Cette Fédération porte bien son nom : « pour la pêche… et pour la préservation du milieu aquatique ! » A l’occasion du retour sur l’ouverture de la truite, qui fut une belle réussite, nous vous proposons une plongée dans les missions de cette structure que le célèbre écrivain bourguignon Henri Vincenot aurait sans conteste plébiscitées.
L’auteur du Pape des Escargots, qui avait la Bourgogne qui coulait dans les veines, aimait qualifier la Côte-d’Or comme « le toit du monde occidental ». Il faut dire que c’est dans notre département, plus précisément sur la commune de Meilly-sur-Rouvres, que se situe le triple point de partage des eaux : du Rhône vers la Méditerranée, de la Seine vers la Manche mais aussi de la Loire vers l’océan Atlantique ! C’est dire si la Côte-d’Or est une terre… d’eau et pas que de vin ! 1 486 km de rivières de 1re catégorie, 1 360 km de seconde catégorie, 1 550 ha de plans d’eau et réservoirs, 100 km de Saône et 205 km de canaux… Notre département a tout pour satisfaire les adeptes de la gaule (à ne pas confondre avec les inconditionnels d’Alésia).
L’ouverture de la truite : un grand succès
Et ce ne sont pas les milliers d’entre eux qui ont participé à l’ouverture de la truite le 8 mars dernier qui nous contrediront. Pour que cet événement, attendu chaque année, rencontre le succès, la Fédération départementale pour la Pêche et la Protection du milieu aquatique de Côte-d’Or s’est une nouvelle fois fortement mobilisée. Elle avait en effet ajouté 10 tonnes de truites d’élevage dans des points stratégiques.
« Nous avons lâché des truites arc-en-ciel élevées au sein de notre pisciculture. Celles-ci sont stériles, aussi ne peuvent-elles pas se reproduire et entrer en concurrence avec les espèces sauvages. La population naturelle de truite fario étant de moins en moins présente, cela permet d’éviter la pression sur les poissons sauvages. Et sur le plan halieutique, cela permet évidemment de satisfaire les pêcheurs qui peuvent prendre du poisson. Il faut savoir que nous rempoissonnons essentiellement sur des secteurs dégradés, sur des points faciles d’accès pour les personnes à mobilité réduite, sur les parcours jeunes. Et la réussite fut au rendez-vous avec beaucoup de pêcheurs sur l’ensemble du territoire », explique le président Jean-Pierre Sonvico.
La Fédération, dans son rôle de garderie, a effectué, par le biais de ses 6 agents assermentés, quelque 400 contrôles durant le week-end d’ouverture sur le département. Treize infractions ont été relevées, dont 8 pour défaut de carte. Si l’on ajoute l’action des membres bénévoles compétents des AAPPMA (associations agréées pour la pêche et la protection du milieu aquatique), ce sont environ un millier de contrôles qui ont été procédés.
Les projets de restauration
Mais c’est aussi grâce à l’action essentielle de la Fédération pour la restauration du milieu aquatique que les 25 000 passionnés encartés peuvent s’adonner pleinement à leur loisir. Une action qui œuvre à la préservation de la planète, chère à Henri Vincenot, et au développement durable d’une ressource capitale ! Et cela représente 70% des missions de la Fédération, ce qui est en encore trop méconnu.
Jean-Philippe Couasné, directeur du Pôle technique de la Fédération nous en dévoile plus : « Pour l’inventaire des poissons, nous disposons d’un réseau d’observation conséquent, fort de 114 stations. Nous évaluons l’état des cours d’eau grâce aux observations de la population de poissons qui représentent d’excellents indicateurs. Ensuite nous avons une politique de restauration des tronçons les plus dégradés ». Non sans détailler les actions programmées : « En 2025, nous avons 4 projets d’envergure sur la Tille, la Seine, la Bèze et la Vingeanne. Ces chantiers visent à améliorer la qualité physique de la rivière et, de facto, l’habitat pour le poisson. Nous refaisons des frayères, des caches, etc. L’investissement est de taille : pour la restauration sur la Bèze, ce ne sont pas moins de 90 000 € qui sont engagés. Au total, le budget travaux cette année est de l’ordre de 900 000 € ».
Ce qui fait dire au président : « Ce sont des sommes très importantes dépensées pour entretenir le milieu aquatique mais peu de gens le savent. Nous bénéficions de subventions de la Fédération nationale, des Agences de l’Eau, le Conseil Départemental, de Voies Navigables de France lorsque l’on réalise des chantiers en partenariat ». Et, comme ce fut le cas avec le chantier spectaculaire en 2017 de la renaturation sur 1 km de l’Ouche, où la population de poissons a été multipliée par 5, les résultats piscicoles sont au rendez-vous. Cette réalisation sert même de modèle au niveau national… »
La Fédération multiplie aussi les actions de sensibilisation à la connaissance du milieu aquatique dans les collèges et les écoles. Quand l’on sait cela, on comprend mieux les résultats du dernier sondage réalisé par Odoxa dont le président se félicite : « Cette consultation montre que 86% des Français ont une opinion favorable sur la pêche ! »
Xavier Grizot





