Tout a commencé par un SMS envoyé mi-novembre l’an passé. L’artiste Olga Gay souhaite rencontrer Nadjoua Belhadef, l’adjointe déléguée au commerce. Un RDV. Une belle rencontre. Un coup de cœur. « Oeuvres en vitrine » était née.
Dijon l’Hebdo : Vous n’avez pas hésité une seconde à répondre favorablement à cette initiative ?
Nadjoua Belhadef : « Pas une seconde ! Vous imaginez ? Un projet alliant culture et commerce qui sont pour moi deux domaines de prédilection. J’ai évidemment souhaité associer Christine Martin, ma collègue adjointe à la Culture, qui, elle aussi, a immédiatement adhéré à cette initiative.
J’ai trouvé cette idée extraordinaire à plusieurs titres. Déjà, cela permettait d’égayer des endroits fermés, sombres, sans lumière. Ensuite, cela remettait la culture au vu de tout à chacun, en direction de ceux qui visitent les musées, voient des expositions mais aussi, et surtout, ceux qui n’en ont jamais l’occasion, pour qui ce n’est pas dans l’ADN. Une formidable occasion de vulgariser la culture et de la mettre sur notre chemin de tous les jours ».
DLH : La mise en place a-t-elle pris du temps ?
N. B : « Pas vraiment. Olga avait déjà, de son côté, commencé à contacter des propriétaires de boutiques vides d’activités pour y exposer des œuvres d’artistes. J’ai appelé les propriétaires des locaux de la rue Musette et de la place Notre Dame le soir même de notre rendez-vous. Ce qui a été formidable, c’est qu’ils se sont inscrits immédiatement dans ce projet. Mais pour sécuriser ces propriétaires, la ville de Dijon a pris l’engagement de rédiger la convention de partenariat, très simple dans sa rédaction, entre l’artiste et le propriétaire des lieux qui met gracieusement son local à disposition jusqu’à l’éventuelle signature d’un nouveau bail commercial. Vous l’avez compris : nous, ce qu’on cherche avant tout c’est être facilitateur ».
DLH : Et si vous deviez dresser un premier bilan ?
N. B : « Nous avons là un formidable trait d’union entre la culture et le commerce. Chacun y trouve son compte : l’artiste, une visibilité, et le commerce, une belle vitrine. C’est aussi un acte de solidarité qui donne foi en la nature humaine. Cette crise peut également montrer le bon côté des choses. C’est un cercle vertueux et on en a bien besoin en ce moment. Et quel bonheur de voir ces artistes locaux retrouver le sourire !
Et l’initiative s’est multipliée. Shop’in Dijon a joué le jeu. Un collectif a proposé de peindre des vitrines. Des commerces ouverts ont accepté d’exposer des œuvres. C’est le cas chez Monoprix mais aussi dans des commerces plus petits comme Le Roy René, rue des Godrans… Je formule un vœu : j’aimerais que cette action s’inscrive dans la durée ».
Propos recueillis par J-L. P


