Au numéro 5 de la rue docteur Albert Rémy…

 

 

 Plus une ville est en expansion, plus le besoin de construire et de faire appel à des architectes pour tenir compte de la topologie se fait sentir. Tel fut le cas de la rue du docteur Albert Rémy, ex-rue Longeaut-la-Gare, au pied de la voie du PLM, en contrebas du remblai et ne présentant donc pas de numéros pairs.

Le nom actuel de cette voie lui vient de ce praticien ORL du Chemin de fer – alors, à l’époque, société privée. L’homme était charismatique : il soignait les pauvres et les petites gens sans demander d’honoraires. C’est donc tout naturellement qu’en 1929, 4 ans après sa mort, la ville donne son nom à cette portion de rue partant de la rue Guillaume Tell.

Au numéro 5, bien plus tard, un hall avec de grands panneaux de papiers peints Fourcray se signalait à l’attention du public et des…  acheteurs ! Jouxtant ce magasin, se trouvait un garage de stationnement où les automobilistes provenant des environs de Dijon pouvaient se garer, fusse pour une seule heure.

Au dernier sous-sol se trouve une sortie qui permet de se rendre à pied dans la rue Millotet, à proximité de l’hôtel de Paris. Cet établissement possède lui-même deux sous-sols : le premier abrite les cuisines dont les appareils fonctionnent à l’époque au charbon, et le second sert de réserve à l’indispensable combustible. C’est donc aux apprentis cuisiniers que revenait la charge de remonter ledit charbon ! Avec le recul, on se rend compte du caractère mesquin de cette période : pour éviter que ces jeunes gens ne s’attardent à observer des poses en allant chercher le charbon, on leur a fait croire qu’il y avait des rats énormes… Résultat, on assistait à un beau concert des seaux en fer, dont le bruit se voulait propice à éloigner tout bestiaire. Depuis, toutes les issues donnant rue Millotet ou rue du Docteur Albert Rémy ont été bouchées.

Roger Loustaud