Aéroport de Dijon : « Une nouvelle page s’ouvre »

Président du syndicat mixte, José Almeida détaille les enjeux du « nouveau modèle économique » de l’aéroport de Dijon-Longvic.

Exit la base aérienne 102, place à la gendarmerie… les échéances annoncées pour l’implantation de leur école seront-elles tenues  ?
José Almeida : « L’école de la gendarmerie ouvrira bien fin 2016 sur 200 ha et accueillera à terme 720 élèves et près de 180 encadrants. Nous savons également qu’ils ont besoin d’une centaine de logements pour accueillir leurs familles. Ce qui est particulièrement intéressant pour la commune de Longvic. Les gendarmes ont aussi prévu un volume financier pour s’installer dans les meilleures conditions. Des investissements ont ainsi été réalisés sur la BA 102 afin, notamment, de créer des salles de cours. Il est actuellement envisagé, pour un budget d’environ 4 M€, de transformer des bâtiments existants en un amphithéâtre ».

Avec le départ de la BA 102 et celui des lignes régulières, le maintien de l’aéroport n’allait pas de soi. Quelle a été votre stratégie pour le conserver ?
José Almeida : « Nous souhaitions maintenir une activité aéroportuaire, et notamment de transport sanitaire, mais pas à n’importe quel prix. Il fallait que l’on trouve un autre modèle économique au regard des nouvelles normes européennes et françaises mais il fallait aussi arrêter de solliciter le contribuable. C’est la raison pour laquelle au 1er septembre 2014 cet aéroport est devenu civil. Nous avons négocié avec la Défense l’obtention des hangars qui accueillaient auparavant les mirages, qui sont partis d’ailleurs, pour la majeure partie, dès 2011. Ces hangars sont destinés à rentabiliser l’ensemble de la zone, c’est à dire à trouver un nouveau modèle économique. L’aéroport n’aurait pas été assez rentable s’il restait sur son périmètre économique originel. Notre objectif est ainsi de proposer, sur les 300 ha, une zone d’activités dédiée principalement, mais pas seulement, aux entreprises œuvrant dans le monde aéronautique. Et ce, autour de l’aéroport qui est le produit d’appel ».

L’accueil de nouvelles entreprises est ainsi l’objectif que vous avez fixé à l’exploitant…
José Almeida : « La SNC Lavalin est l’exploitant retenu pour une période de 12 ans qui a débuté au 1er janvier dernier. Une durée trop courte n’aurait pas permis au délégataire de réaliser des investissements et de rentabiliser le site. Epaulés par le Grand Dijon, ils ont d’ores et déjà trouvé des entreprises. Nous sommes au début d’une nouvelle page de l’aéronautique de l’agglomération dijonnaise. Mais j’attends que l’exploitant remplisse tous les locaux mis à disposition par le syndicat mixte ».

En avons-nous réellement terminé avec les lourdes subventions publiques ?
J. A. : « Les contributions publiques devaient cesser. Ce n’était plus raisonnable. Aussi fallait-il que l’on passe la main au privé. Sur les 12 ans qui viennent, la contribution publique restante sera diminutive, à raison de 11% chaque année. Nous donnons cette année environ 500 000 euros, puis de moins en moins, et dans 12 ans, cela s’inversera et ce sera le délégataire qui nous versera alors une contribution. Et nous avons trouvé un nouveau modèle économique afin – et je veux le rappeler – de répondre aux attentes de la Chambre régionale des comptes ».

La question de l’attractivité de l’agglomération dijonnaise était également en jeu…
J. A. : « La continuité et le maintien de l’aéroport sont essentiels pour le rayonnement et l’attractivité du territoire. Mais tout a changé parce que c’est à la fois du développement économique et du tourisme d’affaires articulés autour de l’aéroport. Nous avons en effet besoin de cet outil notamment avec l’avènement de la Cité internationale de la Gastronomie et du Classement Unesco des Climats. Nous en avons besoin en tant que capitale régionale ».

Comment vont s’articuler les aéroports de Dijon-Longvic et de Dole-Tavaux ?
J. A. : « Il faut réfléchir à l’échelle de la grande région à une répartition des fonctionnalités des différents aéroports. Le conseil régional vient d’ailleurs d’engager une réflexion sur ce sujet. Nous devons apporter une cohérence aux outils aéroportuaires en identifiant des modèles économiques qui soient compatibles avec les normes françaises et européennes mais aussi avec les attentes de la population. C’est un peu comme les campus universitaires avec un lieu principal et d’autres sites éclatés. L’enjeu est là ! »

Propos recueillis par Xavier GRIZOT