François Rebsamen : « La décentralisation, c’est le combat de ma vie »

 

« Le privilège de l’expérience me permet une certaine liberté et une certaine franchise : la décentralisation, Monsieur le Premier ministre, de Mitterrand à Mauroy, Defferre et Joxe, c’est le combat de ma vie politique. Partout en France, elle a produit de grandes et belles avancées. Elle a prodondément modifié notre pays, ses villes, libéré les initiatives locales, rendu à la décision politique et à la démocratie la vertu de la proximité pour faire émerger l’élan d’une innovation qui a su irriguer tout le territoire français.

Les efforts, nous savons les faire. Nous les avons fait sous le quinquénnat de Nicolas Sarkozy qui a inauguré le gel des dotations aux collectivités en période de crise financière mondiale. Nous les avons fait sous le quinquénnat de François Hollande, qui fut celui non seulement du surgel mais de la glaciation budgétaire, avec un effort de 11 milliards d’euros. Je ne suis pas le plus mal placé pour dire que cet effort a été douloureux. Nous avons pris notre part au redressement des comptes publics. Je pourrais même dire que nous avons pris davantage que notre part, au regard du poids comparé des collectivités dans la dépense publique, et dans la dette publique. Nous l’avons fait quand la France était en crise.

Mais sans mésestimer aucun des défis économiques et financiers actuels, la situation a changé, le redressement des comptes publics est amorcé, la croissance est de retour, nous souhaitons qu’elle soit durable. C’est la raison pour laquelle nous considérons que la contractualisation avec l’Etat, telle que proposée aujourd’hui, est une entrave au projet des collectivités territoriales en développement et ne peut constituer un mode de relation structurelle ni durable entre l’Etat et les villes. »

 

Photo : Philippe Maupetit