L’Atelier Kobo : Une tapissière qui a de l’étoffe

    79 rue de Longvic. L’atelier KOBO, nom de l’enseigne de la jeune tapissière, décoratrice et sellier Léa Montaron. Dès la porte franchie, on est saisi par les flagrances épicées des tissus d’ameublement et des bois des sièges, fauteuils, tabourets… Pause obligatoire dans un lieu magique, source d’espérance pour un mobilier qui a connu mille vies antérieures !

    Dès le premier abord, la jeune femme séduit par un regard ouvert et un esprit curieux. Le déclic qui l’a conduite au métier exercé avec passion ? « J’ai  toujours voulu faire de la déco d’intérieur » explique-t-elle. « Je n’ai jamais été dans le moule et je n’ai donc pas décroché le bac déco. Peu importe, car l’atavisme était là : l’une de mes grands-mères était couturière, l’autre antiquaire. Dès l’enfance, un vrai bonheur ! Toutes deux ont eu à cœur de me faire partager leur savoir-faire ainsi que leur amour du travail. Je me perçois telle la « passeuse » d’un monde peuplé de meubles anciens et l’opportunité de leur offrir un nouveau départ dans nos maisons ou nos appartements ».

    Léa accomplira sa formation à Dijon au CFA de La Noue, puis à Lyon chez les Compagnons du Devoir. En sept ans, sa clientèle s’est élargie : particuliers bien sûr, mais aussi hôteliers, propriétaires de restaurant, architectes… Léa confiera entre deux coups de maillet se sentir « fière d’offrir un avenir au mobilier de famille qui -plus que jamais aujourd’hui- a toute sa place. Rien ne s’oppose à un « cousinage » avec les meubles contemporains, fussent-ils design ! ».

    Léa Montaron vient de démarrer un chantier de rideaux et panneaux japonais. « Un vrai coup d’adrénaline » poursuit-t-elle. « Je suis talonnée par la nécessité de parvenir à l’excellence, de donner toute la mesure pour aboutir à quelque chose d’unique ». S’il est une expression que Léa refuse énergiquement, c’est l’idée que l’artisanat soit en voie de disparition : « Nous sommes en pleine révolution. L’artisanat en mode traditionnel a vécu » s’enthousiaste-t-elle. « La clientèle recherche du sur-mesure adapté à une façon de vivre supposant matériaux, confort et technicité d’aujourd’hui. On garnit désormais les sièges avec de la mousse. Les agrafes ont remplacé les semences... ; les machines-à-coudre, l’outillage sont de plus en plus performants. Voilà de simples exemples qui soulignent l’effort de notre profession pour se réinventer. Les tissus d’ameublement sont différents des étoffes de jadis. Certains sont imperméables aux taches. Jamais, il n’y a autant d’éditeurs de tissus, autant de créativité dans les coloris, les dessins ».

    Bravo, l’artisanat d’art a de l’assise et de l’étoffe !

    Marie-France Poirier

     

    Le bel Avenir

    Léa va jusqu’au bout de ses convictions. Elle ne renâcle pas à prendre des personnes en formation dans le but d’une reconversion professionnelle. Elle envisage d’ailleurs, d’ici à trois-quatre ans, d’engager un apprenti. Toujours dans ce même esprit de partage, elle vient de lancer l’idée suivante : organiser pour les particuliers des stages d’une durée de 5 heures, afin de créer un tabouret avec garnissage et habillage de tissu (170 €).

     

    Léa Montaron

    L’atelier KOBO, 79 rue de Longvic. Dijon.

    06 98 97 28 17

    www.tapissierdijon.fr