Talant : « Investir dans différents secteurs d’activités »

Transition énergétique, rénovation du centre commercial du Point du Jour, développement économique, emploi, création d'une école conductive, vidéo-protection, embellissement de la ville, réflexion sur la bibliothèque... sont au menu du prochain budget de la ville de Talant. Explications avec son maire, Fabian Ruinet.

Dijon l'Hebdo : Quels sont les sentiments qui vous animent à la veille de cette prochaine année 2023 ?

Fabian Ruinet : « On va déjà se souhaiter que du positif même si, effectivement, il y a un environnement extérieur qui est compliqué, que ce soit en termes de pouvoir d'achat, de sécurité... 2023 sera l'année où finalement les gens seront totalement sortis du covid et vont se remettre en mouvement. Et c'est une bonne chose ».

DLH : Savez-vous déjà à quoi va ressembler le budget communal de 2023 ?

F. R : « Le covid ne nous a pas facilité la tâche et on peut dire que les communes, dans leur ensemble, ont pris du retard dans leurs investissements. De notre côté, nous avons passé deux ans d'études, de réflexions et de décisions. Le mandat précédent a vu la réalisation de l'Ecrin avec un investissement très important de 10 millions d'euros. L'objectif, désormais, c'est d'avoir des investissements dans différents secteurs d'activités. Le premier, c'est celui de la transition énergétique, bien sûr. Ce n'est pas le plus important mais c'est celui qui va s'inscrire dans la durée. Nous partons sur un budget de 400 000 € par an.

Ensuite, nous porterons notre effort sur l'activité commerciale. C'est le chef d'entreprise que je suis qui considère que l'action sociale la plus efficace, c'est celle du travail et du développement économique. C'est pour cette raison que nous allons investir massivement dans le centre commercial du Point du Jour avec le soutien de la SPLAAD et de la Métropole, pour pouvoir le réorganiser, le dynamiser et le rendre plus attractif. Il y a là, en effet, une soixantaine d'emplois qu'il faut absolument préserver. Nous allons verser 500 000 € à la SPLAAD pour la restructuration des lieux et ce sont des travaux qui dureront au moins jusqu'en 2028. Je rappelle que pour pouvoir intervenir dans cette structure de copropriétés, nous avons repris les espaces communs pour l'euro symbolique. Dans un premier temps, les deux bâtiments vont être déconstruits pour avoir une allée principale publique et en extérieur qui fera baisser de facto le niveau de charges des commerces. Le commerces seront réorganisés sur le premier bâtiment avec l'objectif d'attirer d'en attirer d'autres plus grands ».

DLH : Transition écologique, activité commerciale, emplois... Et la dimension sociale ?

F. R : « Elle a toute sa place. Si on veut développer des emplois, il faut aussi que les activités de services de la commune se développent. Particulièrement sur la petite enfance où on constate un besoin important en terme de places. Nous ferons en sorte de faciliter l'installation de micro-crèches sur le territoire communal et d'augmenter l'accueil de toutes les activités de garde d'enfants. On ne peut pas traiter les problèmes d'emploi si, en même temps, les parents n'ont pas des solutions de garde pour leurs enfants.

Il y a aussi un vrai sujet sur l'accessibilité et l'accueil des handicapés. Nous nous orientons, avec l'association « Un avenir pour Chloé » et la Croix Rouge, vers une école conductive, dans les locaux de l'ancienne école Freinet, qui va permettre de garder des enfants en complémentarité avec ce qui existe aujourd'hui. Un projet financé par l'ARS dans des locaux que nous mettons à disposition. Cela concernera des enfants, au nombre de 17 maximum, qui seront inscrits dans une école de Talant ou de l'extérieur et qui bénéficieront d'un soutien particulier au sein de cette nouvelle structure qui aura la particularité de centraliser les professionnels de santé. Notre volonté, c'est de rendre la vie plus facile aux parents qui ont un enfant handicapé ».

DLH : La fréquentation de la bibliothèque marque le pas. Qu'envisagez-vous ?

F. R : « Nous allons poursuivre notre réflexion sur la bibliothèque qui connait quelques difficultés de fréquentation, comme toutes bibliothèques de France d'ailleurs. Il faut reconnaître qu'il y a aujourd'hui une forme de désaffection de ce type de structure qui doit pourtant demeurer un espace à vivre, un lieu d'échanges prenant le pas sur le silence de cathédrale qu'on a connu à une époque. La réflexion doit aussi porter sur le type de fonds mis à disposition. Si on veut inciter les enfants à la lecture, ça passe peut-être par la BD... Et ce n'est pas dit qu'on soit suffisamment fourni en la matière.

Vidéo-protection, embellissement de la commune... font également partie intégrante des options retenues pour ce budget 2023 ».

DLH : En juin prochain, vous serez à mi-mandat. Pensez-vous avoir répondu aux objectifs que vous vous étiez fixés ?

F. R : « Les objectifs qu'on s'était fixés touchaient à la sécurité, à la tranquillité publique, l'amélioration du cadre de vie, le développement des services et le maintien des taux d'imposition. Sur ce dernier point, on a même fait mieux puisque nous avons été la seule commune, l'an passé, à baisser d'un point le taux de taxe foncière.

La tranquillité publique, reste un sujet très important. Nos concitoyens en témoignent. Quand on vient au pied d'un immeuble, dans le quartier du Belvédère, ce n'est pas de l'aide sociale qu'on nous demande, c'est de la sécurité. Nous sommes passés de deux à six policiers municipaux armés. Le dernier recrutement a été mutualisé avec la commune de Daix. Le nombre de cambriolages, relativement élevé, a baissé notamment grâce au dispositif « Tranquillité vacances ». Il reste à déployer cet effectif, selon certaines périodes, sur des horaires de nuit.

Je souhaite qu'on développe les travaux d'intérêt généraux en relation avec le service judiciaire concerné qui met en place ce dispositif. Derrière un délit de mineurs, une réponse pénale s'impose. C'est aussi une façon de responsabiliser les parents.

Sur le plan de l'embellissement de la commune, nous avons aussi fait beaucoup d'efforts. Je ne suis pas de ceux qui vont favoriser la pousse des herbes folles partout sur les trottoirs. Je suis contre le développement de cette végétation désordonnée. Nous n'avons pas été élus pour ça ».

DLH : Et vos relations avec la Métropole ?

F. R : « Le temps qui consistait à dire « on est opposition permanente et systématique avec la Métropole » est révolu. C'était une erreur. Je vais vous donner un exemple : nous avons retrouvé un niveau d'investissement pour refaire des voiries et des trottoirs à hauteur de 600 000 € cette année. Quand je suis arrivé, il y en avait à peine pour 100 000. Les Talantais apprécient aussi que le prix de l'eau a baissé ».

DLH : Comment un maire peut-il préparer sereinement et efficacement l'avenir dans les conditions difficiles que nous traversons ?

F. R : « J'ai eu l'occasion de l'expliquer, début novembre, lors du débat d'orientation budgétaire, en précisant que, finalement, la volatilité des prix est plus importante dans le panier du maire que dans celui des consommateurs. Ca veut dire qu'aujourd'hui l'essentiel du problème de pouvoir d'achat, il est aussi supporter par la commune. Ceux qui souffrent le plus restent bien évidemment les habitants. Il faut donc remettre la commune au même niveau que la problématique des habitants. Chaque fois qu'il y a eu des crises -j'étais adjoint aux Finances quand celle de 2008 a éclaté- on s'est posé la même question. Et la réponse, on la connaît, c'est de s'organiser pour faire des dépenses différentes. Concrètement, on peut maintenir un service mais d'une autre manière. Par exemple, en le déléguant à une association ou en lançant un appel d'offres. L'essentiel, c'est de s'adapter. J'avoue avoir du mal avec ces maires, pas ceux qui administrent les petites communes, qui passent leur temps à pleurer. A Talant, nous avons poussé très loin les réflexions sur les économies potentielles en terme de consommation d'énergie sur laquelle de très mauvaises habitudes avaient été prises ».

Propos recueillis par Jean-Louis Pierre