Créée en 1990 par Jean-Louis Seguenot, l’agence immobilière éponyme est aujourd’hui dirigée par Jean-Quentin Seguenot, un authentique professionnel qui fait autorité dans la cité des ducs. Il nous livre ici son sentiment sur la situation de l’immobilier en ce début d’année.
Comment évaluez-vous la situation de l’immobilier en ce début d’année ?
Jean-Quentin Seguenot : « La situation s’est améliorée depuis la fin de l’année dernière. Je pense que nous sommes nombreux à le constater mais la reprise est poussive. Les blocages que nous avons connus ces dix huit derniers mois étaient essentiellement dus à la perte de pouvoir d’achat des acquéreurs, avec des taux d’intérêts qui ont dépassés les 4% il y a un an quand nous étions à un peu plus de 1% deux ans plus tôt. La décrue s’est amorcée sur les taux, ce qui permet d’apporter un peu d’oxygène aux clients. Actuellement, nous voyons passer des dossiers autour des 3%.
Le marché s’ajuste après les excès post-covid que nous avons connus et les prix ont subi une légère correction. Le marché reste néanmoins saturé de biens surestimés qui, de fait, restent longtemps en commercialisation. Certains vendeurs ont encore du mal à entendre la réalité et nous avons le devoir en tant que professionnel de rendre des estimations justes en fonction de la réalité du moment. Je reste optimiste pour la suite. Je pense que le plus dur est derrière nous et que cette année va progressivement nous montrer des signes de reprise ».
Dijon et sa métropole tirent-elles mieux leur épingle du jeu que le reste de la France ?
« La ville de Dijon et sa métropole tirent plutôt bien leur épingle du jeu. Nous avons vu passer ici et là ces derniers mois plusieurs sondages mettant Dijon à l’honneur, concernant son attractivité, sa douceur de vivre. Dijon est une ville à taille humaine et à une histoire très riche, un centre-ville magnifique, les touristes en témoignent. Les derniers aménagements en date tels que l’aménagement de la Place Bossuet avec ses espaces verts et la rénovation du Centre Dauphine, entres autres, donnent un nouvel éclat au centre-ville. En temps que professionnel de l’immobilier, nous voyons de nombreux clients arriver de plus grandes villes et qui cherchent un endroit plus serein pour s’installer avec leurs familles ».
Votre profession n’est certainement pas sortie indemne de l’année noire que nous venons de vivre. Quel aura été l’impact chez vos confrères ? Disparition d’agences, licenciements, redressements judiciaires… ?
« Il est clair que cette crise a la particularité de s’étendre sur la longueur. Les premiers à en faire les frais ont été les promoteurs qui ont vu leurs ventes chuter pour différentes raisons. Les investisseurs ne sont clairement pas encouragés par les politiques de logement actuelles alors qu’il existe un réel déficit sur le marché locatif. A Dijon, il y a eu quelques fermetures d’agences immobilières, mais cela reste marginal. Par contre les trésoreries ont été clairement éprouvées. Les agences installées depuis un certain moment ont su tenir le cap malgré les difficultés ».
Ceux qu’on appelle communément les « indépendants » n’ont-ils pas été plus gravement touchés que les agences solidement installées sur leurs territoires ?
« Si vous parlez des mandataires, il y a certainement eu plus de casse chez eux. Il y a une politique de recrutement très agressive dans les différentes enseignes, donc il y en a forcément un plus grand nombre qui ont du jeter l’éponge. La facilité à s’installer en tant que mandataire peut laisser miroiter à certains que le métier est facile mais la réalité est toute autre, surtout en temps de crise ».
Entre évolutions des taux, nouvelles normes environnementales et transformation des usages, n’avez-vous pas le sentiment que 2025 pourrait marquer le début d’une nouvelle ère ?
« La correction des taux ces derniers mois nous a simplement fait revenir à une situation normale. Je travaille depuis plus de vingt ans dans l’immobilier et j’ai toujours connu des taux oscillant entre 3 et 5 %. Concernant les usages, nous avons clairement besoin de plus de logements. L’allongement de la durée de vie, les séparations entraînent une demande en constante augmentation. Les normes environnementales, quant à elles, posent de vrais problèmes dans le secteur du logement. Partant d’une bonne intention, leur application beaucoup trop restrictive est une des causes principales de la crise du logement. Voilà un joli défi pour le ministre du Logement… ».
Propos recueillis par Jean-Louis Pierre
Seguenot Immobilier
29 rue Bossuet – Dijon





