C’est dans l’enthousiasme et la convivialité qu’a été inauguré l’embellissement de la rue Monge et de la place Bossuet. Il aura fallu neuf mois de travaux pour que soit affiné le millésime 2024 de cet espace reliant la Cité internationale de la Gastronomie et du Vin et le cœur de ville.
Des ceps de vigne ont été plantés pour l’occasion… Les cépages se sont imposés d’eux-mêmes : Chardonnay et Pinot noir, Bourgogne oblige ! Aussi l’appellation terroir urbain, un oxymore diront certains, s’apparente-t-elle, à nos yeux, à une métaphore pour le nouvel axe Monge-Bossuet. Le symbole était fort illustrant la métamorphose (la rhétorique la plus à la mode à Dijon depuis la rénovation du musée des Beaux-Arts) de l’axe reliant la Cité internationale de la Gastronomie et du Vin et le cœur de ville. Un axe qui accueillera, dans quelques jours, rappelons-le, l’Organisation internationale de la Vigne et du Vin (OIV), au sein de l’hôtel Bouchu d’Esterno, un des joyaux patrimoniaux qui, lui aussi, a fait peau neuve.
Ce symbole faisait évidemment référence à Bacchus – qui, si l’on devait affubler, malgré notre côté laïc, un Dieu à ce quartier, s’imposerait de lui-même ! – mais aussi au tournant écologique pris depuis nombre d’années par la Cité des Ducs. Le maire François Rebsamen n’a pas manqué de le confirmer lors de l’inauguration le 21 septembre : « Nous devons répondre aux défis climatiques avec des solutions innovantes. C’est pour cela que ce réaménagement inclut plus de végétalisation et des aménagements favorisant la mobilité douce. Nous agissons pour rendre notre ville plus agréable, mais aussi plus durable ». Et le premier magistrat d’insister sur la préservation de la dimension patrimoniale : « Nous avons voulu, avec la nouvelle place Bossuet, donner un nouveau souffle à ce quartier historique tout en conservant son âme ».
Une transformation à déguster
Désimperméabilisation des sols, nouveau partage de l’espace public entre piétons, cyclistes et automobilistes, végétalisation (les plantations d’arbres sont programmées à la Sainte-Catherine), facilitation de l’accessibilité du parking Dauphine … les aménagements ont été multiples avec ce chantier qui fut qualifié, rappelons-le, de « grand projet du mandat ». Celui-ci vient allonger la longue liste des espaces publics qui ont été profondément transformés.
Le premier d’entre eux – nombre de jeunes Dijonnais l’ont oublié, tellement il fait désormais partie de notre quotidien – n’était autre que la place de la Libération qui fut, en 2006, libérée des voitures et des bus. Les places Darcy, Emile-Zola, des Cordeliers, Jean-Macé, Notre-Dame ont suivi… et les aménagements s’achèvent place du 30 Octobre. A l’instar des rues de la Liberté, du Bourg, des Bons-Enfants, du Palais, Vauban, des Godrans, Charrue, Piron, Notre-Dame… et la liste n’est pas exhaustive. Avec cet axe revu et corrigé, la capitale régionale poursuit sa mutation.
Neuf mois de travaux et 5,3 M€ d’euros d’investissement ont été nécessaires pour que les Dijonnais – et les touristes – puissent déguster cette nouvelle transformation. Les perturbations appartiennent désormais au passé et les commerçants et les riverains devraient profiter à plein de leur nouveau cadre de vie. Un cadre de vie qui conjugue contemporanéité et histoire. Car il ne faut pas oublier que ce quartier fut dans les siècles précédents celui des vignerons, qui venaient, au demeurant, vendre leur production place Bossuet. Quand l’on vous disait que c’était un véritable terroir urbain…
Xavier Grizot
Photo : François Weckerlé – Ville de Dijon





