Internationales : Les deux François lancent un message de paix

Le maire et président de Dijon Métropole, François Rebsamen, a accueilli l’ancien président de la République, François Hollande, pour la « leçon inaugurale » des Internationales. Un événement marqué du sceau des conflits actuels qui, chaque jour, noircissent l’actualité…

Sa dernière visite remontait au 6 mai 2022 et son menu avait été beaucoup plus festif. C’était lors de l’inauguration de la Cité internationale de la Gastronomie et du Vin, durant laquelle il s’était plu à qualifier Dijon de « capitale du monde ». Ce 17 novembre 2023, l’ancien président de la République a une nouvelle fois effectué le déplacement dans la ville de son ami François Rebsamen – il fut, entre autres, son ministre du Travail et, surtout, son bras droit au Parti socialiste lorsque le maire de Tulles en était le 1er secrétaire… du temps de la superbe de la rue de Solferino.

L’ancien hôte de l’Élysée est venu livrer son analyse sur la situation mondiale à l’occasion de la 6e édition des Internationales de Dijon organisées par l’IRIS (institut de relations internationales et stratégiques). Eu égard à l’actualité internationale qui s’immisce avec une rare acuité dans notre quotidien, sa vision sur le contexte géopolitique du moment était attendue.

Une vision qu’il donna dans une ville qui, comme l’a rappelé le maire François Rebsamen, « est une ville de paix » : « Voilà exactement 20 ans, après mon élection, que nous avons adhéré à l’association des communes, départements et régions pour la paix. Mais c’est au chanoine Kir, qu’il convient de rendre hommage. C’est lui, dans l’immédiat après-guerre, qui a su le premier prôner la réconciliation et créer les conditions permettant à Dijon d’être l’une des toutes premières villes à nouer des relations d’amitiés et de paix, en Europe et au-delà ».

« Une manifestation des jeunes »

Quant à l’ancien président de la République, dans une salle des États comble pour l’occasion, il souligna : « Je reviens donc vers la capitale, la capitale du monde, pour parler du monde ».  Un monde dont il analysa, entre autres, la montée des pays émergents, la guerre en Ukraine et, bien sûr, le confit au Proche Orient. D’aucuns ont ainsi pu retenir que « la réélection de Joe Biden aux États-Unis permettrait une continuité de l’aide militaire occidentale apportée à l’Ukraine ». Ou que « c’est aux pays arabes, ayant ignoré ces dernières années la question palestinienne, de trouver une solution pour sortir du chaos qui règne actuellement en Israël et à Gaza. Par solidarité vis à vis de la population palestinienne mais aussi parce que c’est leur région ».

François Hollande s’est également inquiété pour notre jeunesse : « Je pense que nous n’avons pas suffisamment mesuré l’impact de la crise sanitaire et de la crise sécuritaire sur la psychologie des jeunes. Les consultations de psychologues n’ont jamais été aussi nombreuses… »

Non sans les exhorter à se mobiliser : « Des lycéens m’ont demandé : « Qu’est-ce que vous nous conseillez de faire pour être utile ? On a tous eu 20 ans et on a tous été pour la paix, c’est rare que les gens soient pour la guerre. On ne demande pas aux jeunes d’être des négociateurs ou des diplomates. En revanche, que les jeunes se mobilisent fraternellement pour la paix, ça serait bien ! » Pour que cette jeunesse vive, plus tard, dans un monde différent du nôtre actuellement !

Xavier Grizot