Le cactus de Jean-Pierre Collard

Où il est question de Pôle Emploi… Un de mes amis a récemment cessé son activité. N’ayant qu’une seule salariée, il lui a proposé comme la loi l’y oblige, un CSP. De quoi s’agit-il ? Voici ce qu’en dit le Ministère du Travail : « Le contrat de sécurisation professionnelle (CSP), créé par la loi n° 2011-893 du 28 juillet 2011 citée en référence, s’adresse aux salariés dont le licenciement économique est envisagé dans une entreprise non soumise à l’obligation de proposer un congé de reclassement. Ce contrat, d’une durée maximale de 12 mois, a pour objet l’organisation et le déroulement d’un parcours de retour à l’emploi, le cas échéant au moyen d’une reconversion ou d’une création ou reprise d’entreprise. Pendant la durée de ce contrat, et en dehors des périodes durant lesquelles il exerce une activité rémunérée, le titulaire du CSP perçoit une « allocation spécifique de sécurisation professionnelle » (ASP) égale à 80 % du salaire journalier de référence (soit à peu près l’équivalent du salaire net) pour les salariés justifiant d’un an d’ancienneté dans l’entreprise ».
Fort bien, l’intention est louable. Dans les faits, comment cela s’est-il déroulé pour cet ami et sa salariée (âgée de 58 ans) ? La déclaration faite le 15 février dernier avait soit disant été perdue ; inquiète de n’avoir pas de nouvelles, la salariée est revenue vers son ancien employeur ; celui-ci, apprenant que le dossier n’existait nulle part, a du recommencer toute la paperasse, assisté en cela par son expert comptable ; mi mars la salariée, n’ayant toujours pas de nouvelles de Pôle Emploi Dijon, s’est inquiétée auprès de ce service public. Pas d’affolement ma brave dame lui fut-il répondu, une réunion d’information va bientôt avoir lieu… Fin avril, cette réunion lui permit d’apprendre qu’elle allait être prise en charge et qu’elle pourrait toucher son allocation spécifique de sécurisation professionnelle dès le 1er mai. Fantastique, n’est-ce pas ? Quant à savoir comment elle a pu vivre pendant plus de deux mois sans percevoir un centime, c’est une autre histoire … En mai, il lui fut dit que pour la formation choisie (informatique Word et Excel) il n’y avait pas de stage prévu avant septembre ou octobre. La voici donc avec 7 à 8 mois écoulés entre son inscription et l’éventuel début d’une formation lui permettant de se recycler. Sans sous estimer la charge de travail du personnel de Pôle Emploi, qu’il me soit ici permis de pousser un coup de gueule tonitruant.
Autre exemple : Un patron de café restaurant rencontré récemment m’a fait part de ses difficultés pour embaucher une personne avec le contrat unique d’insertion. Pour ceux qui ne le connaissent pas – et j’en faisais partie – voici son objet : «  Le contrat unique d’insertion - contrat initiative-emploi (CUI-CIE) constitue la déclinaison, pour le secteur marchand, du « contrat unique d’insertion » (CUI). Il a pour objet de faciliter l’insertion professionnelle des personnes sans emploi rencontrant des difficultés sociales et professionnelles d’accès à l’emploi ». Là encore, objectif louable. Sauf que lorsque vous travaillez de 6 heures à 20 heures non-stop vous ne pouvez pas vous déplacer à Pôle Emploi pour aller signer le dit contrat. Notre patron a donc du mandater son expert comptable pour signer à sa place. Résultat, une semaine de perdue pour tout le monde. Question : Ils ne peuvent pas se déplacer les gens de Pôle Emploi ?
On croit rêver et on se demande s’il n’y aurait pas quelque chose de pourri au royaume de France. Sans sous estimer la charge de travail du personnel de Pôle Emploi, qu’il me soit ici permis de pousser un coup de gueule tonitruant.