaines années.

Concernant les services innovants proposés par le Département, je veux signaler la simplification des démarches, avec la plateforme Viatrajectoire, mise en place par l’ARS pour renforcer l’accompagnement des personnes âgées et de leurs familles. Viatrajectoire facilite la recherche d’une maison de retraite et d’un EHPAD.

Concernant la modernisation de nos outils, on peut citer les tablettes numériques fournies à l’ensemble des travailleurs sociaux en charge de la prestation APA ou la simplification du paiement, avec le paiement direct auprès du prestataire de service qui intervient auprès de la personne. Le bénéficiaire ne procède à aucune avance de fonds et c’est le Conseil départemental qui s’occupe de toute la partie administrative et financière. »

DLH : En quoi les équipements domotiques et les services numériques peuvent-ils faciliter la vie quotidienne et contribuer au maintien à domicile des personnes en perte d’autonomie ?

F. S : « On vit une véritable mutation : le numérique a envahi nos vies. Chacun le voit bien. Et ses applications sont aussi nombreuses que variées. La domotique en est une.

Les techniques utilisées dans le logement permettent non seulement de répondre aux besoins de confort des personnes, mais elles ont une véritable utilité quand elles ont aussi pour améliorer les conditions de vie des personnes âgées.

Surtout, certaines innovations domotiques viennent en complément de l’humain pour permettre à nos ainés de continuer de bien-vieillir à leur domicile. »

DLH : Le bailleur social Orvitis a aménagé un appartement connecté test au 5 allée de Thann à Dijon-Fontaine d’Ouche. Que trouve-t-on dans cet espace ?

F. S : « Cet appartement, qui s’inscrit dans le dispositif Futurs 21 porté par le Conseil départemental, propose toutes les dernières innovations de la domotique, à savoir des commandes à distance d’équipements, des détecteurs de mouvements de vie et une plate-forme numérique de services pour lutter contre l’isolement.

Dans le logement, la personne pourra également s’équiper des chaussures « E.vone », créées par Eram, qui détectent les chutes et permettent de géolocaliser ceux qui les portent. Cela peut s’avérer très utile pour les familles quand une personne âgée est désorientée, qu’elle s’est perdue et qu’il faut la retrouver rapidement.

On va tester ce dispositif auprès de 350 personnes et tirer ensuite les conclusions de cette expérience avant de la généraliser. »

Propos recueillis par Jean-Louis Pierre