Pour l’adjointe déléguée à la Culture, Christine Martin, cette opération « Oeuvre en vitrines » représente un premier pas vers la reconquête culturelle… Le « partage » est de retour en attendant le grand saut de la réouverture des lieux culturels.
Dijon l’Hebdo : Cette initiative culturelle redonne-t-elle de L’Espoir, selon le titre de l’ouvrage d’André Malraux qui aspirait à la démocratisation de la Culture ?
Christine Martin : « Ce projet vertueux à plus d’un titre crée des solidarités. Cela permet de jalonner la ville avec des parcours artistiques suscitant un peu de bonheur et de détente dans un monde où l’arrêt est de rigueur pour tout ce qui concerne la joie de vivre. Cela fait plusieurs mois que les lieux culturels et les bars, brasseries et restaurants sont fermés. La jonction de la culture et du plaisir de vivre est importante, innovante et intéressante ».
DLH : Qu’entendez-vous par solidarité ?
C. M : « L’art représente un vecteur de partage. Lorsqu’il est absent de tout espace d’exposition, de démonstration, si on parle des spectacles vivants, les choses deviennent arides. Nous sommes, ici, dans l’art qui s’offre, l’art au coin de la rue. La mise à disposition des cellules commerciales par les propriétaires est intéressante. Tout comme ce que nous avons développé dans la ville, à l’image des fresques éphémères – comme celle à l’angle des rues Jean-Jacques Rousseau et d’Assas – ou des fresques pérennes dans le cadre des commissions de quartier – comme ces papillons rue des Godrans ».
DLH : L’art dans la rue rejoint, en quelque sorte, la gratuité des musées que Dijon a mis en place depuis 2004…
C. M : « C’est une volonté d’aller vers… Aller vers, c’est indispensable de tout temps, car il est nécessaire de ne pas simplement ouvrir les portes mais d’aller à la rencontre. La gratuité est quelque chose de formidable mais on sait très bien que, malgré cela, certaines personnes ne s’autoriseront jamais à franchir la porte d’un musée. C’est encore plus indispensable aujourd’hui eu égard aux restrictions sanitaires : il reste la possibilité de la rencontre avec l’art sur le lieu de vie. Il faut mener cela de façon intense… »
DLH : Et il existe d’autres initiatives du même type sur Dijon…
C. M : « Le collectif d’artistes qui s’est organisé pour occuper les cellules commerciales vides a essaimé. Des artistes plasticiens, notamment ceux de la Halle 38, sont partis à la rencontre du public de façon originale, avec des installations éphémères sur de petits terrains de sports – comme celui situé au-dessus de la montée de Guise où une artiste invite ses amis à installer régulièrement des choses –, une manifestation joyeuse colorée où les panneaux de revendication sont les œuvres d’une peintre ou encore une installation dans un bar de la rue Jean-Jacques Rousseau d’un collectif d’artistes qui se renouvelle tous les mois. Bientôt ce même collectif exposera dans les vitrines du Théâtre des Feuillants. Cela participe aussi de la reconquête des lieux culturels… »
Propos recueillis par C. G


